36ème Conférence des Ministres de l'Énergie des Pays Membres de l'OLADE
Allocution du Dr Chakib KHELIL Ministre de l'Énergie et des Mines
Présentée par SEM Mohammed KHELLADI Ambassadeur d'Algérie au Venezuela
Quito, le 28 octobre 2005
Votre
Excellence, Monsieur le Président
Excellences,
Mesdames,
Messieurs,
Avant de commencer, je souhaiterai vous dire à quel point je suis heureux de représenter le Docteur Chakib Khelil, Ministre algérien de l’énergie et des mines, qui n’a pu se libérer d’un calendrier chargé pour assister à cette importante réunion du Conseil des Ministres de l’OLADE.
Il m’a chargé de vous transmettre ses remerciements et ses meilleurs vœux de succès des travaux de ce 36ème rendez – vous du Conseil des Ministres de notre Organisation.
L’occasion particulière qui m’est offerte de m’adresser à vous me permet de mettre en exergue les réformes que nous menons dans l’industrie énergétique algérienne.
Comme vous le savez, l’énergie, principalement les hydrocarbures, est durablement installée au cœur du jeu économique planétaire. Les acteurs énergétiques eux-mêmes devront impérativement muer pour s’adapter au changement en tirant avantage de leur place stratégique dans l’économie mondiale et participer davantage encore au progrès de l’humanité.
Les problèmes d’intégration énergétique et ceux qui sont intimement liés aux réformes des systèmes énergétiques sont plus que jamais d’actualité et méritent d’être au cœur des travaux de notre réunion ministérielle d’aujourd’hui.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes particulièrement honorés d’intervenir dans la présente session consacrée à la problématique, plus que jamais d’actualité, d’intégration énergétique régionale.
Les questions de réformes et de modernisation du secteur énergétique, d’intégration régionale et de développement durable sont intimement liées.
Cette problématique a une importance stratégique non seulement pour les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, mais aussi pour l’ensemble africain auquel l’Algérie appartient.
La finalité de la mise en place de cadres régionaux tels que l’OLADE, l’AFREC ou le Forum Euro - Méditerranéen de l’Énergie doit d’ailleurs être reliée aux enjeux et aux défis auxquels se rattache cette problématique dans les régions concernées.
L’adhésion de l’Algérie à l’OLADE et l’émergence d’AFROLAC en tant que cadre intercontinental de coopération favorisent les synergies en vue de mobiliser les potentiels énergétiques considérables dont disposent nos ensembles régionaux au service du développement durable.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
J’entends, si vous le permettez, focaliser mon intervention sur le développement des réformes du secteur de l’énergie et des mines dans le cadre de la nouvelle politique énergétique de mon pays.
Dans le contexte global des mutations de la scène énergétique mondiale, cette nouvelle politique énergétique est résolument orientée vers les objectifs de compétitivité et de développement durable du secteur.
Trois lois ont été récemment adoptées par le Parlement algérien, l’une relative aux mines adoptée en juin 2001, la deuxième relative à l’électricité et à la distribution publique du gaz adoptée en février 2002 et enfin celle relative aux hydrocarbures promulguée cette année. La nouvelle loi sur les mines œuvre à la relance des activités minières. La promotion du domaine minier et la régulation de ses activités sont désormais confiées à des agences indépendantes nouvellement créées.
La mise en œuvre de cette nouvelle loi minière a permis une redynamisation progressive des activités et a favorisé un afflux remarquable des capitaux privés au sein de la branche.
La loi sur l’électricité et la distribution publique du gaz s’inscrit, quant à elle, dans le sillage du mouvement international de libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz. Elle vise une plus grande efficience, une réduction des coûts et une significative amélioration de la qualité de service dans les industries concernées à travers une refonte radicale de leur organisation.
Le nouveau cadre législatif et réglementaire met fin au monopole détenu auparavant par l’entreprise nationale Sonelgaz.
Une autorité de régulation indépendante dénommée « CREG » a été créée, dans la perspective de la mise en place d’un marché compétitif de l'électricité et du gaz.
L’édifice institutionnel du Secteur a été parachevé par l’adoption de la loi sur les hydrocarbures. Celle – ci ouvre une phase nouvelle dans la dynamique de développement du Secteur.
La nouvelle Loi sur les Hydrocarbures, promulguée en 2005, couvre l’ensemble des activités de la chaîne pétrolière et gazière.
Cette nouvelle loi libère l’entreprise SONATRACH des missions de puissance publique et lui permet de se consacrer exclusivement à sa vocation d’opérateur économique créateur de richesses.
Deux agences indépendantes, ALNAFT et l’ ARH ont été créées. Ces agences ont la charge de promouvoir le domaine minier national, de récupérer au profit de l’État la rente pétrolière et gazière et de réguler, dans la sphère des hydrocarbures, le marché et les activités de monopoles naturels.
Les missions dévolues aux agences consacrent la nouvelle répartition des rôles entre l’État et les entreprises du secteur. Celles-ci désengage l’État des activités économiques et lui restituent ses prérogatives de contrôle et de régulateur en tant que propriétaire du domaine minier, promoteur des investissements et protecteur de l’intérêt public.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
A travers la mise en oeuvre de sa nouvelle politique énergétique, l'Algérie a remarquablement consolidé, durant ces cinq dernières années, son action en faveur de la promotion et du développement des échanges énergétiques régionaux.
