Interview
avec M. Mohamed BEKKARA
PDG ENIP
Algerie 2002
Pétrole et Techniques, N°440, Sept. Oct. 2002.
réalisé par Focus Limited.
Quelles sont les activités de l'ENIP ?
Issue de la restructuration Sonatrach, l'Entreprise Nationale de la Pétrochimie, par abréviation ENIP, a été créée le 1er septembre 1984. L'entreprise est chargée de la gestion, de l'exploitation et du développement des industries pétrochimiques. Elle se situe en amont des industries de transformation des plastiques. Son patrimoine est estimé à 22 milliards de dinars et ses effectifs s'élèvent à 2 500 agents.
Avec son retour à Sonatrach en tant que filiale 100 % , au sein du Holding Raffinage et Chimie des Hydrocarbures, l'Entreprise Nationale de la Pétrochimie est devenue en avril 1998, Société Nationale de la Pétrochimie ENIP SPA au capital social de 3 milliards de dinars. Ce capital est passé à 4,5 milliards de dinars en 2002.
Quelle est la structure actuelle de l'ENIP ?
Le patrimoine de l'ENIP se compose principalement de deux complexes situés l'un à Skikda (le complexe CP.1/K qui produit de l'éthylène et des produits dérivés - PVC et PEBD - d'une capacité totale de 259 000 tonnes/an) et l'autre à Arzew (le complexe CP.1/Z qui produit du méthanol et des dérivés d'une capacité totale de 123 000 tonnes/an).
Nous utilisons l'essentiel de notre production d'éthylène et nous exportons les excédents. En revanche nous exportons l'essentiel du méthanol, principalement, vers l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Hollande. Ce patrimoine comporte aussi des unités de commercialisation et de distribution des produits pétrochimiques, réparties sur trois régions du pays: à l'Est, à l'Ouest et au Centre. L'ENIP possède également deux filiales dont elle détient les 100 % du capital (MEDCO, Société de Transit et ACTIM, Société d'activités immobilières d'Etudes et de Services) et une société mixte avec la société espagnole REPSOL, où nous détenons les 2/3 du capital (POLYMED, Société de Production de Polyéthylène Haute Densité, PEHD).
Quelles sont les priorités stratégiques de l'ENIP ?
Il s'agit de maintenir et de moderniser notre outil de production. Nous allons engager un programme de réhabilitation des unités existantes pour une enveloppe budgétaire de 70 millions de dollars. Ce programme de réhabilitation devrait s'échelonner sur la période 2002/2006.
Nous envisageons également, à partir de 2007, la réalisation d'un programme d'extension de nos capacités en particulier celles de l'éthylène et du méthanol. Les besoins de financement sont estimés à 120 millions de dollars.
Etant actionnaire principal dans la société POLYMED, nous avons également comme objectif l'achèvement mécanique de l'usine PEHD, son démarrage et sa mise en exploitation. En effet, ce projet a accusé beaucoup de retard pour diverses raisons, ce qui a remis en question sa rentabilité. Cependant, nous avons envisagé avec notre partenaire REPSOL et toutes les parties concernées (Sonatrach et Banques) les solutions adéquates pour la sauvegarde du projet.
Avec sa capacité de production de 130 000 t/an, ce projet permettra certainement le développement en aval des industries de transformation du PEHD, produit incontournable de la transformation plastique.
Quels sont les domaines possibles d'investissements ?
Soulignons d'abord qu'au niveau de la pétrochimie, il n'y a pas eu d'investissement en Algérie depuis la fin des années 70, hormis le projet Polymed.
Les projets pétrochimiques actuellement développés à travers le monde, sont extrêmement complexes et les nécessités d'économies d'échelles exigent des investissements supérieurs à 300 millions d'US dollars et pouvant facilement atteindre le milliard de dollars. On ne peut développer de tels projets sans le recours au partenariat international.
L'avant-projet de loi sur les hydrocarbures et la définition par Sonatrach de sa stratégie de développement en matière de pétrochimie devraient favoriser la réalisation de méga-projets. L'Enip se place en partenaire potentiel dans cette perspective. La position stratégique de l'Algérie , la disponibilité des matières premières constituent, des conditions très favorables au développement de ce secteur.
Le développement d'une industrie pétrochimique induit aussi celui des industries de transformation en aval. Ce sont là des projets de moindre envergure accessibles aux PMI avec de nombreuses perspectives.