Energie et Mines, un nouvel essor

Par Monsieur Chakib KHELIL
Ministre de l’Energie et des Mines

 

 Le Secteur de l’Énergie et des Mines est en plein essor. Il a enregistré ces dernières années une croissance continue et multiforme dans les activités minières, celles de l'électricité et du gaz, et dans celles des hydrocarbures.

Ces progrès sont perceptibles aussi bien dans le domaine de la création de richesses, que dans celui du renforcement des moyens législatifs et financiers de l’État que dans la prise en compte des besoins en énergie et des exigences nouvelles de nos concitoyens et de notre société.

Ils résultent fondamentalement de la détermination et de l'esprit de suite qui ont prévalu dans la mise en œuvre des réformes inscrites dans les Programmes successifs du Gouvernement qui ont traduit en objectifs sectoriels le Programme sur lequel a été élu le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika.

Deux nouvelles lois ont été promulguées dans ce cadre, celle de l'électricité et celle des mines qui s'appliquent déjà sur le terrain avec des résultats financiers, économiques et sociaux très concrets et des impacts positifs parfois insoupçonnés.

Le domaine des hydrocarbures qui a connu ces trois dernières années une très nette amélioration de son efficience et qui s’adapte progressivement au nouveau paysage énergétique mondial contribue pour 41% au produit intérieur brut du pays, pour 97% à ses recettes extérieures et pour 77% aux recettes budgétaires de l’Etat.

Les nouvelles orientations impulsées au secteur apparaissent d’autant plus pertinentes que, pour longtemps encore, le secteur de l’énergie et des mines demeurera un facteur vital de sécurisation des revenus de l’Etat et donc des citoyens, et continuera d’être sollicité pour accroître la richesse nationale.

L’aspect le plus marquant de cette nouvelle politique énergétique et minière réside dans la place qu’y occupent le partenariat et la coopération internationale qu’elle intègre dans la double perspective des réformes économiques engagées par notre pays, à la mise en œuvre desquelles s’attelle le Gouvernement, et de l’insertion avantageuse de l’Algérie dans les nouvelles réalités économiques mondiales. Il va sans dire que cette nouvelle politique concilie les préoccupations de souveraineté nationale sur le domaine minier avec l’amélioration continue de ses performances.

L’objectif est d’accroître et de rendre moins aléatoires les revenus de l’Etat grâce aux investissements nouveaux, au développement, et à la diversification des activités industrielles et des exportations. Ainsi, pour les cinq prochaines années, Sonatrach prévoit à elle seule un volume d’investissements de 23 Milliards de Dollars US. Mais elle le fera sans puiser dans les réserves du Trésor public, et sans demander la garantie de l’Etat, en allant rechercher elle-même ses financements grâce aux moyens dont elle dispose.

Car il est impératif de restituer à l’Etat ce qui lui revient mais aussi de renforcer le rôle qui est le sien. L’Etat est responsable de la politique économique du pays et garant du respect des lois et règlements. L’Etat est propriétaire du domaine minier, il est le facilitateur des investissements et le protecteur de l’intérêt public. Mais c’est aux entreprises qu’incombe le rôle d’accroître la richesse nationale dans le cadre des lois et règlements en vigueur.

La nouvelle dynamique de l’amont pétrolier

L’exploration et le développement de nos réserves occupent une position clé dans la nouvelle politique énergétique et minière.

En dépit de ses potentialités très prometteuses notre territoire reste encore sous exploré avec 8 puits/10.000 Km2, alors que la moyenne mondiale est de 100 puits/10.000 Km2 , et de 500 puits/10.000 Km2 au TEXAS. Même s’il a remarquablement progressé au cours de ces deux dernières années le nombre d'opérateurs reste encore limité à une trentaine de compagnies dans notre pays alors que ce nombre est, à titre d'exemple, de 80 en Colombie dont les potentialités géologiques sont pourtant moindres que les nôtres.

D’un autre côté nos réserves gazières développées ont pratiquement toutes fait l'objet de contrats d'exportation jusqu'aux horizons 2015/2020. Il s’avère donc nécessaire de développer les réserves existantes et d'en découvrir de nouvelles pour tirer profit, à temps, des nouvelles opportunités offertes en particulier par le marché européen qui s'ouvre et se libéralise et par le marché américain qui procure des prix attractifs, tout en garantissant la couverture des besoins du marché national.

Mais les travaux d'exploration et de mise en valeur des gisements exigent la mobilisation de moyens financiers et techniques importants dans un contexte mondial très concurrentiel où, encore une fois, les investisseurs, objets de sollicitations innombrables, n'ont que l'embarras du choix.

Dans ce contexte incontournable qui s'impose à tous il est urgent et indispensable pour nous d’adapter nos moyens et nos méthodes de travail pour attirer des capitaux frais et des technologies nouvelles indispensables tout à la fois à :

C'est parce qu'il joue un rôle central dans notre vie économique et sociale que le secteur des hydrocarbures doit être renforcé afin d’accroître encore ses performances à tous les niveaux, d'amont en aval, dans le but d'augmenter nos réserves exploitables, donc nos ressources financières, tout en préparant les conditions de la valorisation de nos produits bruts sur place.

Le secteur pétrolier compte aujourd’hui dans le domaine de l’exploration une trentaine d’opérateurs étrangers. Sur ces 30 compagnies plus de la moitié (17) ont été retenues sur appel à la concurrence au cours de la période 2001-2002. En écartant le gré à gré, ce score a été réalisé grâce à la mise œuvre d’une nouvelle procédure d’appel d’offres qui se déroule en deux phases tenues en séance publique : sélection technique des offres d’abord, selon des critères communs, et attribution ensuite du marché, séance tenante, à la proposition économique la plus favorable.

Ce système prémunit contre tout abus et tout passe droit et il démontre chaque jour ses avantages en matière de transparence, d’équité et de célérité des transactions. En outre, il stimule l’activité du secteur qui gagne en crédibilité.

