Elwatan 13 novembre 2005
Secteur énergétique: Des câbles électriques vers l’Espagne et l’Italie
Les projets de liaison par câbles électriques
entre l’Algérie et l’Espagne et l’Italie par voie sous-marine ont fait
l’objet d’une conférence internationale organisée hier à l’hôtel
Hilton, à Alger. Cette rencontre a attiré plusieurs responsables, hauts
fonctionnaires et diplomates de pays européens ainsi que des responsables de
compagnies du secteur de l’énergie.
Parmi les personnalités qui ont fait le déplacement, il faut noter la présence de Mario Valducci, secrétaire d’État au ministère italien des Activités productives, Alessandro Ortiz, président de l’Autorité pour l’électricité et le gaz italienne, les ambassadeurs d’Espagne et d’Italie, le directeur de l’énergie du ministère italien, le directeur général de l’énergie au ministère français de l’Économie ainsi que des représentants de compagnies espagnoles et italiennes.
Les projets de liaison qui sont conçus d’une manière intégrée avec centrales électriques devraient connaître une issue favorable en 2006, selon les déclarations des différents responsables impliqués dans le dossier.
Cette avancée serait marquée par la création de sociétés. Le premier projet qui avait fait l’objet d’un avis d’appel d’offres durant l’année 2000 sous la forme de deux ou trois centrales électriques d’une capacité totale de 2000 MW avec un câble électrique sous-marin reliant l’Algérie et l’Espagne est toujours d’actualité.
L’étude de faisabilité menée par l’Algerian Energy Company a démontré l’intérêt du projet. Il en est de même pour le projet intégré de liaison électrique par câble et par voie sous-marine entre l’Algérie et l’Italie. Le projet intégré d’une capacité de 1000 MW, composé de centrales électriques et d’un câble sous-marin, est géré par Sonelgaz et l’étude de faisabilité a démontré aussi son intérêt, selon ses promoteurs.
Au cours de l’allocution d’ouverture de la conférence, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a indiqué que « l’objectif essentiel de cette rencontre est de susciter l’intérêt de partenaires étrangers et mettre en place des sociétés de partenariat pour l’étude, la conception, la construction, l’exploitation et le financement de ces projets d’interconnexions électriques reliées à des centrales électriques ».
Après avoir rappelé que la Commission européenne a classé ces infrastructures comme projets prioritaires au regard de sa stratégie énergétique et que les études de faisabilité menées par Sonelgaz et AEC ont mis en évidence leur intérêt économique et stratégique, le ministre a indiqué que « l’Algérie propose pour leur réalisation une approche basée sur les principes de la commercialité et du partenariat économique et industriel avec les compagnies énergétiques, approche qui a déjà donné d’excellents résultats pour d’autres projets déployés au sein du secteur ». Ces deux projets devraient bénéficier des nouvelles dispositions contenues dans le décret portant fixation du prix du gaz naturel promulgué en 2005.
Ce décret fixe le prix des 1000 m3 à 1560 DA. Ce qui constitue un avantage comparatif indéniable pour des projets d’investissements dans le secteur de l’électricité. Lors de son intervention, le PDG de Sonelgaz, Noureddine Boutarfa, a rappelé que « pour marquer sa volonté d’exporter de l’électricité vers l’Europe, l’Algérie a conclu en 2001 deux accords de coopération énergétiques, l’un avec l’Espagne, l’autre avec l’Italie, pour mener les études de faisabilité des interconnexions électriques directes entre l’Algérie et l’Espagne (capacité 2000 MW) et entre l’Algérie et l’Italie (capacité 1000 MW) ».
« Aujourd’hui, les études de faisabilité sont terminées, elles démontrent la faisabilité technique et soulignent les effets positifs induits en matière de sécurité sur les réseaux interconnectés », a-t-il poursuivi. En marge de la conférence, le ministre de l’Energie et des Mines a indiqué à la presse que « nous nous attendons à la création d’un consortium composé de partenaires algériens, italiens et espagnols pour l’étude, la conception et la réalisation et le financement des projets d’interconnexion Algérie-Italie et Algérie-Espagne ».
Les études menées par Sonelgaz et AEC à travers des bureaux d’études italiens et espagnols ont démontré la faisabilité de ces deux projets, a précisé le ministre. Par ailleurs, le ministre a annoncé la signature prochaine, à Alger, d’une Convention de financement pour la mise en place d’un marché régional de l’électricité au Maghreb. C’est au cours de la conférence euro-méditerranéenne des ministres de l’Énergie en décembre 2003 que l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Commission européenne ont conclu un protocole d’accord portant sur la mise en place d’un marché régional de l’électricité et son intégration au marché de l’électricité de l’Europe.
Liès Sahar
Elwatan 14 au 20 novembre 2005
La plus grande centrale algérienne à cycle combiné en construction,
Technologie de pointe et écologie
La première centrale électrique à cycle combiné
du pays entrera en production au cours du premier semestre de l’année
prochaine. D’une puissance globale de 825 MW (deux fois 412,5 MW), elle
constituera l’une des plus importantes centrales algériennes. Elle est également
plus économique (meilleur rendement) et surtout la plus écologique.
