REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

 

MINISTERE DE L'ENERGIE ET DES MINES

 

 

 Discours de S.E.M. Chakib KHELIL

Ministre de l’Energie et des Mines, Algérie

 

2ème Conférence des Ministres de l'Énergie d'Afrique et d'Amérique latine (AFROLAC)

 

Cérémonie Inaugurale du 2  Avril 2008

 Cancun (Mexique)

 

 

 

SEM Monsieur le Président,

Excellences

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Messieurs les Ambassadeurs,

Messieurs les Responsables et Représentants des Organisations Internationales et Régionales,
Mesdames, Messieurs,

 

C’est pour moi un honneur et un privilège de prendre la parole à l’occasion de cette 2ème Conférence des Ministres en charge de l’Energie d’Afrique et d’Amérique Latine et Caraïbes.

 

Permettez-moi d’adresser au nom de SEM Abdelaziz BOUTEFLIKA, Président de la République Algérienne Démocratique et Populaire mes vifs remerciements à SEM Felipe Calderon Hinojosa, Président du Mexique et aux autorités mexicaines pour avoir accepté d’abriter cette importante Conférence et par la même saisir l’occasion de les féliciter pour la qualité de la préparation qui entoure cette manifestation à Cancun.

 

Qu’il me soit également permis d’exprimer mes remerciements à toutes celles et tous ceux qui nous ont rejoint d’Afrique et d’Amérique latine et Caraïbes  pour participer à cette importante Conférence. 

 

Cela démontre, si besoin est, que les efforts soutenus et qui ont abouti à l’organisation de la première rencontre de l’AFROLAC à Alger en février 2004 et celle de Cancun en Avril 2008 n’auront pas été vains et qu’il existe une réelle volonté en Afrique comme en Amérique Latine et Caraïbes de donner une impulsion nouvelle aux relations entre nos deux régions géographiques.

 

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis heureux de rappeler que lors de la 1ère édition AFROLAC qui a eu lieu en Février 2004, à Alger nous nous sommes fixés de nombreux objectifs. Nous voulions établir des passerelles nécessaires pour assurer les transferts d’expertise, de compétences et d’expériences, nous voulions faire de l’AFROLAC un cadre d’action efficace au service de l’intégration énergétique et de la coopération intercontinentale.

 

Parmi les défis prioritaires, celui de la sécurité de l’énergie est indéniablement le plus important.

 

Nos pays sont largement concernés par les graves déficits en termes d’accès aux énergies commerciales et aux autres ressources vitales pour le développement socioéconomique.

 

La dépendance énergétique de certains pays nous incite à diversifier nos sources d’approvisionnement mais aussi à consommer mieux, c’est à dire plus efficacement.

 

Aussi, j’introduirai volontiers cette session consacrée aux « Enjeux et Opportunités de l’Énergie en Afrique, Amérique Latine et les Caraïbes : Ouvrant l’accès à l’Énergie et la Sécurité Énergétique », en rappelant les défis qui se posent à nos pays et qui pourraient susciter des pistes de réflexion et d’analyse pour la suite de nos travaux.

 

L'autre défi à relever est celui de la formation et de la qualification des ressources humaines qui se situe en amont de tous les problèmes de développement. Cette question touche au plus haut point le secteur de l’énergie en raison de la grande technicité qu’il requiert.

 

Il est de la plus haute importance que cette question soit abordée de manière réaliste et ordonnée pour apporter une contribution utile à la maîtrise du développement des hydrocarbures par nos pays grâce à la qualification de nos ressources humaines.

  

La dégradation de l’environnement qui est l’une des conséquences directes de l’utilisation de l’énergie constitue également une préoccupation majeure et nous considérons que la lutte contre ce phénomène représente un défi collectif.

 

L’Algérie a été à l’origine de la création de la société multinationale de lutte contre la pollution marine par les hydrocarbures et nous nous réjouissons des échos très favorables qu’elle a reçu tant en Afrique que dans le reste du monde.

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Malgré l’existence de similitudes et de complémentarités entre l’Afrique et l’Amérique latine, les échanges et la coopération dans le domaine énergétique restent  très faibles au regard des possibilités et du potentiel énergétique  dont dispose chacun des deux continents.

 

En Afrique comme en Amérique Latine, il y a une prise de conscience croissante de l’importance du rôle que doit jouer l’énergie en faveur de la croissance économique et du développement socio-économique.

 

Cette prise de conscience doit s’accompagner d’efforts pour organiser la mobilisation des potentialités énergétiques et la coopération entre les secteurs énergétiques en faveur du développement à différentes échelles, nationale,  régionale et intercontinentale.

 

Cette rencontre, première de son genre à l’échelle de l’Afrique et de l’Amérique Latine, constitue un cadre approprié pour jeter les bases  d’une large coopération dans le domaine de l’énergie à la mesure du potentiel énergétique considérable dont sont dotés chacun des deux espaces continentaux. 

 

Il s’agira d’abord d’engager le débat sur la situation énergétique en Afrique et en Amérique Latine pour mettre en relief les similitudes et les complémentarités et identifier les principaux défis.

