Interview : Le Ministre algérien de l’Energie et des Mines réaffirme l'appui de son pays à l’Angola.
L'Algérie
va Augmenter là Coopération dans le domaine du Pétrole
Le
Ministère algérien de l’Energie et des Mines est « un poids lourd
» dans l'économie de ce pays. Il englobe
les domaines stratégiques du pétrole, du gaz naturel, de l'électricité et des
ressources minérales. Le titulaire de ce portefeuille, Chakib Khalil, s’est
rendu en Angola dans le cadre d'une visite officielle, et le " Journal
de Angola " a profité de l’opportunité pour savoir plus autour de cet important
secteur.
J.A : Monsieur le Ministre, quelle évaluation faites-vous autour de votre visite
officielle en Angola ?
Chakib
Khelil : Je voudrais tout
d'abord affirmer que je suis très content de la visite. Comme vous le savez,
j'étais venu ici pour la première fois il y a de cela 28 ans, en qualité de
jeune Ingénieur de la compagnie SONATRACH et de Chef de Département des Gisements.
A cette époque, j'étais reçu par mon ami et collègue, l'actuel Ministre du Pétrole.
Ma visite s'inscrit dans le cadre de la coopération entre nos deux pays, dont
les liens sont en train d'être renforcés davantage. De ce fait, certains ministres
algériens visitent l'Angola et les ministres angolais se rendent en Algérie.
Je suis l'un des ministres algériens qui est venu renforcer cette coopération.
Les deux pays vivent actuellement une période de paix et de stabilité, parce
que l'Algérie, comme vous le savez, a traversé une période difficile dans les
années 90 et l’Angola vient de sortir d'une longue période difficile.
Les deux pays retrouvent une ère de paix et de stabilité, qui va leur permettre
de se développer et de faire attention aux problèmes sociaux de leurs citoyens,
en profitant de l'expérience de chacun pour renforcer cette coopération, particulièrement
dans le secteur des hydrocarbures.
JA : Quels sont
les points constants de l’accord signé avec le Ministre angolais des Pétroles ?
C.K : Comme vous le savez, l'Algérie
a beaucoup contribué dans la formation des cadres angolais et elle va continuer
à le faire. Nous voulons renforcer cette coopération parce que l'Angola est,
actuellement, en train de transiter vers une phase plus importante de développement
et elle a besoin de plus de cadres formés et dotés des connaissances solides.
L'Algérie est disposée à le faire, comme cela a été fait jusqu'à maintenant.
Dans cet accord, il est prévu une coopération dans le domaine de la formation
et il est prévu également que la SONANGOL et son homologue algérienne SONATRACH,
qui ont développé des activités au niveau international, puissent avoir maintenant
l'ambition de coopérer en Angola et en Algérie et dans d'autres pays.
Par conséquent, nous voulons' que cette coopération se développe en projets
spécifiques. Il est évident qu'il existe aussi des projets de coopération dans
d'autres domaines, par exemple, dans le cadre du gaz naturel, vu que l'Algérie
a une grande expérience par le fait d'avoir été le premier pays à exporter le
gaz naturel au niveau mondial.
L'Algérie pourra contribuer au développement de l'industrie du gaz en Angola,
dans l'intérêt du citoyen, dans la production électrique, dans la distribution
du gaz, dans l'industrie, pour améliorer le niveau de vie et créer les emplois
et satisfaire les besoins des citoyens.
J.A : Parlez-vous un peu de votre expérience à la tête de 1‘Association
des Pays Africains Producteurs du Pétrole ?
C.K: Ma visite a été fructueuse et
je compte avec la collaboration de mon collègue et ami, le Ministre des Pétroles,
pour m'aider à coordonner toutes nos politiques avec l'Organisation des Pays
Exportateurs du Pétrole (OPEP), dans la stabilisation du marché et je compte
également avec lui pour développer la Commission Africaine de 1’Energie, qui
est un aspect très important dans la coopération énergétique entre les pays
africains et, aussi pour m'aider dans le domaine de l'Association des Pays Africains
Producteurs du Pétrole, à laquelle l’Angola et l'Algérie sont membres 'et dont
je suis le Président en exercice; et je compte avec son aide pour renforcer
cette organisation qui va défendre les intérêts des pays africains producteurs
du pétrole dans le cadre de la stabilisation du marché et aussi dans l'intérêt
d'augmenter les rendements des pays producteurs du Pétrole afin de servir les
intérêts des citoyens de nos pays.
Le Pétrole contribue avec 55%
pour le budget de l’Etat
JA
: Le Ministère de I’ Energie et des Mines occupe une place de choix dans l'économie
algérienne. Quelle est la contribution du pétrole et du gaz naturel dans le
Budget Général de l’Etat de votre pays ?
