Je
remercie Monsieur Mohamed EL-OUAHDOUDI de m’avoir invité à cette quatrième
édition de la Convention France – Maghreb. Et c’est avec un grand plaisir
que je me retrouve parmi vous aujourd’hui.
Ma
participation à vos travaux consacre une tradition déjà longue et souligne
l’importance accordée par l’Algérie à cet événement comme instrument
privilégié dans le renforcement du partenariat algéro-français et la
promotion, en particulier, de l’investissement direct en Algérie, par des opérateurs
français ou résidents en France.
Cette
4ème Convention France – Maghreb atteste également des louables efforts déployés
par ses organisateurs pour concrétiser leurs objectifs dans la mise en place
d’une stratégie de promotion des mouvements d’affaires entre nos pays et
dont les premiers résultats sont très prometteurs.
Je
ne peux que vous renouveler mes encouragements à persévérer dans cette voie,
étant convaincu que les perspectives de développement des différents domaines
d’activités en Algérie offrent un large éventail d’opportunités de
coopération qui vont élargir encore votre champ d’intervention.
La participation de représentants du Gouvernement Algérien aux travaux de la Convention France Maghreb devient une tradition . Cela démontre un ’esprit de continuité et de persévérance de la part des animateurs de la Convention et en même temps en vue de concrétiser les missions et objectifs de cette dernière. Cela illustre en même temps l’importance réelle que l’Algérie accorde à votre organisation comme instrument de la promotion du partenariat économique algéro-français et comme aiguillon de l’investissement direct français en Algérie sans egard pour l’origine des investisseurs concernés.
L’année
2005 représente incontestablement un tournant décisif pour les relations algéro-françaises
à la faveur du Traité d’amitié que nos deux gouvernements s’apprêtent à
conclure et dont l’objectif majeur porte sur la refondation de nos relations
de partenariat dans le cadre d’une coopération stratégique globale et
durable.
Cette initiative qui va dans le sens de l’instauration d’un
« partenariat économique d’exception » découle de la Déclaration
d’Alger du 2 mars 2003 adoptée par les Présidents Jacques Chirac et
Abdelaziz Bouteflika.
Je tiens à rappeler à ce sujet la détermination exprimée,
durant les visites de Monsieur le Président Jacques Chirac en Algérie en mars
2003 et en avril 2004, par les Chefs d’États de nos deux pays à mettre en
place les instruments nécessaires à la consolidation de nos relations sous
toutes leurs formes.
C’est à cette fin que les Ministres des finances, français et
algérien, ont adopté en juillet 2004 à Alger un « Aide-mémoire sur
le partenariat pour la croissance et le développement ». Ce document
résulte de la conviction partagée qu’il est de l’intérêt de nos deux
pays de tirer un meilleur profit de notre complémentarité économique en
multipliant et en renforçant les intérêts mutuels de nos opérateurs grâce
à des accords de partenariat et d’investissements directs notamment.
Vos objectifs devront s’inscrire naturellement dans l’esprit de
cette volonté politique qui aura des retombées nécessairement bénéfiques
sur la coopération algéro-française en général et sur les initiatives de la
Convention France – Maghreb, en particulier pour peu que votre organisation réunisse
les conditions nécessaires à la consolidation de son rôle et à l’élargissement
de ses perspectives en termes de programmes d’action concrets.
Le partenariat stratégique engagé entre la France et l’Algérie
représente par ailleurs un catalyseur déterminant pour concrétiser
l’objectif central du processus de Barcelone, dont le dixième anniversaire
sera célébré cette année, et qui a pour ambition de faire du Bassin Méditerranéen
une zone de prospérité partagée, stable et solidaire. Nous sommes convaincus
que ce dixième anniversaire nous offrira l’occasion de réfléchir en commun
sur les voies et moyens à promouvoir pour la relance de ce processus afin de le
doter de l’efficacité qui lui fait encore défaut.
