Transformation et Liquéfaction
Algerie 2002
Pétrole et Techniques, N°440, Sept. Oct. 2002.
réalisé par Focus Limited.
Depuis 20 ans, aucun investissement n'a été réalisé dans ce secteur. Un grand programme de rénovation et de modernisation multiplie les opportunités de partenariat.
Le secteur de la pétrochimie est régi par le code des investissements qui permet aux entreprises étrangères d'y investir seules ou en partenariat. Le projet de loi sur les hydrocarbures prévoit de mettre en place une Agence de Régulation, ce qui devrait permettre la libéralisation sous son contrôle du prix des matières premières et la commercialisation de la production.
Le secteur n'est pas vierge. Le pays dispose de quatre complexes de GNL (trois à Arzew et un à Skikda), de deux complexes de séparation du GPL à Arzew et de quatre raffineries implantées à Arzew, Hassi Messaoud, Alger et Skikda. Il existe deux complexes pétrochimiques : l'un de polyéthylène et Pvc à Skikda, l'autre de méthanol et résine à Arzew. L'Algérie s'est également lancée dans la production d'hélium et d'azote.
Le groupe Asmidal produit de l'ammoniac et des engrais phosphatés et l'Enpc, des plastiques et caoutchouc.
Mais le retard accumulé dans les domaines de la transformation des hydrocarbures est important, les capacités souvent faibles et le vieillissement des installations et des équipements avancé. On ne constate que très peu d'entraînement sur le tissu industriel algérien.
Nouveau train de GNL en appel d'offres
La liquéfaction de gaz naturel et la séparation de GPL sont réalisées par Sonatrach.
Durant la décennie 90, les efforts de Sonatrach ont porté sur la rénovation, le dégoulottage et la modernisation de ses usines afin d'augmenter et de fiabiliser sa capacité de production. Le programme de rénovation est achevé et aujourd'hui la capacité totale de liquéfaction atteint 51 millions de m3.
Un appel d'offres a été lancé pour le projet intégré de Gassi Touil qui prévoit la réalisation d'un train de GNL de 4 millions de tonnes.
Aucun projet n'est encore à l'ordre du jour dans le domaine de la séparation, mais comme le signale M. Achour : "notre stratégie prévoit l'extraction maximale de GPL sur les champs de gaz, ce qui implique la réalisation d'installations de séparation du butane et du propane pour tenir compte de l'augmentation des volumes des GPL."
Quatre raffineries en opération
Naftec, filiale à 100% de Sonatrach, créée en 1998 avec un capital social de 120 milliards de DA, possède et gère les quatre raffineries en activité sur le territoire algérien ainsi que la raffinerie de Nouadhibou (Mauritanie).
La plus grande raffinerie du pays, avec une capacité de traitement de plus de 15 millions de tonnes, se trouve à Skikda. 80 % de sa production est exportée vers l'Europe et les Etats Unis. Elle est la seule raffinerie africaine à fabriquer la gamme complète des aromatiques.
La raffinerie d'Alger et celle d'Arzew, d'une capacité de traitement de 2,7 millions de brut par an chacune, produisent du GPL, des carburants classiques, du nafta et du fuel. Les excédents de naphta et de fuel de ces deux raffineries sont exportés.
La raffinerie d'Arzew dispose de deux unités de production de lubrifiants d'une capacité cumulée de 170.000 tonnes, et exporte toute la gamme des huiles ainsi que les quatre huiles de base utilisées dans le blending. Elle dispose également d'une unité qui peut produire jusqu'à 120.000 tonnes de bitume routier et 25.000 tonnes de bitume oxydé.
La raffinerie de Hassi Messaoud dans le sud du pays, est composée de deux unités. La production est destinée au marché de cette région. Sa capacité de traitement de brut est de 1,2 millions de tonnes par an.
Une dernière raffinerie de 300.000 tonnes est à l'arrêt pour des raisons de gonflement des sols. Un appel d'offre a été lancé pour sa réhabilitation.
Sonatrach prévoit la construction d'une nouvelle unité dans le cadre du projet intégré du gisement de pétrole d'Adrar.
Réhabilitation et modernisation de l'outil de raffinage
Pour M. Cherouana, le Pdg de Naftec, la priorité est dans la réhabilitation et la modernisation de l'outil existant. Naftec a lancé un grand programme de revamping de ses raffineries. Une étude est en cours, véritable audit des installations, qui doit dégager un diagnostic général des travaux à effectuer pour l'optimisation de la production et estimer les possibilités de dégoulottage.
Naftec prévoit le remplacement des instrumentations pneumatiques par de l'électronique. M. Cherouana n'écarte pas la possibilité de partenariat dans le cadre de ces réhabilitations: "compte tenu de l'estimation du coût total de la réhabilitation de nos raffineries -$500 millions- nous étudierons toutes les possibilités quant au financement et à la réalisation de nos projets. Nous restons ouverts à toutes les propositions qui pourraient être émises."
Naftec exporte plus de 14 millions de tonnes vers les marchés internationaux. Pour conserver ces marchés, elle va également devoir s'aligner sur des normes environnementales plus sévères. Cela se traduira par l'installation d'une unité de désulfuration du gasoil à la raffinerie de Skikda. Le cahier des charges d'un topping de séparation de condensat de 5 millions de tonnes par an est programmé.
Par ailleurs, une unité d'isomérisation de naphta léger est prévue à Skikda afin de réduire la teneur en aromatiques et en benzène dans les essences.
M. Cherouana précise que " Naftec ne maîtrise pas les techniques liées aux projets d'unité d'isomérisation et d'HDS et devra donc trouver des partenaires pour les développer. "
Pétrochimie
Sonatrach étudie actuellement avec Petronas, la possibilité de développer la production d'oléfines à Skikda à partir d'un craqueur de naphta et de condensat. Pour la réalisation de ce projet, l'actionnariat sera ouvert à d'autres investisseurs dès l'achèvement de l'étude de faisabilité.
La valorisation des aromatiques de la raffinerie de Skikda par la production de polyesters figure également dans le portefeuille de projets étudié par Sonatrach. Les débouchés sur le marché local sont nombreux car la consommation de polyesters est en forte croissance en Algérie dans le domaine de l'emballage (PET) et des fibres.
Un projet de craqueur d'éthane au stade d'étude de maturation préliminaire est envisagé à Arzew.
L'Enip, filiale de Sonatrach qui gère les unités pétrochimiques d'Arzew et de Skikda, va bénéficier d'une enveloppe de 70 millions de dollars pour la maintenance et la réhabilitation de son outil de production. M. Bekkara, estime le budget total nécessaire à 120 millions de dollars.
L'autre priorité de la société est le sauvetage du projet Polymed, une usine de production de PEHD, qui a connu beaucoup de retard.
Le groupe Asmidal, deuxième transformateur de gaz en Algérie s'apprête à ouvrir son capital. Asmidal détient encore le monopole de la fabrication des engrais et produit de l'ammoniac, du nitrate d'ammonium, de l'acide nitrique et des engrais azotés et phosphatés. M. El Hadi Birem, membre du directoire du groupe, souhaite voir une opération de remodelage des unités existantes, aujourd'hui utilisées à seulement 60% de leur capacité.
Dans le cadre du développement durable et de la lutte contre la pollution, deux unités ont été fermées et le groupe à reçu un financement de la banque mondiale de 35 millions de dollars pour installer des équipements de dépollution.