C’est le premier projet conclu après la
promulgation des nouvelles lois relatives à l’ouverture du secteur de l’énergie
à l’investissement privé. Il s’inscrit dans la planification
gouvernementale visant à augmenter la puissance installée du pays qui devra
passer des 5800 MW actuels à plus de 6000 MW d’ici à 2010.
La nouvelle centrale électrique de Skikda est implantée dans l’enceinte même de la plate forme pétrochimique de Skikda. Elle est détenue par Sharikat Kahraba Skikda (SKS), maître de l’ouvrage. SKS est une coentreprise de trois sociétés publiques qui a été créée le 11 mai 2003. Elle est détenue, jusqu’à la mise en service de la centrale, par trois sociétés : Sonelgaz (50%), Sonatrach (30%) et Algerian Energy Company (AEC) (20%). L’option du partenariat reste par ailleurs envisagée puisque Sonatrach et Sonelgaz auront à céder, éventuellement, une partie de leurs actions à des sociétaires étrangers et/ou nationaux.
Le projet initié par l’AEC s’est vu concrétiser au mois de juin 2003 après l’ouverture des plis des offres techniques formulées par quatre grandes firmes internationales : SNC Lavalin (Canada), Siemens (Allemagne), Sofresid (France) et Iberdrola (Espagne). Le constructeur canadien avait alors été retenu après le désistement d’Iberdrola et la non-recevabilité des offres de Siemens et de Sofresid pour des considérations liées au "défaut de dépôt de la caution de garantie de bonne exécution du protocole de prise de participation d’un montant de deux millions de dollars US et de réserves sur le contenu du protocole d’accord de prise de participation", comme l’avait mentionné dans le temps un communiqué de l’AEC.
La firme canadienne SNC Lavalin a ainsi décroché son premier projet du genre (centrale à cycle combiné) alors qu’en Algérie elle était beaucoup plus connue pour ses travaux dans le secteur de l’hydraulique. Son intérêt pour le secteur énergétique reste lié à sa fulgurante expansion qui a été ponctuée en 2002 par l’acquisition de l’américaine Nepco (National Electric Power) qui faisait auparavant partie intégrante de l’empire Enron, un autre géant américain. Cette expansion dote désormais Lavalin d’un savoir-faire indéniable en matière d’installations énergétiques.
Lavalin en décrochant le contrat pour un montant global estimé à 600 millions de dollars devra ainsi honorer ses engagements et mener à terme le projet dans un délai de 32 mois. Aujourd’hui, on estime l’avancement des travaux de réalisation à plus de 70% d’achèvement.
Un taux jugé très satisfaisant et on prévoit la réception provisoire du projet d’ici le premier semestre de l’année prochaine. Aujourd’hui, la première turbine à gaz est techniquement achevée et les longs essais effectués à ce jour se sont montrés concluants. Quelque 230 MW peuvent déjà êtres injectés dès à présent dans le réseau national pour appuyer la production en attendant la réception provisoire du projet dans sa globalité.
Un accroissement de 10% de la capacité de production nationale:
Une centrale à cycle combiné à gaz associe une turbine à gaz et une turbine à vapeur pour produire alternativement de l’énergie électrique. C’est le mode de production retenu pour celle de Skikda qui est sommairement composée de deux trains de 412,5 MW chacun.
Chaque train est formé d’une turbine à gaz de 235 MW et d’une turbine à vapeur de 177,5 MW ainsi que d’autres accessoires (chaudières, condenseurs...). En 2003, M. Samy Bébawi, alors vice-président directeur du groupe SNC-Lavalin au temps de la signature du contrat, avait déclaré que "l’entrée en production de la centrale de Skikda aura à accroître d’au moins 10% la capacité de production de l’Algérie tout en étant moins polluante que les installations existantes".
C’est là une confirmation qui consolide la volonté affichée par les décideurs nationaux de répondre au mieux à la demande en énergie appelée à enregistrer une très forte demande. Plus de 12 milliards de dollars ont été investis par les pouvoirs publics dans le secteur énergétique, dont 5,4 milliards de dollars pour la seule production électrique. Cet intérêt est justifié, selon des experts, par la croissance de la demande en électricité estimée à 4%/an et qui est appelée encore à s’intensifier à moyen terme pour dépasser les 7%.
Ceci d’une part. D’autre part, et selon Sonelgaz, d’ici l’année prochaine, la consommation d’électricité en Algérie atteindra 29 TWh contre les 23 TWh actuels et la consommation par habitant verra la même croissance en atteignant la barre des 841 Kwh/an alors qu’actuellement elle ne dépasse pas les 720 KWh/an.
Selon une récente étude réalisée par le Conseil mondial de l’énergie (CME), l’Algérie risque au cas où la croissance économique venait à s’accentuer d’enregistrer de fortes demandes de consommation qui seront de l’ordre de 5,05% pour la période de 2010-2020.