Je tiens à rappeler également nos convergences de vues exprimées,
par exemple, au sein de l’enceinte des Nations Unies sur la guerre en Irak,
sur la paix au Moyen –Orient, ou à propos des propositions exprimées par la
France lors de plusieurs rencontres internationales, dont celles du G8, consacrées
au NEPAD.
L’Algérie qui figure parmi les initiateurs du NEPAD, aux côtés
d’autres pays africains ne cesse de rappeler à la communauté internationale
les vastes créneaux d’investissements et de partenariat qu’offre cette
initiative de développement du continent africain dans des secteurs aussi
divers et porteurs, que l’eau, l’agroalimentaire, les services, les
infrastructures et l’énergie.
Pour ce dernier secteur je citerais le cas du gazoduc Nigeria –
Algérie – Europe (NIGAL). Ce grand projet structurant destiné à alimenter
l’Europe en gaz naturel grâce à son interconnexion au réseau gazier algérien,
s’inscrit dans une optique de développement durable, de préservation de
l’environnement et de sécurité énergétique de l’Europe en particulier.
Les études de faisabilité de ce projet sont en phase finale. Sa réalisation
ne concerne pas que les grandes entreprises de travaux puisqu’elle induira,
comme toujours en pareil cas, de nombreuses retombées de sous-traitance à
confier à des PME locales et étrangères. Les apports et les montages
financiers nécessaires à sa réalisation sont ouverts. Du fait de son
importance et de son impact stratégique le financement d’un tel projet
s’adresse aussi bien aux États qu’aux institutions publiques et privées,
financières, industrielles et commerciales.
Je voudrais ajouter, dans le même cadre d’idées, la réalisation
d’une autre gazoduc (MEDGAZ), encouragée par la Commission Européenne, qui
reliera directement l’Algérie à l’Espagne, par voie sous-marine, et dont
les retombées économiques sont aussi importantes que celui que je viens de
citer. Un consortium de 7 sociétés dont la Sonatrach pour l’Algérie, GDF et
TOTAL-FINA-ELF pour la France a mené à bien les études de faisabilité de ce
projet. Les travaux de réalisation de ce gazoduc démarreront cette année pour
s’achever en 2007.
Ces deux exemples, donnés à titre d’illustration, indiquent ce
que nos deux pays peuvent entreprendre ensemble au-delà de leurs relations
bilatérales. Ceci étant, celà ne veut pas dire que nos relations économiques
ne doivent porter que sur de grands projets. Qui peut le plus peut le moins
comme dit l’adage. Et tout le monde peut trouver sa place dans les
innombrables chantiers ouverts en Algérie.
Toutes les conditions sont réunies aujourd’hui pour asseoir avec
succès un partenariat durable et mutuellement profitable entre l’Algérie et
la France en tirant profit de la riche expérience de leurs relations marquées
par l’histoire, la géographie et la culture, et par la volonté d’une
action commune dans l’espace Euro-Méditerranéen et sur le continent africain
en particulier.
Les rapprochements et les convergences de vues entre l’Algérie
et la France ne sont pas le produit d’un simple concours de circonstances.
Cette volonté de refondation de nos relations, à travers la mise en place
d’un partenariat stratégique durable, ne correspond pas non plus à un
sentiment purement conjoncturel.
Ces relations s’appuient en réalité, d’abord sur des intérêts
partagés et un destin commun à nos deux peuples forgés de longue date par
l’histoire, la culture, et l’appartenance à une même zone géographique.
C’est au nom de ces principes que nous devons consolider nos relations économiques
pour les hisser au niveau de la qualité de nos relations politiques. Le
partenariat et les investissements directs jouent un rôle essentiel dans ce
domaine.
Nos complémentarités économiques nous invitent, en effet, à créer
les synergies nécessaires pour que nos opérateurs respectifs s’associent
dans le développement d’opérations conjointes, à la mesure de nos moyens,
non seulement en Algérie mais sur l’espace Euro-Méditerranéen, en Afrique,
au Proche-Orient ou ailleurs.