Cette nouvelle procédure, qui s’applique maintenant à toutes les branches du secteur de l’énergie et des mines, a permis en ce qui concerne l’exploration :

Ces performances exceptionnelles nous ont conduit à lancer un nouvel appel d’offres prochainement, selon la même procédure, pour l’attribution de 12 nouveaux blocs, dont 2 en off shore pour la première fois dans l’histoire pétrolière de notre pays. Et c’est pour la première fois que nous avons lancé un projet de gaz naturel intégré sur le gisement de Gassi Touil incluant l’amont, le transport et la liquéfaction. Les appels d’offres concernant ce projet ont déjà été lancés et l’ouverture des plis est prévue en juillet 2003.

Au vu de ces résultats cette méthode d’adjudication a été étendue aux autres branches d’activité du secteur (Mines et Electricité) et aux contrats de fournitures d’équipements et de prestations de services.

Concernant le développement et l’exploitation des compagnies internationales sont associées, par ailleurs, à SONATRACH sur 17 gisements pétroliers ou gazeux. Ce qui témoigne encore du regain d’intérêt porté à notre pays au cours ces dernières années. .

Ces résultats sont certes très encourageants mais nous devons veiller à la fois à fidéliser les investisseurs qui travaillent déjà chez nous et à en attirer de nouveaux, dans un climat de forte compétition avec les autres pays producteurs.

La valorisation en aval pour diversifier la production nationale et les exportations

Plusieurs actions et projets d’envergure témoignent des perspectives assignées à cette stratégie dans les autres activités principales du Secteur que ce soit dans la sphère des hydrocarbures ou dans celles qui sont stimulées par la convergence gaz – électricité. Quelques projets pris parmi tant d’autres, et donnés à titre illustration, témoignent de la cohérence et de la rapidité des réalisations du programme engagé au cours de ces trois dernières années.

Le projet d’usine d’hélium de Skikda s’inscrit dans les perspectives de développement des activités de l’aval, perspectives focalisées certes sur l’industrie pétrochimique particulièrement prometteuse en termes de croissance économique et d’emplois, mais aussi sur la valorisation des autres maillons des filières gazières et pétrolières. .
Cette unité sera réalisée avec la société allemande LINDE partenaire actionnaire majoritaire (51%). Pour la première fois la SONATRACH va commercialiser conjointement, dans le cadre d’une joint-venture, l’hélium avec son partenaire étranger. Produit sensible l’hélium est un gaz industriel dont la vente est soumise aux conditions d’un marché très particulier. (industries spaciales, fibres optiques, etc) Cette réalisation permettra ainsi à la SONATRACH, grâce à cette formule de partenariat, de s’initier aux arcanes de ce marché tout en récoltant les plus-values financières qui lui avaient échappées dans le projet Hélios en opération à Arzew.

La construction d’une mini-raffinerie à Adrar fait partie d’un projet intégré selon une formule contractuelle novatrice permettant la valorisation de petits gisements de pétrole, qui seraient restés inexploités sans ce projet, et la réalisation d’un réseau de distribution de produits pétroliers pour répondre aux besoins du Sud et contribuer au développement régional. Cette réalisation permettra en outre de réduire les coûts de transport des produits pétroliers, livrés au Sud à partir du nord du pays, supportés actuellement par NAFTAL. Le contrat de réalisation de cette unité sera attribué à la fin du mois de mai 2003.

Une raffinerie de condensat, d’une capacité de 5 millions de tonnes/an, sera réalisée par ailleurs à Skikda. Cette unité permettra une plus grande flexibilité à nos produits pétroliers et l’amélioration de la qualité de nos distillats (gasoil, kérosène, etc) pour les mettre en conformité avec les normes du marché de l’Union Européenne dont notre pays est lié, je la rappelle, par un Accord d’association en vue de l’instauration d’une zone de libre échange.

Des discussions sont engagées parallèlement avec des partenaires de renommée mondiale pour la réalisation d’importants projets pétrochimiques concernant notamment les oléfines et les aromatiques, et qui seront localisés à Skikda. Dans la même foulée nous allons réhabiliter toutes nos raffineries pour les mettre au niveau des spécificités et standards internationaux requis.

Disposant d’avantages comparatifs incontestables en la matière l’Algérie ne pouvait que favoriser l’implantation de ces filières sur son territoire mais en agissant selon des formules de partenariat nouvelles qui préservent à la fois le Budget de l’Etat et instaurent un partage des risques équitable entre partenaires.

Dans son action en direction vers l’aval le secteur de l’énergie s’est fortement impliqué aussi dans le dessalement d’eau de mer afin de desserrer les contraintes pesées par la pénurie d’eau, particulièrement sur la région oranaise qui verra la réalisation de la première usine de dessalement, dans notre pays, d’une capacité de 90.000 m3/jour. Cette unité sera adossée à une centrale électrique d’une capacité de 300MW en cours de réalisation à Arzew, sans aucune garantie financière ni de l’Etat ni de la SONATRACH.

Cette usine sera réalisée et exploitée sous l’entière responsabilité du fournisseur étranger selon une nouvelle formule, avec un partenaire étranger la société Black and Veach qui participe à 80% du capital.

D’autres usines sont prévues d’autre part, l’une à Alger d’une capacité de 200.000 m3/jour couplée avec la centrale du Hamma est déjà mise en appel d’offres, et l’autre à Skikda dans la sillage de la nouvelle centrale de 800 MW dont le contrat sera attribué très prochainement.

Ces projets sont menés par l’Algérian Energy Company (A.E.C.) une filiale paritaire de Sonatrach et Sonelgaz, créée en 2000 à la faveur des changements institutionnels dans le secteur de l’électricité, en vue de promouvoir et de développer les synergies liées à cette convergence gaz-electricité. D’importants projets de génération électrique ont été ainsi initiés comprenant des centrales électriques de grande capacité comme celles d’Alger, de Skikda, en cours d’adjudication ou encore d’Arzew, toutes adossées à des projets de dessalement d’eau de mer. Ces projets qui seront tous réalisés en partenariat s’intègrent dans une perspective qui laisse une large part à l’exportation d’électricité comme l’illustre le projet de 2000 MW.