La même étude prévoit par ailleurs que l’Algérie aura à garantir l’implantation d’une "puissance additionnelle pour satisfaire la demande d’énergie électrique prévue sur la période 2000 et 2020" et qui sera comprise "entre 13 200 MW et 16 200 MW", ce qui représente aux termes de l’étude "un volume d’investissement compris entre 4,1 et 5,1 milliards de dollars (coûts actualisés à l’année 2000)".
La centrale de Skikda, en plus du fait qu’elle aura à "booster" la production de l’énergie électrique nationale, constitue aussi une option économiquement stratégique en ce sens qu’elle inaugure une nouvelle vision quant aux paramètres du futur parc de production. D’abord, cette option s’inscrit totalement dans les orientations nationales en matière de configuration du futur parc, ensuite ces orientations sont basées exclusivement sur "les ressources primaires nationales, particulièrement le gaz".
Au niveau du Conseil mondial de l’énergie, on estime que pour l’Algérie, l’option du cycle combiné est une "solution considérée comme la plus favorable en matière d’économie de combustible (utilisation d’équipements à haut rendement)" et de rajouter : "En effet, avec les coûts et rendements annoncés pour les équipements à cycle combiné et turbines à gaz de grande taille, la solution optimale pour le développement du parc de production est essentiellement à base de cycle combiné et turbines à gaz." Les déductions du Conseil mondial s’articulent sur la disponibilité du gaz devant couvrir la période allant jusqu’à l’année 2020, bien qu’il faudra en plus "mobiliser une quantité additionnelle comprise entre 350 et 400 milliards de m3".
L’option écologique:
En plus de leur haut rendement, les centrales électriques à cycle combiné à gaz sont écologiquement les plus sûres. Du moins c’est ce qui ressort des différentes analyses et études faites sur ce sujet. La centrale de Skikda ne devrait pas faire exception à la règle verte. En plus des critères propres au process lui-même, elle est sujette à un suivi minutieux chapeauté par deux instances des plus réticentes en matière de protection de l’environnement, EDC et Exim Bank en l’occurrence.
Lors d’un entretien, M. Isber Bitar, directeur de construction du groupe canadien SNC-Lavalin et premier responsable de la construction de la centrale de Skikda, a tenu à insister sur ce sujet en déclarant : "Les banques qui soutiennent ce projet ont élaboré des audits d’environnement à tous les produits chimiques d’ingénierie qui viennent en amont." Il a aussi fait part de l’existence d’un système de neutralisation systématique de toutes les huiles. "Cette centrale sera écologiquement parfaite", a-t-il conclu.
Une déclaration qui est confortée par l’implication de la société d’Etat Exportation et Développement Canada (EDC) dans le projet en garantissant des services de financement de 190 millions de dollars d’appui aux services de construction. L’implication d’EDC a d’abord été conditionnée par l’aspect environnemental qui constitue l’un de ses fondements, comme l’a mentionné M. Eric Siegel, vice-président directeur d’EDC, en affirmant qu’"EDC a jugé important de s’impliquer dans ce projet qui respecte l’environnement, appuie des exportateurs canadiens tels que SNC-Lavalin et contribue de façon tangible au développement de l’Algérie".
Dans le même contexte, dans un rapport annuel établi en 2004, l’EDC révèle : "EDC a classé le projet dans la catégorie A (...) Dans le cadre de son contrat, SNC-Lavalin a rédigé un rapport d’évaluation des incidences environnementales pour le projet comprenant des engagements à respecter les directives de la Banque mondiale sur l’environnement.
Conformément aux exigences de l’ERD, EDC a demandé à Stantec Consulting Ltd. de procéder à un examen indépendant du projet". Par la suite, en 2004, EDC revient dans un communiqué sur le projet en rapportant : "Avant de décider d’appuyer le projet, EDC s’est assurée qu’il satisfaisait aux exigences de sa directive en matière d’évaluation environnementale, et les incidences environnementales du projet ont fait l’objet d’une évaluation dont le rapport a été vérifié par un consultant indépendant." L’implication de l’américain Export-Import Bank (Eximbank), qui a accordé un prêt à long terme de 192 millions de dollars, est motivée par les mêmes considérations écologiques.
Pourquoi Skikda?
L’option retenue pour l’implantation de la nouvelle centrale à Skikda, qui dispose déjà d’une autre centrale de moindre envergure, semble être insufflée par des raisons propres au devenir du deuxième pôle hydrocarbure national. Elle aura à accompagner les grands projets qui seront implantés dans la zone, à l’exemple du toping condensat, du complexe de dessalement de 100 000 m3, l’usine d’hélium... La politique initiée par Sonatrach en 2004 en vue de donner un nouvel essor à la plate forme pétrochimique de Skikda ne pourra se faire sans garantir au préalable les bases de tout investissement, encore moins intéresser d’éventuels investisseurs.
Avec le complexe de dessalement, la centrale électrique constitue un gage certain de développement de la zone et dont les répercussions aussi bien sur le marché local de la consommation que sur l’investissement ne sauraient tarder à se manifester. La centrale emploiera à sa mise en production plus de 50 employés compte tenu de la mise en place d’ordinateurs industriels. Elle sera exploitée et entretenue durant les douze premières années par Lavalin.