Mesdames et Messieurs,
Les profondes mutations de l’économie mondiale et celles qui
leur sont intimement liées sur le plan géopolitique, ont eu a pour corollaire
un mouvement généralisé de libéralisation économique. Les maître-mots de
cette mutation du paysage économique mondial sont la transparence,
l’ouverture, la concurrence et l’efficacité.
Pour se protéger à la fois des effets pervers de la
globalisation, en raison de leur vulnérabilité et pour mieux s’intégrer à
l’économie mondiale, les pays émergents doivent s’adapter en restructurant
et en modernisant leurs économies et leurs institutions afin de faire face à
la compétitivité internationale.
L’Algérie, en ce qui la concerne, a engagé avec détermination
un processus de réformes globales dicté par la nécessité d’adaptation aux
exigences du processus de mondialisation et aux changements profonds qui
affectent les relations internationales dans leur sens le plus large.
Ces réformes ont été notamment stimulées par l’entrée en
vigueur de l’Accord d’association avec l’Union Européenne, l’adhésion
prochaine de l’Algérie à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC),
qu’elle espère rejoindre dans les plus brefs délais possibles, et à la
participation de notre pays à d’autres zones régionales de libre-échange.
Le parachèvement de ces réformes constitue une priorité majeure
du Gouvernement qui continuera à agir dans plusieurs directions complémentaires
:
§
Renforcer
la transparence en vue d’une meilleure visibilité dans le processus de développement
;
§
Améliorer
l’environnement général de l’investissement : les nouvelles
dispositions du Code des investissements offre un cadre normatif très favorable
à la promotion de l’investissement ;
§
Moderniser
le système financier : la révision récente de la loi sur la Monnaie et le Crédit
constitue un apport majeur à la conduite et au succès de la réforme en cours
du système financier ;
§
Accroître
l’efficience du rôle économique de l’État.
La participation du capital étranger au développement de l’Algérie
est un choix irréversible et clairement établi dans le Programme du
Gouvernement.
Les progrès accomplis dans les sphères institutionnelle et économique
sont tangibles tant par les performances macro-économiques enregistrées durant
ces cinq dernières années, et que tout le monde connaît maintenant, que par
le comportement des investisseurs étrangers encouragés par le climat des
affaires, de plus en plus favorable, en Algérie.
Ces progrès sont confortés par les rapports des institutions
internationales tels que le FMI, la Banque Mondiale ou l’OCDE dont les
analyses attestent des nouvelles réalités de l’Algérie.
Plusieurs agences de cotation dans les assurances du commerce extérieur
viennent rectifier dans un sens favorable du « risque-pays »
de l’Algérie en le faisant passer du niveau 4 au niveau 3 pour 2005 (sur une
échelle de 7 niveaux).
Dans le cadre de ces réformes, le Gouvernement algérien poursuit
et intensifie le processus de libéralisation pour parvenir à une économie
plus transparente, ouverte et plus compétitive. Cette politique économique qui
donne déjà des résultats très encourageants sera poursuivie avec persévérance
pour soutenir la croissance économique et résorber le chômage et la pauvreté.
Ces efforts ont été orientés en particulier vers la promotion
d’une administration publique plus efficace, régie par les principes de la
bonne gouvernance, une amélioration effective de la législation, pour la
rendre plus cohérente et plus visible.
Nous sommes décidés à sortir du cercle vicieux de la
mono-exportation pour parvenir à une économie plus diversifiée. C’est à
cette fin et pour préparer l’avenir des générations qui vont nous succéder
que l'Algérie mène ses reformes pour se diriger vers une économie de marché
dynamique et régulée afin que le secteur privé soit le moteur de la
croissance. L’État conservera évidemment toutes ses prérogatives pour
veiller à la protection de l’intérêt public et assurer ses fonctions
d’incitation à l’investissement.
Mais il n’y a pas de génération spontanée en économie. Des
phases de transition sont toujours nécessaires pour passer d’une situation à
une autre. Celà est d’autant plus nécessaire que le processus de réformes
que nous poursuivons est global.