Le secteur de l'énergie avait appréhendé dans toutes ses dimensions la question des énergies renouvelables à partir de la loi relative à l'électricité et à la distribution du gaz par canalisations promulguée en février 2002.

Le développement des énergies alternatives (de substitution) aux énergies fossiles classiques, reste une préoccupation majeure du secteur. L'introduction de ces sources d'énergie dans le bilan énergétiques national vise des objectifs de cohésion socio-économique et des objectifs liés au développement durable .

Les objectifs de cohésion socio-économique ont été pris en charge depuis longtemps par la mise à disposition de services énergétiques aux populations des régions isolées du grand sud algérien .

Des programmes gouvernementaux ont permis l'électrification par des systèmes solaires de dizaines de villages. Un nouveau programme d'électrification d'une vingtaine de nouveaux villages du Sud va connaître un début de réalisation dans les semaines qui viennent. Ceci, indépendamment de multiples applications ponctuelles de l'énergie solaire (pompage de l'eau, balises de signalisation, applications industrielles etc.) L'énergie solaire est en effet l'énergie renouvelable dont le potentiel est le plus élevé et dont la technologie est la mieux adaptée pour les besoins éparses et nombreux du Sud algérien .

La conservation des hydrocarbures et les préoccupations de développement durable constituent aussi un objectif important de notre politique énergétique. Cet objectif sera atteint par l'utilisation de sources d'énergies propres et renouvelables que sont l'énergie solaire, éolienne et d'autres comme la géothermie pour la production d'énergie de puissance ou dans des process industriels.

La loi relative à l'électricité et à la distribution du gaz prévoit des mesures incitatives importantes pour la production d'électricité à partir de sources d’énergie. Il s'agit là dune nouvelle impulsion au développement d'énergies alternatives qui permettra une exploitation massive dans le sud algérien des énergies renouvelables.

A coté des opérateurs déjà présents dans ces filières, une nouvelle société , la société NEAL (New Energie Algeria) a été créée en février 2002. Cette société a pour raison sociale précisément le développement des énergies propres et renouvelables dans toutes leurs applications. Son capital détenu par Sonatrach, Sonelgaz et SIM (société algérienne privée) est ouvert aux sociétés nationales ou étrangères.

Dans la mesure où les opérateurs (publics et privés) dans les filières d'énergies renouvelables manifestent un intérêt et une efficacité économique à la hauteur des ambitions de notre politique énergétique, la contribution des énergies renouvelables dans le bilan énergétique national pourrait être importante à terme.

Les autres projets consistent entre autres à exporter l'électricité produite selon la même technologie avec une première opportunité qui s'est présentée vers l'Italie et en synergie avec le projet de 2000 MW. Des accords en cours de discussion prévoient une unité pilote et le lancement d études de faisabilité.

Le restant du programme de cette nouvelle filiale consiste à promouvoir le BUPRO qui servira aussi bien, sous forme d'ilôts propanés, à alimenter les régions non accessibles au gaz naturel ou sous forme de nouvelles bouteilles en complément du butane, et bien sûr en tant que carburant (SIRGHAZ) pour lés véhicules ce programme permettra de couvrir les autres besoins du pays particulièrement le Sud et les Haut-Plateaux et de contribuer à combattre la déforestation.

Parallèlement à celà nous avons retenu pour ces régions un programme d'électrification rurale et de pompage d'eau avec l'énergie solaire photovoltaïque. En plus de la contribution de l'Etat à doter 500 foyers au Sud, nous élargissons le programme par d'autres ressources et en exploitant la flexibilité introduite par la loi sur l'électricité aux nouvelles concessions sur des villages qui seront dotés en équipement photovoltaïque.

Nous prévoyons aussi un projet hybride éolien-photovoltaïque dans le Sud-Ouest du Pays compte tenu du potentiel éolien existant.

Toutes ces actions que je viens de résumer constituent l’amorce d’un plan de développement de la pétrochimie en particulier et de la valorisation de l’aval en général, mieux adapté aux conditions du nouvel environnement national et international.

Dans le domaine de la distribution et du stockage des produits pétroliers, le nouveau cadre réglementaire institué en 1997 suscite un engouement marqué des investisseurs privés; plus de 600 autorisations ont été délivrées et le montant des investissements pour la création entre autres de centres enfûteurs et d’installations de stockage et de distribution des carburants dépasse d’ores et déjà, 10 Milliards de DA. Ces investissements doivent générer plus de 3000 emplois directs.

La compétition ainsi ouverte entre opérateurs privés a eu des répercussions positives sur la prise en charge des besoins des citoyens et la qualité du service proposé.

En matière d’électrification rurale, l’effort consenti par l’Etat ces trois dernières années a permis la mise en exploitation de 10.000 km de lignes électriques, le raccordement de 2600 villages et de 11 000 foyers. Dans ce domaine, le taux d’électrification atteint 95% et pour l’année 2004, il est prévu de raccorder 11 000 nouveaux foyers sur un programme entièrement financé par l’Etat. Pour les localités du sud, le gouvernement consent depuis deux années, une réduction de facturation de l’électricité. Treize wilayate sont concernées et ces mesures touchent aussi bien les ménages que les activités économiques. Il convient d’ajouter que l’aide accordée aux agriculteurs est passée de 2500 DA à 3500 DA par hectare l’an.

Pour ce qui est de la distribution publique du gaz, le Programme triennal 2002-2004 engagé par le Gouvernement, prévoit la réalisation de 8000 Km de réseaux pour le raccordement de 188 nouvelles localités et l’alimentation de 360 000 foyers. Le nouveau mode de financement de ces programmes de distribution du gaz naturel dispense les collectivités locales de tout engagement financier et limite la contribution du citoyen à 10 000 DA par foyer. Grâce à ce dispositif, une nouvelle dynamique a été insufflée a ces réalisations, en faveur de nos concitoyens.