K. Ouahab
Elwatan 14 au 20 novembre 2005
Les centrales à cycle combiné,
L’alternative mondiale.
Le process du cycle combiné peut être schématisé
comme suit : "Le cycle gaz consiste à alimenter une première turbine
avec du gaz afin de produire de l’électricité, puis d’utiliser le pouvoir
calorifère des gaz de combustion pour alimenter une turbine à vapeur (cycle
vapeur) pour produire davantage d’électricité." Actuellement, ces
centrales ne produisent que 23% de l’électricité à l’échelle mondiale et
elles sont globalement concentrées dans les pays développés (sept sociétés
européennes et américaines se partagent 80% du marché mondial de construction
de ce genre de centrales).
En 2020, ces centrales auront à assurer plus de 60%
de la production mondiale. La production mondiale de l’électricité est assurée
en grande partie (64%) par les combustibles fossiles (pétrole 40%, charbon 25%,
gaz naturel 25%), le reste des besoins mondiaux est assuré par le nucléaire et
les énergies renouvelables. La grande mue que vit le moyen de production par
cycle combiné à gaz est en partie motivée par deux aspects. D’abord un
aspect économique en relation avec le rendement de la centrale de ce type qui
peut facilement dépasser les 60% alors que pour les centrales conventionnelles
il n’est que de 40%.
En plus, les délais de construction d’une centrale de ce type sont relativement courts (2 années contre plus de 6 années pour une centrale nucléaire) et leurs coûts de construction restent très inférieurs aux autres centrales. Le deuxième aspect concerne exclusivement des considérations écologiques qui s’inscrivent dans l’esprit même du protocole de Kyoto. Les centrales a cycle combiné à gaz sont nettement moins polluantes et génèrent moins de CO2 que les autres types. Les gaz à effet de serre générés par la production de l’électricité représentent en fait un tiers des émissions de CO2 dans la planète, ce qui est énorme.
Plus de 80% des émissions de gaz carbonique dégagées par la production d’électricité sont générés par les seules centrales à base de charbon et de pétrole puisque ce sont les deux moyens de production les plus utilisés à l’heure actuelle. L’option de substituer ces deux seuls types de production par le cycle combiné diminuera considérablement le taux de carbone dans l’atmosphère.
Ainsi, si on vient à changer le process de production des centrales à charbon et de pétrole par le cycle combiné, on réduira l’émission de CO2 de plus de 40% pour le charbon et de près de 25% pour le pétrole. Encore un autre exemple : si on remplace la moitié des centrales à charbon du monde qui rejettent environ 1000 g/kWh par des centrales a cycle combiné à gaz, on pourra réduire de 15% par an les rejets de CO2.
La même option peut être envisagée pour les centrales à gaz puisqu’en novembre 2001 déjà, le Congrès mondial de l’énergie tenu dans sa 18e session à Buenos Aires avait conclu : "Si un tiers des centrales électriques mondiales existantes fonctionnant à l’aide d’une turbine à gaz simple était transformé en centrales à cycle combiné, l’augmentation de la production d’électricité correspondrait exactement au besoin d’augmentation de la capacité de production pour les quatre à six années à venir, sans émissions supplémentaires de gaz à effet de serre."
Cette recommandation s’assimile en fait à une "reconnaissance" quant aux avantages écologiques du cycle combiné. Par ailleurs, l’option du cycle combiné vient à point pour le protocole de Kyoto, quoique beaucoup reste à dire à ce sujet.
Le protocole dont l’objectif global est d’arriver à une réduction de 5,2% des émissions de CO2 devra apparemment rester au stade de vœu tant que le premier pollueur mondial, les États-Unis en l’occurrence, ne se reconnaîtra pas dans cet esprit. Mais c’est là un autre débat.
K. Ouahab
Elwatan 14 au 20 novembre 2005
Isber
Bitar. Directeur de construction de la centrale « C’est
un exploit »
Au mois d’août dernier déjà, M. Isber
Bitar, directeur de construction du groupe canadien SNC-Lavalin chargé de la
construction de la centrale, ne cachait pas sa satisfaction quant à
l’avancement global du projet. "Nous sommes parvenus à assurer une avancée
de 66% alors que nos prévisions étaient de 67%.
Ce léger différé est beaucoup plus occasionné
par les grandes intempéries du premier trimestre qui avaient concerné la
ville. Nous avons comptabilisé à cet effet une perte de 42 jours
ouvrables", a-t-il estimé lors d’une entrevue. Aujourd’hui, il estime
que l’achèvement des essais sur la première turbine à gaz se sont montrés
très concluants.
Ce qui revient à dire qu’une capacité allant de 225 à 230 MW est déjà productible et peut être injectée dans le réseau de distribution national. En plus des contraintes liées aux caprices de la météo, M. Bitar évoque les dures conditions du chantier. "Je peux vous affirmer que compte tenu des expériences similaires que nous avons eu à mener, nous estimons que nous venons de réaliser ici à Skikda un véritable exploit de chantier." Et d’expliquer : "Nous étions contraints d’exercer dans des conditions de proximité très gênantes.
