République
Algérienne Démocratique et Populaire
Ministère de l'Énergie et des Mines
Conférence sur les opportunités d’investissement dans le secteur de l’Energie et des Mines
Allocution du Dr Chakib KHELIL Ministre de l'Énergie et des Mines
Oran, 26 novembre 2006
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Commissaire à l’Energie de l’Union Européenne,
Messieurs les Conseillers de la Présidence de la République,
Monsieur le Wali d’Oran,
Excellences, Messieurs les ambassadeurs,
Messieurs les PDG des Agences et des Autorités de régulation,
Monsieur les PDG du Groupe Sonatrach et du Groupe Sonelgaz,
Messieurs les représentants des compagnies étrangères,
Messieurs les secrétaires généraux du syndicat national, Sonatrach et Sonelgaz,
Honorables invités,
Mesdames, et Messieurs,
Je suis particulièrement heureux de procéder à l'ouverture de cette Cinquième conférence stratégique internationale sur les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie et des mines en Algérie.
Je voudrais tout d'abord souhaiter la bienvenue en Algérie à ceux d’entre vous qui se sont déplacés de l'étranger pour cette occasion, et d’adresser mes remerciements à tous les participants pour avoir été si nombreux à manifester leur intérêt pour les opportunités d'investissement qu'offre le secteur de l'énergie et des mines en Algérie.
Je tiens aussi à féliciter les organisateurs d’avoir placé cette troisième édition de la Semaine de l’énergie sous le thème fédérateur « Les Réformes: Stratégies, Opportunités, Innovations ». Ce choix est particulièrement pertinent au regard des sujets qui seront débattus aux cours de ces deux journées sur les opportunités d’investissements. Il traduit la volonté de ses promoteurs de mettre en avant la cohérence et l’importance des retombées positives sur les investissements industriels induites par les mutations en cours grâce aux réformes engagées ces dernières années par le secteur le Secteur de l’Energie et des Mines.
Cette cinquième Conférence sur les opportunités d’investissement sera, comme celles qui l’ont précédée, un carrefour d’échanges multiformes au service de la promotion et du développement économique et technologique de l’industrie des hydrocarbures, de l’énergie électrique et des mines.
Elle constitue d’abord un espace privilégié de rencontres, permettant aux dirigeants et experts des compagnies nationales et internationales d’échanger leurs expériences et de débattre des opportunités économiques et d’investissements directs à la lumière des réformes en cours.
Cette conférence permettra en outre aux sociétés étrangères ayant déjà réalisé des investissements en Algérie de partager leurs expériences et aux nouvelles sociétés en quête de projets de s’informer sur les opportunités d’investissement qu’offre l’édifice institutionnel du secteur de l’énergie en Algérie.
Mesdames, Messieurs,
Le secteur de l'énergie et des mines sur lequel seront focalisés les différentes communications et les débats de ces deux premières journées, a parachevé son nouvel édifice institutionnel par la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures et de l’ordonnance qui l’a complété.
Cette nouvelle législation sur les hydrocarbures associée à celles qui l’ont précédée pour le secteur des mines et le secteur de l’électricité et de la distribution publique du gaz, nous ont permis de doter notre département ministériel de nouveaux cadres juridiques et institutionnels de nature à lui impulser une nouvelle dynamique qui donne déjà des résultats très satisfaisants.
La promulgation de ces lois a été accompagnée, par la mise en place d’Agences et d’Autorités de régulation qui sont les pièces maitresses de ce nouvel édifice institutionnel. Il s’agit:
Pour le secteur minier: de l’Agence Nationale pour le Patrimoine Minier (ANPM), et de l’Agence Nationale de Géologie et du Contrôle Minier (ANGCM).
Pour le secteur de l’électricité: de la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG).
Pour le secteur des Hydrocarbures: de l’Agence Nationale pour la Valorisation des Ressources en Hydrocarbures (ALNAFT), et de l’Autorité de Régulation des Hydrocarbures (ARH).
Les missions, l’organisation et les objectifs de ces agences vous seront présentés par leurs présidents respectifs dans la première session de cette journée.
Je voudrais simplement rappeler que ces nouvelles dispositions ont pour objectif de restituer à l'Etat son rôle de propriétaire du domaine minier, de promoteur des investissements, de régulateur des monopoles naturels et de protecteur de l'intérêt public.
Sur un plan plus général nos efforts sont orientés actuellement vers la levée des dernières contraintes ou les blocages qui entravent encore la dynamique économique de notre pays pour favoriser l’investissement dans quelque secteur que ce soit et améliorer l’efficience de nos entreprises.
