10ème Conférence Méditerranéenne sur le Gaz Naturel.

Allocution de Monsieur Mohamed Meziane, Président Directeur Général de SONATRACH

Mardi 30 Septembre 2003

 

 

Monsieur le Ministre,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Il m’est particulièrement agréable d e vous souhaiter à mon tour la bienvenue à l’occasion de cette 10ème Overview Gas Mediteranean Conference placée sous l’égide du Ministère Algérien de l’Energie et des Mines.

Je suis heureux de voir se tenir dans notre pays des rencontres comme celle-ci qui donnent l’occasion aux experts et managers de notre industrie d’échanger leurs réflexions et leurs expériences.

Depuis trois ans, colloques, expositions et séminaires consacrés aux questions de l’Energie se succèdent et nous avons eu le plaisir, avec l’appui du Ministère de l’Energie et des Mines, de contribuer à leur tenue et au succès de leurs travaux.

Votre Conférence se devait donc d’avoir lieu à son tour à Alger. Comme vous le savez l’Algérie est le 5ème producteur et le quatrième exportateur mondial de gaz naturel (2002).

Il faut également souligner le rôle de pionnier joué par l’Algérie dans le développement de l’industrie du GNL depuis 1964 qui fait d’elle actuellement le deuxième exportateur mondial de GNL.

Elle dispose d’importantes ressources en gaz naturel non entamées, avec un domaine minier gaz prospectif et largement sous exploré ; et deux tiers des recettes d’exportation d’hydrocarbures proviennent du gaz naturel si l’on y ajoute le Condensat et les GPL extraits du gaz humide.

 

Mesdames, Messieurs,

Dans le bilan énergétique mondial le Gaz Naturel joue un rôle de plus en plus important.

Ainsi, depuis le début des années soixante-dix, la consommation mondiale de Gaz Naturel a plus que doublé, passant de 1000 milliards de m3 en 1970 à plus de 2500 milliards de m3 en 2002. La part du GNL dans le commerce international du Gaz Naturel a été multipliée par plus de 5, passant de 5% en 1970 à plus de 25% en 2000. Les échanges mondiaux de gaz naturel ont décuplés, passant de 42 milliards de m3 en 1970 à 456 milliards de m3 en 2000.

 

Mesdames, Messieurs,

Cette Conférence se tient aussi à un moment particulier où, sous l’effet notamment d’une croissance durable de la demande gazière se confirment davantage les tendances vers un changement qualificatif de la configuration du marché gazier mondial.

En effet, l’industrie du gaz est aujourd’hui en pleine mutation. Le GNL qui, à l’origine était voué à compléter les livraisons de gaz par pipe, est en train de devenir progressivement un moyen d’arbitrer entre plusieurs marchés ou bien devrait-on dire plutôt, entre plusieurs segments différenciés d’un marché qui tend à s’unifier en se globalisant.

De fait, nous nous trouvons à la croisée des chemins entre la régionalisation et la globalisation des marchés du gaz naturel. Même si la part du commerce inter-régional du gaz naturel reste encore très faible (6%) comparativement à celle du commerce intra-régional (94%), il n’en demeure pas moins que beaucoup de nouveaux projets gaziers ont un caractère trans-continental.

Dans cette nouvelle configuration, nous continuons tout de même à penser que la Méditerranée est appelée à jouer un rôle central pour deux raisons. La première est liée à sa position géostratégique qui fait d’elle un carrefour privilégié pour le développement de l’industrie du GNL. La deuxième est que cette région est en pleine phase d’intégration énergétique grâce aux nouvelles routes gazières comme Medgaz, Galsi, Blue Stream, Green Stream, mais aussi grâce à la convergence gaz-électricité en Europe.

En fait, toutes les routes gazières d’Afrique du Nord, du Moyen Orient, de l’Europe de l’Est, de la Caspienne et de l’Europe du Nord convergent vers la Méditerranée. Certains pourraient même dire que la Méditerranée est la " route de la soie " pour le gaz naturel, une route que nous voulons aussi continuer à prolonger au delà de l’Atlantique, sur un marché que nous connaissons depuis trente ans.

Sur le plan de l’organisation de l’industrie, les choses ne manquent pas non plus d’évoluer. Traditionnellement fondée sur le modèle de la chaîne verticalement intégrée, l’industrie du gaz expérimente des formes nouvelles d’organisation fondées sur la séparation de toutes les activités traditionnelles de la chaîne gazière.

Des alliances stratégiques se nouent tant en Amont qu’en Aval de la chaîne gazière.

 

Mesdames, Messieurs,

Sonatrach, assurément ne reste pas en marge de ces évolutions. Pour être en phase avec la nouvelle dynamique de la demande mondiale de gaz naturel, et compte tenu du niveau de ses réserves gazières et des perspectives sérieuses de leur augmentation, Sonatrach s’est fixée comme objectif d’exporter 85 milliards de m3 de gaz à l’horizon 2010.

Le développement des champs du Sud de l’Algérie devrait fournir les quantités de gaz additionnelles requises par cet objectif stratégique.

Le nouveau train de liquéfaction d’Arzew, Medgaz, Galsi et l’extension des pipes transcontinentaux Duran Farrel et Enrico Matteï devraient, quant à eux, fournir l’infrastructure nécessaire à l’acheminement du gaz.

L’autre axe de notre stratégie c’est l’élargissement de notre base de réserve en international et nous avons commencé à le faire avec notre participation au projet Camisea au Pérou où nous sommes maintenant présents dans l’Amont et dans l’Aval.

Nous développons également notre participation dans les terminaux de regazification et accroissons nos capacités de transport maritime du gaz.

Nous voulons être présents sur nos marchés et devenir un acteur énergétique intégré jusqu’à la production et au commerce international de l’électricité.

Nous avons dans le cadre de tous ces développements fait le choix du partenariat et nous partageons quelques uns de nos grands succès avec de nombreux partenaires industriels et commerciaux dont beaucoup sont présents à cette Conférence et que je salue.

Notre association avec les compagnies internationales s’est en effet fondée sur la confiance et l’intérêt mutuels en vue de réaliser en commun des projets techniquement viables et économiquement rentables.

Dans l’Amont pétro-gazier, l’exemple le plus connu est le remarquable développement du Bassin de Berkine, mais il y a aussi les développements en cours de nouveaux Bassins sédimentaires à fort potentiel gazier, situés au Sud Ouest du pays comme l’Ahnet, Sbâa ou Reggane. Et il y a naturellement les méga-projets comme In-Salah, In-Aménas, Ohanet qui commencent à livrer leur premier gaz. Je citerai également le projet de développement intégré du gisement gazier de Gassi-Touil qui continue de susciter l’intérêt de ombreux partenaires anciens et nouveaux.

Dans le transport par canalisations les deux projets de liaison directe de l’Algérie avec l’Europe, le Medgaz avec l’Espagne et le Galsi avec l’Italie que Sonatrach a lancé connaissent des avancements appréciables grâce à une coopération multilatérale fructueuse des nombreuses sociétés internationales associées.

Vous aurez au cours de cette Conférence à prendre connaissance dans le détail et à en débattre, si vous le souhaitez et comme nous l’espérons, des réalisations et des perspectives de notre Groupe que MM. les Vice-Présidents de Sonatrach auront, sans doute, à cœur de vous présenter.

 

Mesdames, Messieurs,

Avec le programme et les thèmes de cette Conférence et avec la qualité des intervenants, il ne fait donc aucun doute que ces deux journées de travaux vont être très enrichissantes.

Je vous souhaite donc plein succès et vous remercie pour votre aimable attention.