L’assiette d’implantation de la centrale est très restreinte (500 x 300 m, ndlr) et rend très difficiles les manœuvres de chantier. A mentionner à ce sujet que sur le chantier, on employait, en plus des 120 agents de Lavalin, quelque 1500 autres travailleurs de plusieurs secteurs. En plus de cet aspect, le chantier était constamment peuplé de pas moins de quatre grues géantes (entre 300 et 650 tonnes) en éternel mouvement dans un espace assez réduit et où il fallait couler 25 000 m3 de béton, planter 1 800 pieux métalliques à 25 m de profondeur, placer l’équivalent de 35 km de tuyauterie, 120 km de câble électrique et assembler un équipement de 70 000 tonnes. La pièce la plus lourde étant la turbine à gaz (300 tonnes). »
K. Ouahab
Elwatan 13 novembre 2005
La
gestion des villes étudiée à Sétif,
Dépasser les cités-dortoirs
Les « villes territoires : mutations et
enjeux actuels » est le thème du séminaire international qui se déroule
à Sétif du 12 au 14 novembre 2005.
Des architectes et urbanistes et de nombreux autres
universitaires d’un certain rang de France, du Maroc et d’Algérie prendront
part aux travaux d’un tel conclave placé sous le patronage du ministre délégué
à la Ville et du wali de Sétif. Lors des plénières, les participants à la
rencontre interviendront pour débattre de six grands axes, à savoir :
« Basculement récent des localisations et des formes d’urbanisation élémentaire »,
« Grande ville et enjeux de la métropolisation en Algérie »,
« Opportunités et contraintes actuelles des sources de financement des
projets urbains au Cameroun », « L’agriculture urbaine méditerranéenne :
réseau et banque d’expérience », « L’expérience marocaine en
matière de lutte contre l’habitat insalubre » et « Forme urbaine
durable : enjeux et stratégie de développement ».
Les travaux d’ateliers, qui englobent plus de 51 communications, s’articuleront sur trois grands volets :
« Mobilité et incidences spatiales », « Contraintes de fonctionnement et gestion des risques urbains » et « Action publique, acteurs locaux et pratiques sociales ».
Dégager des solutions de rechange:
Cet important rendez-vous ayant attiré de grandes compétences en la matière permettra aux spécialistes algériens, surtout, de dégager des propositions et des recommandations inhérentes au tissu urbain national qui décrépit. Les séminaristes profiteront sans nul doute de l’opportunité pour mettre le doigt sur les causes de la dégradation des fonctions du réseau urbain, et proposer, le cas échéant, des solutions de rechange.
La refondation du centre urbain et des villes algériennes qui se sont, selon un intervenant, multipliés durant les années soixante et soixante-dix, sous l’effet de l’exode rural, de la localisation des activités productives et de la concentration des services publics, doit être l’œuvre d’une politique axée sur l’aménagement du territoire et de son développement durable.
Pour certains invités, la rencontre de la capitale des Hauts-Plateaux devant susciter l’intérêt des décideurs ne doit en aucune manière se limiter à des professions de foi ou à des souhaits, mais être un cadre en mesure d’accompagner les pouvoirs publics appelés à concevoir et à mettre sur pied d’autres modes de gestion des espaces urbains nationaux qui suffoquent, si on ne veut pas, enchaînent-ils, subir un jour l’amère expérience de la banlieue parisienne, d’autant que les effets pervers de la démographie effrénée et de la bazarisation de l’économie nationale pèsent lourdement sur la vie de notre réseau urbain, transformé malgré lui en un vaste et lugubre « dortoir »...
Kamel Beniaiche
Elwatan 13 novembre 2005
Gaz
butane,
Des centres enfûteurs vétustes
A l’heure d’un rafraîchissement et d’une
baisse sensible des températures, Naftal, en collaboration avec le ministère
de l’Énergie et des Mines, a tenu une série de réunions tendant à élaborer
un programme « pour l’approvisionnement régulier des populations en gaz
butane durant la période hivernale », révèle un communiqué de Naftal.
Et si quelque 150 000 bouteilles neuves sont venues
« renforcer substantiellement le stock-outil de Naftal », certaines
contraintes demeurent et « continuent d’entraver la distribution de gaz
butane », ajoute le communiqué. Citée en premier chef, « la vétusté
d’une partie importante des centres enfûteurs de Naftal ».
Une solution est préconisés par Naftal et encouragée par l’État et Sonelgaz consistant à faire appel à des opérateurs privés. « Cela devrait renforcer l’approvisionnement des populations durant la période hivernale. » D’ailleurs, « des quantités de GPL vrac évaluées à plus de 32 000 tonnes métriques en 2004 et 58 000 tonnes métriques en 2005 ont été prélevées pour les besoins de l’enfûtage du gaz butane exprimés par ces promoteurs », précise le communiqué.