Au cours de l’année 2002, il a été procédé à : la mise en service de réseaux gaziers dans 24 localités; la poste de 2293 km de réseaux de distribution; la poste de 318 km de réseaux de transport; et le branchement de 97627 foyers.

On notera les remarquables performances dans la réalisation du programme 2002 jamais atteintes auparavant. L’objectif de réaliser 1200 km de réseau de distribution a été presque doublé (191%).

Il ne suffit pas de produire, il faut vendre et se redéployer sur le plan international pour survivre.

Mais il faut vendre en s’intégrant harmonieusement au processus de globalisation en préservant au mieux nos intérêts. S’agissant de l’énergie les capacités d’évacuation et les réseaux de transport y jouent un rôle essentiel tant pour les hydrocarbures que pour l’électricité.

Le transport des hydrocarbures et de l’électricité ainsi que les installations annexes d’évacuation constituent l’un des segments privilégiés de cette coopération internationale ou régionale recherchée par l’Algérie avec des partenaires du Nord comme du Sud afin de minimiser les risques et d’alléger les dépenses de l’Etat.

Deux contrats ont été signés pour l’achat en partenariat de deux méthaniers pour le transport du GNL, l'un avec deux sociétés japonaises Itochi/Mitsui, le second en partenariat avec l'armateur norvégien Bergesen pour un montant global de 380 millions de $. La réception des deux méthaniers est prévue en 2004.

Des travaux nécessaires d'adaptation des ports pétroliers sont entrepris pour supporter l'augmentation attendue des flux. A ce titre, un contrat d'un montant global de 239 millions de dollars a été attribué à la compagnie américaine(FMC OFEC) pour la réalisation de postes de chargement d’hydrocarbures liquides en haute mer, de type SPM. Par ailleurs des travaux de réhabilitation des infrastructures (hors de la compétence administrative du Ministère de l’Énergie et des Mines) sont indispensables pour résoudre l'ensemble des contraintes et goulots d’étranglement y compris en matière d'organisation afin de porter les capacités d'exportation vers les niveaux requis par la demande qui connaîtra une augmentation de plus de 500.000 b/j en 2005.

La réalisation de ces projets portera la capacité actuelle d’évacuation du brut de 900 000 baril/jour à 1,5 millions de barils/jour et augmentera de 25 milliards de m3 les capacités d'évacuation de gaz naturel à travers de nouveaux projets de gazoducs vers l’Espagne et l’Italie.

Sur le plan international, Sonatrach s’est engagée en effet dans de grands projets structurants, reconnus " d’intérêt régional prioritaire " par l’Union Européenne, et elle s’attache à diversifier son portefeuille afin de minimiser les risques liés à ses activités. Aux deux gazoducs reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc, et l’Algérie à l’Italie via la Tunisie et dont la capacité sera renforcée, vont s’ajouter deux autres ouvrages reliant directement notre pays à ces deux partenaires européens.

Ainsi des accords conclus avec l’Espagne et l’Italie envisagent la réalisation en partenariat avec différents opérateurs européens de deux gazoducs sous-marins (MEDGAZ et GALSI) et de deux câbles électriques reliant l’Algérie à chacun de ces deux pays. La mise en place de ces câbles électriques ainsi que les liaisons en fibre optique qui vont les compléter bénéficieront de la pose de ces deux gazoducs, ce qui favorisera l’économie globale de ces projets.

Le gazoduc MEDGAZ dont les études de faisabilité sont achevées reliera directement l’Algérie à l’Espagne et sera d’une capacité initiale de 10 milliards de m3. Sa construction sera engagée prochainement.

Le projet de gazoduc GALSI, d’une capacité similaire à celle de MEDGAZ, reliera l’Algérie à la Sardaigne pour ensuite desservir le marché du Nord de l’Italie.

Le câble électrique devant interconnecter les réseaux algérien et européen via le réseau espagnol est d’une capacité de 2000 MW. Celui qui doit alimenter l’Italie via la Sardaigne est d’une capacité de 1000 MW.

Ces projets de transport s’inscrivent à la fois dans la perspective du partenariat euro-méditerranéen telle qu’elle découle du Sommet de Barcelone et dans la vision stratégique de minimisation des risques propre à Sonatrach. Celle-ci, dans le cadre de son redéploiement international, et notamment en Europe, se fixe comme objectif d’atteindre le client final en s’impliquant dans tous les segments de l’industrie des hydrocarbures des pays partenaires.

Le projet de gazoduc, entre le Nigeria et la côte méditerranéenne, (NIGAL) s’inscrit dans l’esprit de la Nouvelle Initiative pour le Développement Durable en Afrique (NEPAD). Ce projet, interconnecté au réseau algérien, contribuera de manière appréciable à l’approvisionnement gazier de l’Europe et induira des effets socio-économiques importants dans les pays de transit tout en contribuant a la protection de l’environnement grâce à l’élimination des gaz torchés.

D’autres actions sont menées par Sonatrach à l’international, tels que la réalisation de l’unité de production de propylène de Tarragone (Barcelone) avec la société allemande BASF, le terminal de regazéification en Galice en Espagne ou encore le projet de cogénération électrique en partenariat avec la société espagnole CEPSA dans ce même pays.

Des compagnies pétrolières européennes ont parfaitement saisi l’importance des enjeux en présence et la pertinence de notre stratégie qui consiste à allier notre recherche de nouveaux modes de partenariat à notre souci d’affirmer notre présence, à chaque fois qu’il y va de nos intérêts, sur l’ensemble des maillons des filières énergétiques d’amont en aval. On retrouve ainsi à nos cotés des sociétés telle que la firme allemande BASF qui investit dans l’aval (usine de propylène citée ci-dessus) et qui s’intéresse aussi à l’amont et au transport du gaz par l’intermédiaire de sa filiale WINTERSHAL qui a une prise de participation dans le financement des études de faisabilité du gazoduc sous-marin Algérie-Italie via la Sardaigne. On retrouve le même intérêt du côté des sociétés françaises avec Gaz de France et E.D.F; l’une est déjà présente dans l’amont et l’autre est intéressée par le transport d’énergie vers l'Europe et la production d’électricité. Là aussi on relève, à titre d’exemple, la participation de firmes françaises à coté de sociétés Espagnoles et Italiennes dans le financement des études de faisabilité du gazoduc reliant directement notre pays à l’Espagne.

