Interview
avec M. Abdelhamid Zerguine
Vice-Président de l'Activité Transport Par Canalisation (TRC), Sonatrach.
Algerie 2002
Pétrole et Techniques, N°440, Sept. Oct. 2002.
réalisé par Focus Limited.
Quels sont les grands projets prévus et leur niveau d'avancement ?
Dès 2005, nous projetons l'évacuation en pétrole de plus de 1,5 millions de barils par jour, et 85 milliards de mètres cubes de gaz (nous en exportons 62 aujourd'hui). Cela amène TRC à développer son réseau de transport et à donner de la flexibilité à ses moyens d'évacuation. C'est-à-dire, à multiplier les sorties vers l'Europe à travers davantage de gazoducs et d'unités GNL. Dans cette optique Sonatrach a pensé à une liaison directe Algérie/Espagne et Algérie/Italie via la Sardaigne. Nous avons un troisième projet ambitieux avec le Nigeria. Nous avons signé un protocole d'accord avec la partie nigériane. C'est un gazoduc qui véhiculera 20 milliards de mètres cubes de gaz. Ce gazoduc de 4400km va nécessiter un investissement de 6 à 7 milliards de dollars. L'Afrique , à l'instar des autres continents ouvre son marché; il faut rendre le projet attractif pour des investisseurs qui ont besoin de gaz.
Que va changer l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures pour l'activité TRC ?
Le premier métier de Sonatrach est celui de transporteur. La plus grande expérience acquise, c'est dans le transport par canalisation de divers produits pétroliers.
Cette loi va mettre en valeur la compétitivité de l'activité. Jusque là, elle était confinée à transporter des quantitatifs : la priorité était donnée à l'acheminement des hydrocarbures.
La qualité de nos prestations en transport motive nos partenaires à choisir Sonatrach pour assurer le transport. L'avènement de la loi va faire en sorte que les compétences émergent à l'intérieur de l'activité elle-même.
C'est-à-dire que nous verrons quel est le gazoduc qui est le mieux géré par rapport à un autre, quel est l'oléoduc qui est le plus rentable, et donc en quelque sorte cela valorisera les compétences endogènes à l'activité TRC.
Où en est le processus d'internationalisation des activités de TRC ?
Dans les sociétés pétrolières, ce sont souvent les activités d'exploration et de production qui sont internationalisées en premier. Dans le cas de Sonatrach, c'est le transport qui s'est vite le plus développé. Nous sommes aujourd'hui présents au Pérou dans un projet de plus de 800km, le projet Camisea. Nous avons lancé les études pour les projets Algérie-Nigeria, Algérie-Espagne, Algérie-Sardaigne. Nous avons négocié un projet en Jordanie en mars dernier. L'internationalisation de TRC est déjà une réalité