Les opérateurs privés devraient ainsi disposer de 12 centres enfûteurs depuis l’entrée en service de trois nouveaux centres à Alger, Guelma et Bou Saâda. D’autres contraintes relevées par Naftal pour l’approvisionnement de la population résident dans l’insuffisance du parc de bouteilles de gaz ainsi que les retards enregistrés dans l’opération réépreuve des bouteilles.
Les chiffres devant parler d’eux-mêmes : le parc de bouteilles Naftal actuellement en circulation est estimé à 22 millions d’unités dont la majeure partie a été mise en service il y a plus de 20 ans. Pour contrer l’insuffisance des points de vente du gaz butane qui affecte certaines zones comme Djelfa, Médéa, Relizane et Saïda et certaines localités du grand Sud, « les directions des mines et de l’industrie des wilayas ont été instruites afin d’engager une opération médiatique soutenue », annonce le communiqué.
Zineb Amina Maiche
El Moudjahid 12 novembre 2005
Deux projets vont être réalisés, Interconnexion électrique sous-marine avec l’Espagne et l’Italie
Un consortium d’entreprises algériennes et étrangères va être créé à cet effet pour le financement, la réalisation et l’exploitation des deux projets.
Un
consortium d’entreprises algériennes et étrangères va être créé
pour la réalisation, l’exploitation et le financement des deux projets
d’interconnexion électrique sous-marine Algérie-Espagne et Algérie-Italiepar la Sardaigne, a indiqué hier à Alger le ministre de l’Énergie et des
Mines, M. Chakib Khelil.
Le Ministre s’exprimait lors d’une conférence internationale sur les
projets intégrés de centrales électriques et câbles trans-méditerranéens
Algérie-Espagne et Algérie-Sardaigne-Italie.
"L’objectif essentiel de cette rencontre est de susciter l’intérêt de
partenaires étrangers et de mettre en place des sociétés de partenariat pour l’étude, la conception, la construction, l’exploitation et le
financement" deces projets, a-il- indiqué.
Énumérant les différentes actions menées par l’Algérie depuis la Déclaration
de Barcelone en 1995 sur le plan législatif, institutionnel et économique, le ministre a informé l’assistance qu’un projet de protocole portant sur la création
d’une société de partenariat pour accomplir les différentes phases du
projet d’interconnexion électrique reliée à une centrale électrique
était mis à leur disposition pour examen et "éventuellement"
signature avec la partie algérienne.
Les études de faisabilité pour les deux câbles électriques sont terminées, a-t-il dit avant d’en conclure que la phase de réalisation a commencé.
Concernant les sociétés devant constituer ce consortium, M. Khelil aexpliqué que des entreprises algériennes, espagnoles et italiennes vont
collaborer ensemble comme cela a déjà été fait pour le MedGaz (projet
second gazoduc Algérie-Espagne),a-t-il dit.
Pour le ministre, les partenaires algériens qui s’impliqueront dans ces
projets sont ceux avec lesquels les compagnies européennes ont "toujours
coopéré", en l’occurrence Sonatrach, Sonelgaz et Algerian Energy
Company (AEC).
Soulignant qu’il ne pouvait pas devancer les partenaires concernés sur la question du financement, le ministre devait évoquer tout de même la possibilité d’un démarrage avec un financement à 40% du côté algérien (Sonatrach, Sonelgazet AEC) et 60% pour les autres partenaires.
De son côté, le P-DG de Sonelgaz, M. Nouredine Bouterfa, a indiqué qu’il existait une intention "bien réelle" d’instituer une complémentarité
dans les relations d’échanges énergétiques commerciaux entre les pays
du Maghreb et ceux du sud de l’Europe.
Selon lui, cette complémentarité pourrait être réalisée en partie par
une intégration des réseaux électriques maghrébins et européens, moyennant un développement plus soutenu des interconnexions dont l’aspect stratégique
viserait d’une part à accroître les échanges d’énergie électrique et
d’autre part à mettre en place un marché maghrébo-européen de l’électricité.
Ce marché permettrait en plus de développer la coopération, de contribuer à la sécurité d’approvisionnement, d’assurer la liberté de circulation
de l’électricité entre les pays et d’améliorer la compétitivité
des producteurs et servir l’intérêt des consommateurs, a-t-il ajouté.
L’Algérie
avait conclu en 2001 deux accords de coopération énergétiques, l’un
avec l’Espagne et l’autre avec l’Italie, pour mener les études de
faisabilité des interconnexions électriques directes entre l’Algérie
et l’Espagne, d’une capacité de 2.000 MW et entre l’Algérie et
l’Italie, d’une capacité de 1.000MW.
Cette conférence a vu la participation de plusieurs experts et personnalités internationales dont le Secrétaire d’Etat auprès du ministère italien des
activités productives, du président de l’Institut français du Pétrole
et celui de l’Autorité italienne pour l’électricité et le gaz.
l'Expression 14 novembre 2005
Algerie-Espagne-Itlie, L’interconnexion électrique pour bientôt, Constituer un marché unique de l’énergie
Les études de faisabilité pour les deux câbles électriques sont terminées et la phase de réalisation a commencé.