La Sonatrach s’efforce d’étendre la coopération internationale à des projets de partenariat sur d’autres continents. C’est ainsi qu’elle assure déjà une présence au Pérou dans un projet de transport d’hydrocarbures gazeux qu’elle renforcera bientôt par son élargissement à l’amont et à la liquéfaction du gaz.

Le continent africain occupe évidemment toute notre attention. Cet intérêt se mesure à la hauteur du nombre d’accords bilatéraux de coopération énergétique que nous avons passés au cours de ces trois derrières années avec, entre autres, la Tunisie, le Niger, le Mali, l’Afrique du Sud…etc.

Si nous avons opté pour ce redéploiement international c’est en partie pour acquérir des réserves d'huile et de gaz en dehors de l'Algérie, qui nous permettront de renforcer la coopération Sud-Sud tout en établissant des relations de partenariat mutuellement profitables avec les compagnies pétrolières internationales.

Notre stratégie pour développer l’activité en amont dans l'international se résume comme suit:

La SONATRACH a déjà évalué plusieurs régions en Afrique, dans le domaine de la recherche et de l’exploration. C’est ainsi qu’une riche banque de données relative au potentiel pétrolier en Afrique a été acquise.

Deux compagnies conjointes ont été crées : ALEPCO entre la NOC Libye et Sonatrach qui explore en Algérie et en Libye depuis une quinzaine d'années ; NUMHYD, entre Etap Tunisie et Sonatrach qui entamera son activité d'exploration au courant du deuxième semestre 2003 avec deux permis de prospection, en Algérie (bassin d'Illizi) et dans l’off shore tunisien.

Des discussions sont en cours avec EGPC Égypte, pour la création d'une joint-venture destinée à l'activité amont dans les deux pays et dans les pays tiers.

SONATRACH est en négociation avec plusieurs compagnies pour investir ensemble en Afrique.

Un budget de 100 millions de dollars US sera alloué annuellement par Sonatrach, durant les cinq prochaines années, pour développer l'activité exploration et production en Afrique.

Sur le plan multilatéral nous poursuivons nos efforts pour agir de façon concertée avec les pays africains producteurs de pétrole à la concrétisation des programmes politique, économique et énergétique du NEPAD et de la Commission africaine de l’énergie (AFREC). Pour rendre pleinement profitables ces efforts de concertation nous nous efforçons de les élargir à des organisations telles que l’OPEP et l’OPAEP en tant que besoin.

Le NEPAD qui inclut ce type de préoccupation soulève, à juste titre, le problème du financement des investissements nécessaires au développement économique et à la préservation de l'écosystème dans son ensemble. Les capitaux requis nécessaires aux grands travaux d’infrastructures énergétiques qui dépassent par leur ampleur les possibilités de nos pays, doivent susciter l’adhésion de la communauté internationale dans le cadre de programmes de financement à long terme à des conditions mutuellement bénéfiques. A cette fin nous travaillons de concert avec nos partenaires africains pour la promotion d’une démarche de coopération réunissant des acteurs publics ou privés, africains ou extérieurs à l’Afrique.

Il est heureux de constater que les objectifs et les lignes de force que je viens d’exprimer ont donné naissance dans le cadre de la coopération Sud-Sud à des organisations régionales ou continentales dans le domaine de l'énergie qui suivent des voies convergentes. C'est le cas de la Commission Africaine de l’Énergie (AFREC), et l'Organisation Latino-américaine de l’Énergie (OLADE). Ces deux organisations peuvent fournir des opportunités de coopération Sud-Sud très fécondes.

L'Amérique Latine et l'Afrique détiennent des ressources en énergie considérables et variées. Elles aspirent à leur mobilisation optimale pour la réalisation de projets énergétiques multiples et de différentes dimensions, indispensables pour soutenir le développement économique à différentes échelles, nationale, régionale ou continentale.

L'AFREC dont le siège est à Alger commence à faire ses premiers pas. Elle peut profiter de l'expérience de l’OLADE qui la précédée et dont les objectifs et les ambitions énergétiques rejoignent les siens.

L’Algérie qui est adhérente aux deux organisations va accueillir une première rencontre entre les Ministres de l'énergie d'Afrique et d'Amérique latine, co-parrainée par l’OLADE et l'AFREC.

C’est dans ce cadre que sera organisée à Alger les 5 et 6 décembre 2003 la rencontre des Ministres de l’Énergie africains et latino-américains. La présence dans la capitale algérienne des Ministres de l’Énergie membres de l'AFREC et de l’OLADE sera alors mise à profit pour organiser un débat autour du thème des "Expériences latino-américaines et africaines en matière d'énergie et de développement".

Cette rencontre, première du genre, permettra de présenter l'expérience de l’OLADE et les objectifs de l'AFREC. Sur cette base, les participants s'efforceront d'identifier des axes de coopération et de partenariat entre les deux régions et dégageront ainsi des perspectives de collaboration entre l'OLADE et l'AFREC.

La coopération entre les deux organisation régionales peut contribuer à l'identification des projets énergétiques opportuns et viables économiquement. Elle peut favoriser les flux de capitaux, de technologies, de connaissances et d'informations nécessaires au succès des projets énergétiques.

Un séminaire sur le système d'information énergétique sera par ailleurs organisé à Alger les 23 et 24 avril 2003 par l'AFREC en étroite collaboration avec l'Algérie, en tant que pays hôte. Ce séminaire qui constitue une première opération de l'AFREC regroupera les pays membres et les organisations énergétiques régionales et internationales.