Ces nouvelles dispositions ouvrent la voie à la concurrence loyale et à la libre participation des opérateurs privés à notre politique de développement.
Le partenariat alliant l’investissement national aux investissements directs étrangers (IDE) est un facteur déterminant de notre stratégie de croissance qui commence déjà à porter ses fruits en matière d’investissements productifs en particulier.
C’est ainsi que l’investissement industriel toutes branches confondues a atteint en 2005 un montant de 6,5 milliards de dollars concernant plus de 2250 projets. Dans ce total les IDE représentent 84 grands projets dont près de la moitié est réalisée en partenariat. Les IDE, hors hydrocarbures, atteindront cette année 3 milliards de dollars ce qui place l’Algérie au 8ème rang en Afrique. Ces résultats en progression constante se répartissent pour plus de 50% en investissements industriels, 22% pour le B.T.P. et l’hydraulique et 20% pour les services fournis aux entreprises.
Le nouveau Code de l’investissement a été réaménagé, de son coté, pour rendre ses dispositions plus attractives encore. Des mesures très favorables peuvent être accordées désormais à tous les investissements dont l’apport est conforme à nos priorités économiques et industrielles. De nouvelles mesures ont été introduites enfin pour alléger les procédures administratives afin de raccourcir les délais nécessaires à la concrétisation des projets.
Mesdames, Messieurs
La série de mesures engagées ces dernières années pour la modernisation et l’ouverture du secteur de l’énergie et des mines a donné des résultats très appréciables et unanimement reconnus. Ce processus se poursuit en se renforçant dans la branche des hydrocarbures (pétrole et gaz), ainsi que dans les branches de l’électricité et des les mines
Nous avons ouvert un champ de coopération nouveau et particulièrement incitatif qui élargit le domaine des investissements dans toutes ces branches.
Le partenariat avec les sociétés internationales a été et reste un levier décisif dans ce formidable développement. Il s'est enrichi et diversifié notablement au cours de ces dernières années, encouragé notamment par la mise en œuvre de méthodes et procédures marquées du sceau de la transparence et de l'équité. Ainsi plusieurs projets en partenariat ont été lancés notamment dans l’aval pétrolier.
L’Algérie n’entend pas se cantonner en effet dans un simple rôle de pourvoyeur d’énergie primaire. Elle a décidé de créer sur place à partir de ses ressources naturelles le maximum de valeur ajoutée. Les formules de partenariat recherchées sont destinées à capter des bénéfices sur toute la chaine de valeur dans le cadre du principe du gagnant – gagnant (Win-Win).
Un important programme, diversifié et cohérent, intégrant l’ensemble de la chaine pétrolière d’amont en aval, avec des projets de taille mondiale est engagé par le groupe SONATRACH.
Je ne voudrais pas m’étendre sur le bilan des projets engagés et à venir. Les détails les concernant vous seront livrés au cours des différentes communications. Je m’arrêterai à l’énoncé de quelques grands projets, parmi lesquels :
Le segment des activités aval est particulièrement ciblé dans ce processus d’intégration locale et internationale, dans le raffinage, le GNL, le Gas to liquid(GTL), la pétrochimie, les gaz industriels, les fertilisants, les résines synthétiques, la production d’électricité, le dessalement d’eau de mer (grâce à la disponibilité du gaz naturel); etc. Je voudrais signaler à titre d’exemple que dix appels d’offres environ, ont été lancés pour des projets en partenariat dans le domaine de la pétrochimie, de la gazochimie et des engrais, une raffinerie de brut d’une capacité de 15 millions de tonnes par an est aussi prévue en partenariat à Tiaret ainsi qu’une aluminerie dans la nouvelle zone industrielle de Béni Saf.
Trois grands projets structurants à caractère régional et intercontinental s’ajoutent à cette panoplie avec le gazoduc Medgaz qui va relier par voie sous-marine l’Algérie à l’Espagne et le gazoduc Galsi qui reliera l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne. L’entrée en service du Medgaz, d’une capacité initiale de 8 à 10 milliards /m3 de gaz se fera au début 2009. Le Galsi d’une capacité à peu très équivalente sera mis en service un peu plus tard. Ces deux ouvrages structurants seront complétés chacun par la pose de lignes de communications en fibre optique, et de câbles pour le transport d’électricité produite en Algérie et destiné au marché européen.
Le projet du Trans-Saharan Gaz Pipe-Line (TSGP) reliant le Nigéria à la côte méditerranéenne (Béni-Saf), via le Niger, va compléter ces deux gazoducs pour fournir du gaz nigérian à l’Europe grâce à son interconnexion au réseau gazier Algérien.