Un consortium d´entreprises algériennes et étrangères va être créé pour la réalisation, l´exploitation et le financement des deux projets d´interconnexion électrique sous-marine Algérie-Espagne et Algérie-Italie par la Sardaigne, a indiqué samedi à Alger le ministre de l´Énergie et des Mines.
Chakib Khelil, s´exprimait, lors d´une conférence internationale sur les projets intégrés de centrales électriques et câbles transméditerranéens Algérie-Espagne et Algérie-Sardaigne-Italie. «L´objectif essentiel de cette rencontre est de susciter l´intérêt de partenaires étrangers et de mettre en place des sociétés de partenariat pour l´étude, la conception, la construction, l´exploitation et le financement» de ces projets, a-t-il indiqué. Enumérant les différentes actions menées par l´Algérie depuis la Déclaration de Barcelone en 1995 sur le plan législatif, institutionnel et économique, le ministre a informé l’assistance sur le projet de protocole portant sur la création d´une société de partenariat.
Ce dernier permettra d’accomplir les différentes phases du projet d´interconnexion électrique relié à une centrale électrique, mis à leur disposition pour examen et éventuellement la signature avec la partie algérienne. Les études de faisabilité pour les deux câbles électriques sont terminées, a-t-il dit, avant d´en conclure que la phase de réalisation a commencé. Concernant les sociétés devant constituer ce consortium, M.Khelil a expliqué que des entreprises algérienne, espagnole et italienne vont collaborer ensemble comme cela a déjà été fait pour le Medgaz (projet second gazoduc Algérie-Espagne), a-t-il dit. Notons qu’à travers le Medgaz, l’Algérie fournira à l’Espagne 4 milliards de m3 en 2007, date d´entrée en service du gazoduc.
Par ailleurs, la coopération dans ce domaine s’est traduite par l’inauguration en mars 2004 d’une usine de production de gaz propylène à Tarragone (côte nord-est de l’Espagne), d’une capacité de 220.000 tonnes par an. Pour le ministre, les partenaires algériens qui s´impliqueront dans ces projets sont ceux avec lesquels les compagnies européennes ont toujours coopéré, en l´occurrence Sonatrach, Sonelgaz et Algerian Energy Company (AEC). Soulignant qu´il ne pouvait pas devancer les partenaires concernés sur la question du financement, le ministre devait évoquer tout de même la possibilité d´un démarrage avec un financement à 40% du côté algérien (Sonatrach, Sonelgaz et AEC) et 60% pour les autres partenaires.
De son côté, le PDG de Sonelgaz, M.Nouredine Bouterfa, a indiqué qu´il existait une intention bien réelle d´instituer une complémentarité dans les relations d´échanges énergétiques commerciaux entre les pays du Maghreb et ceux du Sud de l´Europe. En effet, l’Algérie, l’un des principaux fournisseurs de gaz naturel de l’Europe, consciente des profonds bouleversements visant le secteur de l’électricité et du gaz en Europe, ne pouvait rester en marge de ces transformations.
Ces dernières sont basées sur la volonté de constituer un marché unique de
l’énergie où cette dernière pourrait circuler librement et faire l’objet
de transactions commerciales dans le cadre d’une saine concurrence.
La caractéristique de ces projets est qu’à travers une interconnexion électrique
directe Algérie-Europe, les unités de production d’électricité implantées
en Algérie et destinées à l’exportation sont de facto des éléments du
système d’approvisionnement électrique de l’Europe.
Ces projets qui renforceront la sécurité d’alimentation européenne en énergie ont également la caractéristique d’être intégrés au réseau de transport européen et de participer ainsi aux sollicitations du marché.
Fatiha AMALOU
Le Soir d’Algérie 13 novembre 2005
Exportation de l'électricité vers l'Espagne et l'Italie
Chakib Khelil présente deux projets d’interconnexion sous-marine
Une rencontre internationale présidée par le Ministre de l’Énergie et des Mines, le Dr Chakib Khelil, et à laquelle ont pris part notamment le secrétaire d’État auprès du ministère italien des Activités productives, le président de l’Autorité italienne pour l’électricité et le gaz ainsi que les ambassadeurs d’Italie et d’Espagne, a été ouverte hier à l’hôtel Hilton à Alger.
L’objectif de cette rencontre était de présenter aux opérateurs algériens et étrangers les deux projets industriels d’interconnexion électrique sous-marines entre l’Algérie et la Sardaigne (Italie) et l’Algérie et l’Espagne. “Nous voulons susciter l’intérêt de partenaires étrangers en vue de mettre en place des sociétés de partenariat pour l’étude, la conception, la construction, l’exploitation et le financement de ces projets d’interconnexion couplés à des centrales électriques”, a déclaré le Dr Chakib Khelil pour qui la conférence d’hier constitue “la première phase” pour la réalisation de ces deux projets classés “prioritaires” par la Commission européenne et qui “renforceront la sécurité énergétique de l’Europe par l’introduction de nouvelles sources énergétiques issues des pays dotés d’un grand potentiel”.