On voit à travers ces quelques exemples que la SONATRACH, pour mieux s’insérer dans la nouvelle scène énergétique mondiale, a déjà entrepris dans les faits son redéploiement international. Ces exemples qu’il ne faut pas confondre avec des opérations isolées, indépendantes les unes des autres, ou menées au coup par coup, s’inscrivent dans une stratégie cohérente qui se met en place graduellement.

Retombées de la nouvelle loi minière

Notre pays recèle des ressources minières importantes. Mais en dépit de ces potentialité le secteur minier contribue faiblement à l’économie nationale. La nouvelle loi minière promulguée en juillet 2002 a pour objectif de promouvoir les investissements dans ce secteur afin d’en tirer les meilleurs gains possibles

Je rappelais il y a quelques jours encore, lors d’une visite de travail à Mostaganem, que l’ouverture de l’exploitation des carrières aux investisseurs privés a permis de créer au cours de ces trois dernières années au niveau national, autant d’emplois dans le secteur privé que ceux qui existent dans le secteur public. Déjà porteuse de fruits cette ouverture va se poursuivre car ce secteur offre de nombreuses opportunités d’investissement dans les gisements et carrières de sable, de pierres de décoration, de bentonite, de marbre, etc.

La dynamique attendue de la nouvelle loi minière est déjà à l’œuvre.
L’Etat retrouve ainsi la plénitude de ses prérogatives en direction de la relance économique : il fait la promotion du domaine minier et met en valeur un Service Géologique National, veille à la préservation de l’intérêt général, attribue les titres miniers dans la transparence et l’équité, donne un accès égal à tous les opérateurs aux données géologiques et minières. La loi l’a doté pour cela de deux agences autonomes : l’Agence du Patrimoine et l’Agence de la Géologie et du Contrôle Minier.

En vérité nous sommes en train de sortir le secteur des mines d’une situation de léthargie insoupçonnée et qu’il était difficile de continuer à accepter au regard du potentiel de travail et de richesse qu’il recèle. A titre d’exemple, chaque carrière peut générer en moyenne 20 emplois, à un moment où les agrégats et autres matériaux de construction font défaut sur le marché.

C’est ainsi que nous avons procédé à l’assainissement du secteur, au recensement du patrimoine et à l’organisation de l’activité sur des bases légales et transparentes.

Plus de neuf cents exploitants (903) ont pu ainsi être identifiés, régularisés et sécurisés. L’Etat s’assure ainsi de nouvelles sources de revenus et les employés ont maintenant un cadre de travail stabilisé.

Il importe de savoir que nous ne fermons plus de mines alors que prés de vingt mines ont été fermées ces vingt dernières années. Aujourd’hui nous en ouvrons de nouvelles.

L’attractivité du domaine minier engagée à la faveur de la nouvelle loi sur les mines nous a en effet permis d’attribuer 220 titres miniers en 2001 et 2002 qui ont généré plus de 2000 emplois. Les opérations menés dans ce cadre ont permis de rapporter au Trésor Public la somme de 350 millions de Dinars.

La branche " mines et carrières " a enregistré au cours de l’année 2002 une croissance moyenne de prés de13%. Certaines matières ont comme une progression spectaculaire. Ainsi en est-il de la production d’agrégats qui à progressé de plus de 29% par rapport à l’année précédente et de l’évolution de la production de sel qui a connu une augmentation de prés de 20%. La part du secteur privé représentait 45% de la production d’agrégats tandis que l’évolution de la production de sel est due essentiellement à la production du secteur privé.

Plus d’une centaine de nos concitoyens ont pu ainsi investir et créer des postes de travail à travers tout le territoire national, dans des zones reculées et généralement démunies. Ils auront ainsi grâce à la nouvelle loi, contribué à l’amorce du développement local et régional que nous sommes en train d’impulser et d’encourager.

Le secteur privé activant dans la branche " Mines et carrières " compte 720 entreprises dans le domaine d’extraction de marbre, de sel et des agrégats et autres substances. L’ensemble de ces entreprises emploi 12700 agents et a réalisé un chiffre d’affaires de prés de 10 milliards DA soit 42% du chiffre d’affaires total de cette branche.

Cette ouverture commence également à attirer les investisseurs étrangers dont certains se sont déjà directement engagés dans l’exploration de gisements aurifères à Tririne-Hanane (Sud-Est), comme la société ZAKHEM (Liban). D’autres se sont associés à des entreprises nationales, leur apportant les capitaux et les technologies qui leur faisaient défaut pour maintenir et développer leurs activités, créer de nouvelles richesses pour l’Etat et de nouveaux emplois pour nos techniciens et cadres.

Les nouvelles dispositions de la loi minière nous ont permis de lancer un appel d'offres sur le gisement d'or de Tiririne-Hanane qui a abouti à la signature d'un contrat avec la société ZAKHEM pour la finalisation des études de faisabilité et la mise en exploitation des gisements.

C’est le cas aussi avec l’Entreprise Nationale d’Exploitation des Mines d’Or (ENOR) qui en ouvrant son capital à la participation majoritaire d’un grand groupe minier australien (GOLD MINES), s’engage résolument dans le développement des mines d’or de Tirek et de Amesmassa (Sud-Ouest). L’emploi actuel va être consolidé et 300 nouveaux emplois seront crées.

L’exemple de l’entreprise nationale FERPHOS est encore plus significatif du potentiel de croissance et de dynamisme que peuvent générer les réformes en cours dans l’économie nationale grâce à leurs effets induits.

En ouvrant son capital à la compagnie ISPAT (Inde), FERPHOS l’a associé à l’exploitation des mines de fer de l’Ouenza et de Boukhadra grâce à la nouvelle loi minière, et lui a garanti l’approvisionnement du Complexe sidérurgique d’El Hadjar qu’elle a pu exploiter, comme on le sait, avec des résultats satisfaisants : doublement de la production d’acier, modernisation de l’outil de production et du management, préservation de l’emploi, tout en améliorant l’efficience économique du complexe.

Je voudrais ajouter un autre exemple pour illustrer la cohérence d’ensemble des réformes que nous menons et montrer les effets structurants d’une loi réputée sectorielle comme celle des mines en l’occurrence.