Une attention particulière sera nécessairement  accordée aux questions d’intégration énergétique régionale et à celle, cruciale,  du financement du développement du secteur énergétique. La question liée aux transferts et échanges technologiques est également déterminante pour l’accroissement du  potentiel énergétique et l’optimisation de son utilisation.

L’une des tâches que s’assigne la Conférence est de mettre en lumière les atouts et d’initier le débat sur les possibilités, les voies et les moyens de les faire valoir dans une perspective de développement durable.

 

Les débats de cette Conférence devront  se concentrer sur l’identification des principaux créneaux porteurs d’opportunités de coopération, en particulier, ceux qui offrent d’emblée aux entreprises des pays des deux régions des possibilités de capitalisation de leur expérience, de leur savoir-faire et de fructification de leurs capitaux.

 

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

 

Pour l’Algérie, la coopération énergétique est une réalité tangible qui se renforce de manière constante aussi bien au niveau bilatéral avec différents pays africains qu’au niveau régional et intercontinental.

  

Nous ne ménagerons aucun effort en vue de l’accélération du processus d’intégration énergétique régionale et intercontinentale. Nous disposons aujourd’hui d’une grande expérience dans la promotion des projets énergétiques à l’étranger que ce soit dans les pays émergents, particulièrement en Afrique et en Amérique latine, ou dans d’autres pays industrialisés.

 

La prise de participation de la SONATRACH dans le développement d’un gisement pétrolier et gazier au Pérou témoigne de notre volonté de promouvoir la coopération Sud-Sud et confirme les aptitudes de notre compagnie pétrolière à s’associer avec d’autres opérateurs dans des régions éloignées, en prenant les risques calculés nécessaires et être ainsi présente auprès de nos partenaires du Sud.

 

Nous avons également engagé des projets de grande envergure qui vont favoriser non seulement l’intégration énergétique des pays africains, mais raccorder aussi, par des liaisons fixes, notre continent au continent européen.

 

Le premier projet concerne le gazoduc transsaharien (T.S.G.P) qui va du Nigeria à la côte algérienne.

 

Ce gazoduc permettra d’alimenter sur son passage les populations d’autres pays du Sahel comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Par ses effets induits, ce projet va contribuer aussi à la protection de l’environnement par l’élimination des gaz torchés qui polluent l’atmosphère et en réduisant l’utilisation du bois de chauffage, source de déforestation.

 

Excellences

Mesdames et Messieurs,

 

Les similitudes et les complémentarités qui existent entre nos deux régions géographiques donnent tout son sens à l'initiative AFROLAC.

 

Cet ensemble novateur, qui regroupe nos deux continents constitue sans aucun doute un excellent cadre de concertation, de dialogue et d'initiative pour répondre collectivement aux défis partagés de la sécurité énergétique, la formation de la ressource humaine, la préservation de l’environnement et bien d’autres défis aussi importants à relever.

 

La Commission Africaine de l’Energie « AFREC » dont le siège se trouve à Alger, et l’Organisation Latino-américaine de l’Energie « OLADE » sont les outils de promotion de cette coopération entre les deux continents.

 

Ces organisations régionales constituent un atout majeur dans notre objectif d’élargissement et de renforcement de la coopération.

 

L’Algérie a célébré, le 17 Février 2008 à Alger, avec l’Union Africaine et l’ensemble des pays africains le lancement officiel de la Commission Africaine de l’Energie, AFREC.

 

A travers la mise en place de l'AFREC, dont les objectifs sont similaires à ceux de l'OLADE, l'Afrique se dote d'un instrument efficace capable de promouvoir la coopération énergétique à l'échelle du continent, et de cristalliser ainsi les efforts d'intégration énergétique régionale et interrégionale.

 

L’expérience riche de plusieurs décennies de l’OLADE s’annonce très profitable aux pays africains qui rencontrent souvent les mêmes problèmes et les mêmes difficultés que les pays latino-américains.

 

L'échange d'expériences peut s’étendre aux domaines du management, de la restructuration des secteurs énergétiques, de la formation et de l'expertise technique. La réalisation de projets communs et d'investissements croisés entre nos deux continents me semble d'un apport certain afin de concrétiser notre coopération.

 

Excellences

Mesdames et Messieurs

 

La présente Conférence sera, j’en suis sûr, une occasion idéale pour définir les bases nécessaires d’une coopération large et efficace dans le domaine de l’énergie, à la mesure des objectifs de la Déclaration du Millénaire et des attentes de nos populations.

 

En tant que pays africain, membre de l’Organisation Latino-américaine de l’Energie « OLADE », l'Algérie ne ménagera aucun effort pour promouvoir la recherche et la mise en œuvre de nouvelles formules de partenariat entre nos deux régions.

 

Avant de terminer, je voudrais réitérer aux Autorités Mexicaines, et particulièrement à SEM le Président, Madame la Ministre Georgina KESSEL et à tous les responsables ici présents, notre profonde gratitude pour l’hospitalité et la qualité de la préparation de cet important évènement. 

 

Je vous remercie pour votre aimable attention.