En ce moment, nous poursuivons des reformes dans les secteurs de l'éducation,
de la justice, dans l'économie et au niveau des institutions étatiques, qui
vont permettre à ce que la période de transition puisse développer le secteur
privé, l'économie de marché, la concurrence, pour améliorer l'efficacité et
diversifier l'économie afin qu'elle dépende moins du pétrole. Les
hydrocarbures ont actuellement un impact dominant sur le taux de croissance avec
une part prépondérante dans la formation du PIB (38,5%), la fiscalité (plus
de 60%) et dans le budget de l’État.
Cet objectif nécessitera certes beaucoup d’efforts, surtout pour
un pays dépendant du pétrole. Mais il est possible à réaliser et nous sommes
décidés à le faire.
Toujours est-il que cette période offre une fenêtre
d’opportunités exceptionnelle à tous ceux qui d’une manière ou d’une
autre, qu’ils soient privés ou institutionnels, veulent être présents parmi
nous en Algérie dans ce vaste mouvement de redressement national.
Mesdames et Messieurs,
D’année en année l’économie algérienne se consolide et se
diversifie grâce à un programme cohérent et graduel.
Permettez-moi de vous illustrer par quelques chiffres les
performances exceptionnelles réalisées durant l’année qui vient de s’écouler.
En 2004, les recettes exportations se situent à plus de 31
Milliards de dollars. Le niveau des réserves de change est de plus de 38
Milliards de dollars. La croissance du PIB qui est estimée à plus de 6% en
2004, sera maintenue selon nos objectifs au-dessus de ce chiffre au cours des
prochaines années.
Je voudrais enfin vous donner quelques indications sur les derniers
développements du processus de privatisation en cours qui illustrent la volonté
du Gouvernement algérien d’accélérer ce processus qui constitue autant
d’opportunités pour les investisseurs.
A fin 2004 le Gouvernement a lancé une offre de privatisation sur
l’ensemble des entités économiques constituant le secteur public hormis un
nombre limité d’entreprises considérées comme stratégiques, à savoir la
Sonatrach, la Sonelgaz, la SNTF et le Groupe de presse et communication. Les années
2005 et 2006 seront capitales pour le processus de privatisation.
La valeur marchande de cette offre est estimée à prés de 800
Milliards de DA et concerne un ensemble de plus de 900 entreprises publiques.
Depuis le lancement de cette opération, plus de 600 manifestations
d’intérêt ont été recensées en faveur de plus de 300 entreprises
publiques à privatiser. Prés de la moitié de ces manifestations d’intérêt
ont été exprimées par des investisseurs algériens, 37% par des investisseurs
étrangers et 14% par des travailleurs salariés. Différents secteurs
d’activité sont concernés tels que l’agroalimentaire ; le BTP ; la
construction mécanique et électrique ; les services ; les activités
manufacturières.
Ces quelques éléments chiffrés que je viens de vous présenter
donnent, je pense, un aperçu rassurant sur le climat des affaires en Algérie
qui confirme l’image que j’avais déjà tracée lors des précédentes
manifestations de la Convention France – Maghreb.
Mesdames, Messieurs,
Le MEDEF conduira une délégation de chefs d’entreprises en Algérie
dans la première quinzaine du mois de février. Cette visite permettra aux
investisseurs français de mieux s’imprégner encore des évolutions en cours
et des opportunités d’affaires à saisir.
J’espère que ces nouvelles rencontres offriront l’occasion
d’une redynamisation des flux d’investissements directs et de partenariat en
provenance de la France vers l’Algérie pour les mettre enfin à la hauteur de
l’attente de nos deux gouvernements.
Je suis convaincu que la Convention France – Maghreb occupera
toute la place qu’elle mérite parmi les relais opérationnels chargés de la
concrétisation de cette attente.
Je vous remercie de votre attention et souhaite un plein succès à
vos travaux.