C’est le projet d’une nouvelle cimenterie qu’un investisseur étranger va réaliser à M’sila et qui n’a pu voir le jour qu'en raison de la garantie qu'il a eue d’explorer et d’exploiter les gisements de calcaire, des argiles et de gypse, substances minérales nécessaires à la fabrication du ciment. C’est une fois de plus la nouvelle législation algérienne des mines qui a permis d’encourager un investisseur étranger à investir dans une activité industrielle aussi indispensable que celle des matériaux de construction.

Ainsi, nos mines de fer ont retrouvé des niveaux d’activité et nos deux cités minières des niveaux d’emplois et d’animation économique qu’elles avaient perdus depuis longtemps.

Ce nouveau départ de l’industrie minière dans notre pays pose par ailleurs la question cruciale de la disponibilité des ressources humaines qualifiées dans les métiers de la mine et pour lesquels il n’existe pas de centres de formation spécifiques.

Aussi, le Secteur de l’Energie et des Mines a pris l’initiative de lancer le projet de création d’une Ecole des mines à El Abed en utilisant les infrastructures de la fameuse mine d’El Abed qui est en cours de fermeture. Cet établissement contribuera à répondre à des besoins nationaux pressants en matière de formation minière et participera à l’animation de l’activité économique et culturelle de la région.

L’adjudication, vecteur de développement du secteur minier

Soucieux de favoriser la transparence et l'équité dans l'attribution des titres miniers, principes de base de la nouvelle loi minière, le Ministère de l'Energie et des Mines a décidé, dés l'année 2000, de n'octroyer les titres miniers relatifs à des indices et/ou à des gisements préalablement reconnus sur des fonds publics, que par adjudication.

Il y a lieu de préciser que l'attribution de titres miniers par adjudication pour l'exploitation d'un gisement ne signifie nullement la vente du gisement comme d’aucuns l'avaient compris. Il s'agit uniquement d'octroi de droits réels pour l'exploitation du gisement pour la durée et dans les conditions du titre minier octroyé, le gisement restant évidemment propriété de la collectivité nationale telle que le stipule la Constitution.

Ainsi, une première opération fut organisée au courant du deuxième trimestre de l'année 2000. Une liste de 139 gisements avait été retenue pour lesquels un appel à soumission avait été lancé dans les quotidiens nationaux et un data room avait été organisé pour permettre aux soumissionnaires de prendre connaissance de l'information sur les gisements et des conditions de participation à l'adjudication et obtenir les dossiers de soumission.

Pour une plus grande transparence de l'attribution des titres miniers, le dépôt des soumissions et l'ouverture des plis se déroulaient dans la même journée

Pour la pérennité de cette procédure d'attribution des titres miniers par adjudication, et pour être en conformité avec la nouvelle loi minière et les textes réglementaires pris pour son application, plusieurs autres opérations ont été organisées. La dernière ouverture des plis a eu lieu le 31 Mars 2003.

Les investisseurs publics ou privés, mis en confiance par la transparence des opérations et la régularité de l'attribution des titres miniers, ont montré, au fur et à mesure du déroulement de celles-ci, leur satisfaction et leur adhésion à cette manière de procéder.

Six opérations d'adjudication ont donc été organisées et ont permis d'autoriser, l'exercice de 213 nouvelles activités minières sur 374 sites proposés. Ces opérations ont permis de rapporter au trésor public la somme de 350 millions de DA.

Fort de la réussite de ces opérations, il a été décidé de faire une adjudication chaque trimestre avec comme objectif de proposer à chaque adjudication un minimum de 50 sites pour l'exploitation.

De la Bourse de l’emploi au Bulletin des Appels d’Offres du Ministère de l’Energie et des Mines (BAOSEM)

Je ne saurais terminer ce bilan sans évoquer quelques aspects de ces grands chantiers que nous avons ouverts dans le cadre d’une dynamique de concertation, de mobilisation et d’implication des ressources humaines de notre secteur.

La promotion du dialogue avec tous les personnels, avec les cadres, avec les femmes et naturellement avec le partenaire social dans toutes les entreprises et avec le Ministère, s’est intensifiée.

La pratique systématisée des brain stormings au sein du Groupe SONATRACH a fourni un espace d’expression, de communication, d’échange et de créativité à tous nos cadres. Ils ont été ainsi des milliers à se réunir, à débattre et décider ensemble des objectifs propres à chacune de leurs entreprises et des plans d’actions à mettre en œuvre pour les atteindre.

Les femmes et les hommes du Secteur de l’Energie et des Mines sont au cœur de notre démarche. Nos ressources humaines sont un capital précieux; elles constituent le levier principal de l’adaptation des entreprises et du Secteur à la nouvelle configuration de l’économie nationale et de l’environnement international où les évolutions s’évaluent à l’aune de la performance, de la compétitivité et de la création continue de richesses.

La formation a pris dans cette perspective une place majeure dans nos préoccupations. Des plans ambitieux sont élaborés donnant de plus en plus la priorité à des formations qui ne sont plus conçues sur l’offre mais répondant à des besoins réels identifiés et s’inscrivant dans l’effort global de réalisation de nos objectifs.

La filialisation de l’IAP en un groupement de formation, la promotion du Centre de Recherche de Boumerdés, la création d’un Centre de Recherche-aval à Arzew et d’un nouveau site de formation sur le même lieu, ainsi que la réouverture du Centre de formation d’experts comptables font partie de ce programme d’action.

Nous voulons donner une impulsion décisive à la formation : à la Sonatrach par exemple, il y a aujourd’hui une politique qui prévoit que chaque travailleur a droit à au moins une semaine de formation par an.

L’évolution des carrières de nos cadres sont désormais gérées par la procédure d’appels à candidatures qu’on appelle la Bourse de l’Emploi. Les cadres dirigeants de Sonatrach et des entreprises du Secteur, les Présidents Directeurs Généraux et les managers des filiales en Algérie et à l’étranger, ont été choisis après avoir fait acte de candidature et avoir été évalués et sélectionnes sur la base de leurs compétences en toute transparence et avec équité. La mise en place du statut des cadres dirigeants de la SONATRACH vient couronner ce programme.

