Jeudi 11 Juillet 2002, InterFrance Media
| Pétrole : bienvenue aux investisseurs étrangers | |||||
La compagnie nationale établit des partenariats avec les géants du secteur pétrolier |
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La Sonatrach, la compagnie
pétrolière publique, noue des partenariats de plus en plus nombreux avec les géants
mondiaux de son secteur. Cet ancien fonctionnaire de la Banque mondiale formé aux Etats-Unis, à proximité des puits de brut texan, sest donné pour mission de « changer limage de lAlgérie à létranger. La méconnaissance de notre pays est profonde. La communication est donc un axe essentiel de laction gouvernementale. Nous communiquons aussi énormément avec la société civile algérienne. Les autorités participent à des réunions et séminaires pour échanger leurs impressions avec les universités ou les syndicats. Cette démarche de concertation nous permet de capter le pouls de la société et daller dans la bonne direction. Pour réaliser des réformes en profondeur, il nous faut ménager lopinion publique et expliquer notre politique, pour ne pas donner limpression que tout est à vendre. Cest à cette seule condition que nous ferons prospérer les accords public-privé, entre entreprises publiques et compagnies du secteur concurrentiel, quelles soient algériennes ou étrangères. » Trois cimenteries, plusieurs entreprises de produits chimiques et les grands services publics poste, télécommunications, distribution deau, délectricité et de gaz, aéroports, etc. souvrent aujourdhui au capital privé.
« Sept équipes pluridisciplinaires ont été constituées en décembre 1999 pour établir le programme des réformes par secteur économique. Elles sont épaulées par des conseillers privés. Leurs conclusions sont présentées aux entreprises concernées. Nous adaptons ensuite les idées retenues en fonction des réactions et des opinions exprimées par les Algériens. Ces commissions sont en train dopérer une véritable révolution qui vient modifier lenvironnement juridique et institutionnel de nombreuses entreprises. Jusquici, le Droit correspondait à une économie centralisée. La Banque mondiale nous accorde des prêts pour assurer la mise en uvre des nouveaux principes qui régissent les différentes branches de léconomie », poursuit Chakib Khelil. Le gouvernement a créé des organismes de régulation qui garantissent la transparence des appels doffres, une pratique relativement récente en Algérie. Le secteur des mines a été lun des premiers à en bénéficier. « La production dor, de diamants et autres minéraux augmentera rapidement. Nos mines et nos champs de pétrole requièrent aujourdhui dimportants investissements et les réformes nous permettent de les obtenir. Les projets sont nombreux. La construction dun câble électrique entre lAlgérie et lEspagne, avec une centrale de 2 000 mégawatts fonctionnant grâce au gaz naturel sur la rive algérienne, nous permettra dalimenter le marché européen à hauteur de 1 200 mégawatts. Un projet similaire devrait voir le jour vers la Sardaigne, lItalie et peut-être la Corse et la France. Ces câbles sous-marins seront à terme doublés par des gazoducs, pour alimenter lindustrie européenne », affirme le ministre. « LAlgérie sintègre progressivement au marché européen. Nos capacités totales dexportation devraient atteindre 140 milliards de mètres cubes de gaz par an dici 2010. Le gaz nigérian pourrait emprunter ce chemin via un gazoduc à travers le Sahara. Grâce à un puissant réseau de fibres optiques, de gazoducs, et doléoducs, lAlgérie pourrait conquérir une place stratégique entre lAfrique et lEurope », souligne Chakib Khelil, qui prédit que « dans 10 ou 15 ans, la Méditerranée ne sera plus un obstacle entre Alger et lEurope ». Cette mondialisation à laquelle aspire son pays passe par ladhésion à lOrganisation mondiale du commerce (OMC) et la multiplication des échanges facilitera sans aucun doute les mouvements de populations. La desserte aérienne a plus que doublé ces dernières années entre la France et lAlgérie et cette dernière doit déjà faire face à lafflux dAfricains qui veulent tenter leur chance de façon clandestine en Europe. « LUnion européenne doit nous aider à résoudre ce problème. Les rapatriements, lorsquils sont possibles, coûtent cher. Cette situation nest pas non plus exempte de dangers sanitaires. Il faut aider les pays africains à se développer et à fournir du travail à leurs jeunes diplômés », plaide Chakib Khelil. La France est aujourdhui le plus important acheteur de gaz liquéfié du pays. « Gaz de France et Total sont des partenaires de poids et tous les grands noms de lindustrie tricolore sont présents ici, mais nous aimerions bien que les Français occupent une part encore plus importante dans les mines ou lélectricité. Ils sont trop timides », déplore le ministre, qui assure que « lAlgérie saura se montrer reconnaissante avec ceux qui lappuient dans sa démarche réformatrice. On reconnaît ses amis dans les moments difficiles. Lhôtellerie, les routes et la banque sont autant de secteurs prometteurs. Nous sommes conscients que la stabilité est une condition essentielle pour attirer les investisseurs. LEtat fournit de gros efforts dans le domaine social et la démocratie fait son chemin, même si les changements de mentalité prennent du temps. » Le changement de mentalité en cours en Algérie se manifeste aussi par un plus grand respect de lenvironnement. La Sonatrach, pour laquelle la protection de la nature est devenue lun des critères qui lui permettent dévaluer sa compétitivité, base sa politique sur la prévention. Cette approche découle du statut dentreprise-citoyenne quelle revendique avec fierté. Elle a méthodiquement recensé les sources de pollution et a élaboré un plan de lutte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans cette optique, le gaz naturel est devenu la source prioritaire dénergie et le développement de lutilisation du gaz de pétrole liquéfié se poursuit, notamment comme carburant pour automobiles : 244 stations-service sont en cours de construction. La récupération du gaz qui accompagne le pétrole dans les gisements et qui était auparavant simplement brûlé est également à lordre du jour, tout comme la production dessence sans plomb et la réparation des canalisations et des réservoirs de la compagnie. La mise en place dun système de suivi de la pollution par les hydrocarbures le long des côtes et le contrôle de biodégradabilité et de toxicité des produits utilisés par la Sonatrach complètent « le gigantesque effort consenti par tout le pays en ce domaine », affirme le ministre. Il siège également à lOrganisation des pays exportateurs de pétrole, qui gère les conséquences de laprès 11 septembre. Nous essayons de maintenir « léquilibre entre la baisse des prix, pour soutenir lactivité économique mondiale, et le maintien de revenus suffisants pour les pays producteurs. La stabilité des prix du pétrole dépend de léconomie mondiale et la reprise qui samorce, surtout aux Etats-Unis, devrait permettre au cours du brut de se maintenir dans la fourchette des 22 à 28 dollars (22,7 à 28,8 euros) », prévoit-il. |
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