Le ministre de l’Énergie et des Mines a également soutenu que “ces câbles peuvent éventuellement être exploités pour l’importation de l’électricité. Sans donner plus de détails sur le coût de ces deux investissements et le début effectif de leur concrétisation, le ministre de l’Énergie et des Mines a indiqué que “la participation étrangère dans le capital du consortium qui sera mis en place pour la concrétisation de ces deux projets sera à hauteur de 60%.
Les 40% restants seront détenus par la Sonelgaz, AEC et Sonatrach”. A titre de rappel, les deux projets intégrés centrales et câbles électriques (Algérie-Espagne, Algérie- Italie) ont fait l’objet d’une étude de faisabilité menée par Sonelgaz et Algerian Energie Company (AEC).
Ces études ont démontré la rentabilité et l’intérêt économique et stratégique de ces câbles électriques reliant les deux continents. L’Algérie propose pour leur réalisation une approche basée sur les principes de la commercialité et du partenariat économique et industriel avec les compagnies énergétiques comme cela a été fait pour le projet du gazoduc Algérie-Espagne (Medgaz et le gazoduc Algérie-Italie via l’île de Sardaigne (Galsi). En termes de chiffres, l’Algérie dispose actuellement de capacités électriques installées de 6750 Megawatt. Le nombre de clients pour l’électricité atteint les 5,3 millions.
Celui du gaz avoisine les 1,8 million. Le potentiel gazier de l’Algérie comprend 16 gisements en production dont le plus important se situe à Hassi R’mel. La production annuelle en gaz s’élève à 150 milliards de m3 alors que le volume des exportations en gaz tourne autour de 65 milliards de m3 dont la moitié sous forme de GNL.
Lotfi Mérad
La Nouvelle République 13 novembre 2005
l'Événement: Français et Algériens prônent l’équilibre et le respect des intérêts communs Un comité de suivi stratégique
La visite du ministre français de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, Thierry Breton, à Alger, a été couronnée par la conclusion de plusieurs accords dont le plus important est la création d’un comité de suivi stratégique. Ce comité qui devra compter en son sein des représentants gouvernementaux des deux pays veillera au suivi de l’application des engagements pris.
Selon le premier jet formulé, ce comité se réunira au moins deux fois par an dont une fois au niveau des ministres. Appui aux exports hors hydrocarbures L’Agence française de développement (AFD) apportera, par ailleurs, son soutien et son expertise à la promotion des exportations hors hydrocarbures de l’Algérie. Deux autres partenariats relevant de la mise à niveau de l’administration économique algérienne concluent le voyage de Thierry Breton. Il s’agit de l’assistance française pour achever le cadastre national, ainsi que partenariat entre l’Ecole nationale des impôts et la direction des impôts française.
Ce dernier accord ouvre les portes aux actuels et futurs gestionnaires de la fiscalité nationale d’acquérir des compétences auprès des cadres français. Le ministre français de l’Économie a, également, abordé l’apport de son pays dans la modernisation du secteur financier algérien. Les dirigeants des grandes banques de l’Hexagone ayant fait partie de la délégation ministérielle affichent, selon les propos de Breton, un intérêt pour l’Algérie. Sur ce point, il ne manquera pas de se féliciter de l’autorisation octroyée à la banque Cetelem pour lancer ses activités en Algérie. Le passage du stade des échanges commerciaux vers les échanges économiques est un élément nouveau dans le langage entre les deux nations.
En effet, les deux gouvernements insistent sur cet aspect. D’après Breton, une partie des discussions a porté sur les moyens à « accélérer les investissements directs français en Algérie». Pour le ministre algérien des Finances, Mourad Medelci, «le fait de compter avec le soutien de l’AFD pour la promotion de nos exportations hors hydrocarbures permettrait au produit algérien de pénétrer le marché français et être en contact avec les PME françaises. Celles-ci, en constatant la qualité du produit, s’intéresseront à l’investissement direct en Algérie». Le responsable algérien conclura ce chapitre en disant que «ce processus aura un effet dynamisant et cumulatif». La dette : vers l’ouverture d’une 2e tranche Une sérieuse option pour l’ouverture d’une seconde tranche au titre de la reconversion de la dette algérienne en investissement est prise.
Les résultats obtenus, quoique gardés secret, sur la première tranche de 61 millions d’Euros encouragent les deux parties à ouvrir une seconde tranche. Le montant sera, selon le ministre français, en fonction des projets concrets que proposerait l’Algérie. Pour l’instant, l’éventualité de cette nouvelle conversion fait partie d’un ensemble de pistes à explorer conjointement, sauf peut-être pour ce qui concerne le dossier de la privatisation. Dans sa réponse, Thierry Breton a laissé apparaître une frilosité des patrons français à reprendre des entreprises publiques économiques. La France est plutôt orientée sur de nouveaux investissements et sur divers créneaux à l’image de l’automobile, la pétrochimie, les médicaments, l’hydraulique et les travaux publics.
C’est au comité de suivi stratégique d’identifier les futurs axes de développement. Le maître mot des deux ministres était la promotion des relations économiques entre les deux pays de manière équilibrée dans le respect des intérêts communs.
M. Zentar