C.K : Notre secteur a contribué à
hauteur de 55% au Budget de l'Etat, 97% des devises de l'Algérie et environ
40% du produit national brut
JA : En ce qui concerne la formation des cadres angolais dans le domaine du
Pétrole, l’Algérie envisage t-elle de préparer les formateurs en Angola ?
C.K : Oui, l'Algérie est disposée
à le faire. Elle a aidé l’Angola à former les cadres dans ce domaine, elle est
prête à faire tout ce que nos collègues et amis angolais désirent.
Nous sommes à sa disposition et, récemment, nous avons réorganise l’Institut
Algérien du Pétrole dans un agroupement, en le rendant plus fort et plus solide,
avec une augmentation budgétaire pour renforcer la formation.
En somme, elle est à la disposition de nos amis et collègues pour les aider
à former les formateurs ou les cadres directement ou encore dans le cadre d'une
association qui pourra se développer.
L’ Electricité Englobe
90% de la population
JA
: De quelle forme le Gouvernement algérien arrive t-il à faire la distribution
du gaz sur toute l'étendue du territoire jusqu’aux zones désertiques ?
C.K:
Comme vous le savez, l'Algérie a été l'un des pays qui a beaucoup développé
la distribution du gaz naturel. Nous sommes l'un des rares pays dans le monde
industrialisé, ou au niveau des pays en développement, qui est arrivé à ce que
la distribution du gaz naturel puisse atteindre les 33% des familles qui reçoivent
l'électricité, vu que dans notre pays l'électricité englobe 90% de la population.
Parmi les 90%, 33% bénéficient du gaz naturel, ou soit, la distribution est
faite à travers un canal adéquat et le citoyen ne se limite qu'à ouvrir un robinet
pour allumer le feu ou le chauffage pendant la période froide.
Ce qui revient à dire que nous sommes à la tête de la France, par exemple, nous
sommes au même niveau que la Hollande et pratiquement au même niveau que l’Angleterre
en terme de pénétration du gaz naturel dans la matrice énergétique du pays.
J.A: Comment est-ce que le peuple Algérien bénéfice t-il des rendements
du pétrole ?
C.K: Comme vous le savez, tout le
rendement du pétrole bénéficie au peuple algérien. Ça veut dire que tous les
revenus sont canalisés vers le trésor.
Avec cet argent, le Gouvernement algérien fait des investissements dans les
secteurs tels l'éducation, la santé, les transports collectifs, les infrastructures
de base, telles les routes, les barrages, ainsi que la distribution du gaz naturel
dans les villages les plus reculés, et l'éducation dans les zones rurales.
L'enseignement supérieur est complètement financé par l’Etat. En effet, l’Etat
finance les étudiants, les familles estudiantines, le matériel didactique. Chaque
année, il donne aux élèves nécessiteux, dont les parents n’arrivent pas à supporter
les frais d'études, une somme évaluée à 2.000 Dinars. R garanti également les
repas pour les élèves provenant des zones rurales.
Le Pays cherche a Diminuer la
Dépendance en Relation avec l’Or Noir
JA : L`Algérie dépend beaucoup du pétrole et du gaz naturel. Sera-t-il que le
Gouvernement algérien n'arrive pas à trouver d'autres alternatives, en explorant
les autres ressources naturelles, pour faire à ce que le 1 économie cesse d
'être l'otage de ces produits ?
C.K
: A l'image de ce qui se passe dans
tous les pays producteurs du pétrole, il est très difficile de sortir de ce
circuit vicieux de la dépendance: C'est une culture difficile à changer.
L'Algérie est passée par une expérience socialiste. Beaucoup de personnes pensent
que les revenus du pétrole doivent être utilisés pour la consommation. Je dois
dire que c'est une erreur commise par plusieurs pays producteurs de pétrole.
Mais, à cause du populisme et de la facilité politique, il arrive que nous soyons
obligés dés fois à faire certaines choses. Cependant, l'Algérie mène de reformes
économiques pour se diriger vers l'économie de marché pour que le secteur privé
soit le moteur de l'économie.
En ce moment, nous sommes en train de mettre en oeuvre des reformes dans l'éducation,
dans la justice, dans l'économie et au niveau étatique, qui vont permettre à
ce que la période de transition puisse développer secteur privé, l'économie
de marché, la concurrence, qui va améliorer l'efficacité et pour diversifier
l'économie pour qu'elle dépende moins du pétrole.
C'est cet objectif, mais je pense que
ça sera un peu difficile, surtout pour un pays dépendant du pétrole. Mais je
crois qu'il est possible et nous sommes décidé à le faire.
Source d'Information: " Journal de Angola " Edition du mardi 28 décembre 2004.