La stratégie algérienne de développement accorde une place privilégiée à l’énergie en tant que levier fondamental de l’intégration régionale à l’échelle du Maghreb, de l’aire euro - méditerranéenne et du continent africain.
La
mise en oeuvre de cette stratégie s'appuie sur deux axes fondamentaux et
convergents :
Celui de la réalisation des réformes profondes du secteur de l’énergie orientées vers l’ouverture et l’adaptation aux exigences de la mondialisation,
Celui de la réalisation, en partenariat, de grands projets énergétiques d'intérêt commun au niveau régional et dont la concrétisation est jugée déterminante pour assurer l'intégration, une croissance économique durable et le développement socio-économique des populations de la région.
Les efforts entrepris par l’Algérie pour s’adapter aux défis de la mondialisation sont largement reflétés au plan de ses engagements internationaux.
A titre d’illustration, l’Algérie a signé, en avril 2002, un accord d’association avec l’Union Européenne.
Il s’inscrit dans la perspective de création d’une vaste zone de libre échange autour du Bassin Méditerranéen à l’horizon 2010.
Cet
accord marque pour l’Algérie une étape importante dans le long
processus d'intégration de son économie à l’ensemble régional euro
– méditerranéen.
Les
réformes engagées dans le secteur de l’énergie œuvrent à sa pleine
adaptation à ce processus en termes de réactivité et de compétitivité.
L’Algérie a, par ailleurs, engagé un long processus de négociation de son adhésion à l’OMC.
Ces négociations sont entrées aujourd’hui dans leur phase finale. Elles visent à ouvrir, pour notre pays, de nouvelles perspectives en termes d’organisation et de redéploiement de sa coopération internationale dans le domaine économique et commercial.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Pour mettre en œuvre avec succès sa stratégie au service de l’intégration régionale, dans sa triple dimension maghrébine, euro - méditerranéenne et africaine, l’Algérie dispose d’atouts tel que sa situation géographique, son important potentiel d’hydrocarbures prospectif et largement inexploré, ses importantes infrastructures énergétiques ou encore l’expérience capitalisée par ses cadres dans le sillage du développement énergétique de ces dernières décennies.
C’est ainsi que l'Algérie qui a joué un rôle de pionnier dans l'industrie du gaz apparaît aujourd’hui comme l’un des acteurs majeurs de la scène gazière mondiale. Elle est en outre l’un des trois principaux fournisseurs de gaz naturel de l’Europe aux cotés de la Russie et de la Norvège.
L’action de l’Algérie en faveur des réformes, de l’intégration énergétique et du développement durable se manifeste également à l’échelle du Continent Africain. L’Algérie est en effet l’un des promoteurs du NEPAD « Nouvelle Initiative pour le Développement Durable en Afrique ».
Dans cette perspective, l’Algérie contribue à « l’Initiative Energie et Infrastructures du NEPAD » qui vise à offrir des services énergétiques modernes au profit des larges franges de la population africaine.
En outre, nous sommes convaincus, à l’instar des pays africains, que les changements qui s’opèrent sur la scène énergétique imposent à nos pays une coopération et une concertation permanente.
Cette conviction s’est traduite, comme vous le savez, par la création de la Commission Africaine de l’Energie « AFREC ». L’Algérie, en sa qualité de Président en exercice et pays hôte du Siège de la Commission, ne ménage aucun effort pour soutenir et encourager cette jeune organisation dans la concrétisation de ses objectifs.
Bien entendu, il ne s’agit que d’un bref aperçu de l’expérience algérienne en termes de réformes et d’intégration énergétique régionale.
Cette expérience s’intègre dans une stratégie globale de coopération internationale. Dans ce cadre, la prise de participation de SONATRACH au projet Camisea du Pérou, symbolise la volonté des entreprises énergétiques algériennes de s’adapter aux mutations de la scène énergétique mondiale.
Il s’agit aussi de suggérer aux pays membres de l’OLADE, à travers notre intervention, l’existence d’un potentiel varié d’opportunités de coopération inter – régionales à la lumière des mutations profondes qui affectent aujourd’hui les scènes énergétiques euro – méditerranéenne et africaine.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
L’Algérie, en tant que pays participant à l’OLADE et promoteur de la Conférence AFROLAC, a le devoir de veiller à ce que les opérateurs énergétiques des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes participent pleinement à ce processus de coopération énergétique entre nos deux régions. La déclaration d’Alger approuvée en février 2004 par la première Conférence Afrique - Amérique latine et Caraïbes constitue un cadre institutionnel approprié pour la promotion de la coopération énergétique Sud – Sud.
Le Mexique se prépare à accueillir au début du mois de novembre 2006 la Seconde rencontre entre les Ministres de l’Énergie d’Afrique et d’Amérique latine & Caraïbes et consolidera, nous en sommes sûr, les perspectives ouvertes par la déclaration d’Alger.
A cet effet, l’Algérie est honorée de contribuer au côté du Mexique, à la préparation de cette seconde édition AFROLAC.
Je
voudrais enfin renouveler nos vœux pour la poursuite de l’essor de l’OLADE
et sa consolidation en tant que cadre de référence au service du développement
de ses pays membres.
Je
vous remercie