Ce gazoduc conçu dans l’esprit du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique(NEPAD), à l’initiative du Nigéria et de l’Algérie, fournira du gaz à l’Europe à partir de 2015 à un moment où ce continent ressent la forte nécessité de diversifier et de sécuriser ses approvisionnements énergétiques.
La réalisation de ce projet est combinée avec le parachèvement de la route transsaharienne Alger-Lagos et la pose d’une ligne en fibre optique reliant le Nigéria à l’Algérie afin de tirer profit des économies d’échelles dans l’exécution des travaux.
Confiée à un cabinet international indépendant l’étude de faisabilité achevée en septembre 2006 démontre la viabilité technico-économique de ce projet d’une longueur de 4310Km et d’une capacité de transport de 20 à 30 milliards de m3 de gaz par an et d’un coût estimé à 10 milliards/$. Les conclusions de cette étude sur la rentabilité financière dégagent des profits prévisionnels attractifs qui vont au-delà des marges traditionnelles en vigueur dans ce type de projet.
Tous les éléments pertinents sont maintenant réunis pour mobiliser les fonds nécessaires. Un appel est lancé à la communauté internationale (Etats, compagnies publiques et privées, banques d’affaires, etc.) pour la réalisation de ce projet.
Dans le domaine de l’électricité: la première centrale électrique d’une capacité de 825 Mégawatt réalisée en partenariat avec une société étrangère, a commencé sa production cette année à Skikda. Une autre, d’une capacité de 1200 MW sera implantée à Cherchell. Elle sera, elle aussi, réalisée et exploitée avec des partenaires étrangers disposant d’une participation majoritaire dans ce projet.
Dans le domaine du dessalement de l’eau de mer: une douzaine de projets décidés par l’Etat ont fait l’objet d’appels d’offres par l’Algerian Energy Company (AEC) en vue de leur réalisation en partenariat, offrant ainsi à l’Algérie une capacité de production d’eau dessalée de plus de 2 millions de m3 par jour. Le financement de ces projets sera réalisé en «Project finance»
Dans le domaine des mines: depuis la promulgation de la loi sur les mines un accroissement substantiel du nombre de titres miniers octroyés a été enregistré. Le nombre de titres et autorisations d’exploitation octroyés a doublé depuis l’année 2000 pour atteindre plus de 2000 titres miniers en vigueur, en 2006, et permettant au secteur privé d’atteindre près de 70 % des exploitations minières en activités en Algérie.
Ce nouvel essor de l’activité minière a engendré depuis la promulgation de la loi minière la création de près de 26 000 emplois.
De nouveaux partenaires étrangers ont investi dans le secteur minier algérien avec des prises de participation majoritaires, à l’exemple du consortium australien GMA pour le développement des gisements d’Or de Tirek-Amesmessa, de Mittal steel pour l’exploitation des mines de fer de Ouenza Boukhadra, et de ACC pour l’exploitation des substances minérales pour la production du ciment, de Maghreb Minerals pour l’exploration de l’Or de Tan Chaffao au Hoggar, de Terramine (Australie) dans le développent du gisement de zinc –plomb de Oued Amizour localise à Bejaia.
Si l’Algérie est un pays gazier et pétrolier elle recèle aussi d’un important «gisement solaire» et de gisements d’uranium potentiellement porteurs.
La génération électrique à partir du nucléaire est une option qui fait partie de nos projections à long terme en association avec d’autres besoins à usage civil.
Les options énergétiques à partir des énergies renouvelables et du nucléaire font partie de notre politique énergétique. Une centrale électrique hybride gaz-solaire de 150 MW sera réalisée à Hassi R’Mel par notre entreprise NEAL «New Energy Algeria» avec un partenaire espagnol. Un appel d’offres international a été aussi lancé pour la réalisation à Tindouf d’une centrale de 10 MW dont 6 MW en éolien.
Toutes ces opportunités d’investissement en cours de réalisation ou en projet sont favorisées par un environnement législatif et fiscal très attrayant et seront développées durant ces deux journées où les débats, j’en suis sûr, seront très riches.
Pour tous les projets que je viens de citer la contribution des sociétés étrangères est souhaitée. Cette participation peut prendre la forme d’I.D.E ou de partenariats, notamment de joint-ventures privé-privé ou publique-privé, formes que nous encourageons particulièrement.
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais une fois de plus adresser mes félicitations à toutes celles et à tous ceux qui ont contribué à la remarquable organisation de cette 3ème édition de la Semaine de l’Energie en Algérie.
Je souhaite plein succès aux travaux de cette conférence et vous remercie de votre attention.
Le Ministre de l'Energie et des Mines
Chakib Khelil