Nos entreprises connaissent mieux leurs potentiels et nos cadres ont ainsi la possibilité de faire leurs propres choix de carrière.

Le principe de la mobilité des cadres supérieurs est venu renforcer cette politique qui nous permet d’enrichir nos entreprises de l’expérience de tous, d’utiliser toutes les compétences dont elles disposent et d’offrir sans cesse à nos cadres des possibilités d’évolution de carrières riches et diversifiées.

Une attention particulière est en outre portée à l’évolution des carrières des femmes travailleuses. A Sonatrach par exemple, il a été crée l’Observatoire de l’Emploi Féminin.

De grands efforts sont par ailleurs développés pour rendre les méthodes de gestion plus rigoureuses, secouer la routine et le faux confort qui se sont installés ici et là ; instaurer plus de transparence, nous doter d’outils éprouvés et donner à nos managers les moyens de se consacrer à la réalisation de leurs missions et à l’exercice de leurs métiers, débarrassés de contraintes inutiles et à l’abri d’interférences diverses.

Nous avons ramené les filiales au sein du Groupe SONATRACH pour créer des synergies et leurs insuffler les même standards de conduites pour le plus grand profit de la rentabilité du groupe.

Concernant la réduction des coûts et l’amélioration de l’efficience de l’entreprise une méthode a été instauré faisant appel aux propositions d’amélioration de nos cadres et travailleurs. C’est ainsi qu’un prix a été décerné récemment en faveur de l’un de nos ingénieurs qui s’est vu remettre en plus du premier prix qu’il avait obtenu une prime calculée au prorata des gains que sa proposition a permis de réaliser.

Avec l’appui de consultants, et d’expertises externes nationales et internationale, différents systèmes et d’outils modernes d’aide à la décision dans tous les domaines se mettent en place.

Je citerai à cet égard, le plus populaire d’entre eux : le système de l’appel d’offres. Les gains financiers qu’il a déjà permis à nos entreprises de réaliser sont réels et quantifiables. Mais les progrès qu’il a permis d’enregistrer sont également très importants parmi lesquels notamment : l’identification précise des besoins et la planification des achats; une meilleure connaissance des marchés; la nécessité mieux ressentie de la standardisation une meilleure qualité des biens et services et des coûts moindres; la création de nos propres outils de publication comme le BAOSEM et nos Website; la sensibilisation et l’initiation de centaines de cadres à des pratiques de gestion nouvelles pour beaucoup d’entre eux tels que les cahiers de charges, les termes de références, l’évaluation des offres, l’ouverture publique des plis etc.

De l’investissement social à la responsabilité citoyenne

Le groupe Sonatrach qui entretient des relations privilégiées avec la société algérienne est à l’origine d’un vaste chantier social : le Management de l’Investissement Social (MIS). Quels sont les principaux axes et objectifs de ce projet ?

La mise en place de cette nouvelle démarche engagée par Sonatrach s’inscrit dans la politique nationale initiée par Monsieur le Président de la République et qui intègre le souci de la promotion sociale dans la politique de relance économique.

Il s’agit de contribuer à démarginaliser les populations dans le besoin et de désenclaver les régions défavorisées afin que le développement et le progrès bénéficient à tous.

Mais la conception que nous nous faisons de la solidarité ne doit pas être entendue comme une simple action d’assistanat. Le groupe SONATRACH s’attache à faire en sorte que ses actions en ce domaine soient un vecteur de mobilisation des énergies sociales afin de préserver la dignité humaine et de rééquilibrer les chances de chacun conçu comme un acteur et une force productive.

De même que nous sponsorisons l’activité sportive de certains clubs nous portons aussi un intérêt particulier à la procuration du sport au sein de l’entreprise en faveur de nos travailleurs. Nous projetons , sur un autre plan, l’étude de la création d’une banque type " Crédit Unions " en leur faveur.

En plus de sa contribution aux activités sportives la SONATRACH participe aussi à la promotion des arts plastiques et de la musique. Un espace d’exposition est crée au sein du siège même de l’entreprise.

Nous partons du principe que l’action de solidarité est l’affaire de tous, c’est-à-dire, de l’ensemble des acteurs sociaux y compris les acteurs économiques car, il importe de restituer à la croissance économique sa dimension sociale. Notre démarche vise trois objectifs essentiels :

C’est ainsi que nous concevons le développement durable, non comme une approche phylosophique mais comme un travail persévérant de proximité. Nous agissons donc dans trois directions principales :

Nous avons également initié des actions avec le Rotary Club "Alger la Blanche" de même que nous examinons avec nos partenaires présents dans le Sud, des opportunités de projets conjoints.

Bien que nouvelle, cette démarche a d’ores et déjà inscrit à son actif des réalisations appréciables qui augurent bien de l’avenir si l’on considère le portefeuille de projets que nous nous apprêtons à lancer.

Dans le contexte de crise sociale qui est celui de l’Algérie, nous avons bien conscience de l’ampleur et de la diversité des problèmes sociaux à résoudre, de la nécessité de revoir les structures et les dispositifs sociaux jusqu’ici en vigueur, dans le but d’impulser une dynamique de solidarité nationale apte à saisir des réalités sociales complexes et d’optimiser leur traitement.

Il y faut un effort renouvelé afin de transcender les cloisonnements, d’assurer la durabilité de l’action, d’impliquer collégialement et solidairement l’ensemble des acteurs publics et sociaux au moyen d’actions communes, d’une concertation soutenue et d’un partenariat efficient.

La solidarité telle que nous la concevons vise à prémunir la société contre les excès du Marché. Les règles de la Nouvelle Economie qui se met en place doivent être strictement contrôlées et évaluées afin de s’assurer que chacun a des chances égales d’accès à de nouvelles opportunités. Et ne pas perdre de vue, surtout, que les ressources humaines constituent le capital le plus précieux dans toute action que nous engageons.