République Algérienne Démocratique et Populaire
 Ministère de l'Énergie et des Mines 

 

Brainstorming Sur la promotion du gaz Naturel Carburant

Alger, 2 Avril 2007

Allocution d’Ouverture

 

Mesdames et Messieurs,

Permettez- moi de vous souhaiter la bienvenue, et de vous exprimer mon appréciation de l’intérêt que vous porter au thème de notre rencontre.

La diversité de l’audience, où sont représentés tous les acteurs concernés, me rassure quant aux niveau et qualité des débats et conclusions de cette rencontre. Elle permet aussi, d’envisager avec optimisme, l’avenir de la filière en Algérie, dont le développement s’inscrit dans la durée.

La promotion de l’utilisation du gaz naturel carburant, thème de ce brainstorming, pose de multiples défis mais offre aussi des perspectives aux effets grandement positifs, qui conforte notre volonté à développer ce marché de gaz.

Mesdames et Messieurs,      

Le développement de l’utilisation du gaz naturel comme carburant automobile est devenu, à mon sens, un impératif pour les pouvoirs publics, et cela au regard de certaines réalités nationales. Ces réalités laissent apparaitre plusieurs atouts et défis.

 Parmi les atouts du gaz naturel, je citerai :

 1-  Des ressources, en Algérie, plus importantes que pour les autres formes d’énergie.

2- Un réseau de transport et de distribution dense, qui met ce produit à la disposition de l’usager, dans la quasi-totalité des villes et agglomérations du pays.

 3- Une utilisation directe de ce produit « naturel », sans besoin de transformation, par contraste à d’autres produits alternatifs, qui nécessitent des investissements couteux de transformation, de transport et de mise à disposition de l’automobiliste.

 4- Des qualités intrinsèques reconnues du gaz, notamment en matière de protection de l’environnement et de la santé.

L’utilisation du gaz naturel comme carburant, permettra de valoriser ses externalités positives, dans le secteur des transports.

Parmi les contraintes, ou défis, je citerai notamment celles-ci :

 1.  La forte croissance de la consommation de gas-oil influe de manière significative sur la balance des paiements du pays. En premier, ce rythme de consommation nécessite des investissements couteux en moyens de raffinage et cela, afin d’éviter le recours à l’importation. Aux besoins d’investissements sus cités, s’ajoute l’impact sur la balance commerciale, induite par la baisse des revenus d’exportation de ce produit.

2.   Le niveau de consommation de produits pétroliers se traduit déjà, par des conséquences graves en matière d’environnement et santé, accentuées par la forte urbanisation du pays et le taux élevé de congestion de la circulation.

Ainsi, le développement du gaz naturel comme carburant pour véhicules, permettra d’atteindre le double objectif de valoriser des atouts tout en apportant une réponse durable aux défis sus cités.

Au delà, le développement du GNC se traduira par la création d’emplois au niveau de la distribution, mais aussi au niveau des services d’équipement de véhicules et cela, avec l’introduction d’une technologie nouvelle en Algérie.

C’est pourquoi, j’ai qualifié d’impératif de concrétiser ce développement, qui s’inscrit dans les choix fondamentaux du pays en matière de politique énergétique dans son volet consommation, soit la promotion de l’utilisation des énergies les plus disponibles et les plus vertueuses en matière d’environnement et de santé.

Mesdames et Messieurs,

L’utilisation du gaz naturel comme carburant n’est pas nouvelle. Plusieurs pays ont en développé l’usage, y compris des pays qui sont importateurs nets de ce produit. La technologie est aujourd’hui avérée et toute une industrie liée à cette filière s’est développée à travers le monde.

En Algérie même, et je suis heureux de le dire, des avancées concrètes ont été réalisées dans l’expérimentation de l’usage de ce produit, mais aussi avec la mise en place du cadre réglementaire, préalable à tout développement de cette activité.

Les présentations, qui vous seront faites ce matin, feront le point sur l’expérience du pays dans ce domaine. Les documents qui vous sont distribués donnent le détail de la réglementation édictée à ce jour.

Dans ce cadre, permettez-moi de signaler que l’expérience de Sonelgaz nous permettra de tirer des enseignements très utiles.

Au plan réglementaire également, la publication de deux décrets et celle de sept arrêtés interministériels, constitue une base pour le lancement de cette activité.

Aujourd’hui, il nous appartient de passer à une phase industrielle, qui commande, elle aussi, de cibler les actions prioritaires à concrétiser à moyen terme.

Le passage à un usage du gaz naturel carburant à l’échelle industrielle, nous impose d’établir un programme national de développement du GNC, avec des objectifs à moyen et long termes. Les travaux de ce brainstorming devraient permettre la consolidation de la réflexion en cours au niveau du secteur, qui servira de base à l’élaboration de ce programme.

A cette fin, je vous soumets quelques suggestions à discuter, dans les ateliers de ce brainstorming :

1. Circonscrire de manière réaliste, le marché potentiel du GNC, avec une évaluation de l’ampleur des retombées positives sur l’économie nationale, si besoin avec un « benchmarking » avec des pays ayant suffisamment développé l’usage de ce gaz ;

2. Identifier les contraintes à lever, avec les voies et moyens pour y parvenir.

Ces contraintes sont à décliner par nature, soit économique (soutien à l’investissement, attractivité du prix du carburant…) soit technologique (filières pour bus, véhicule collectifs à privilégier) ou autre (sécurité, perception du citoyen…).

Il s’agira aussi de clarifier les responsabilités dans la levée de telles contraintes, soit au niveau de l’Etat (Autorités de régulations, établissements publics et services du ministère de l’énergie, gouvernement et parlement…) mais aussi l’industrie, (banques, entreprises) et la société civile (association, presse…).

3. Emettre des propositions relatives aux moyens de mise en œuvre (aspects institutionnels, pérennité du soutien de l’Etat…).

4. Identifier les marchés prioritaires ; c’est à dire les flottes de véhicules à convertir ou à remplacer par des véhicules au GNC, avec l’objectif de réalisation à moyen terme (2007 – 2011).

 Mesdames et Messieurs,

 La promotion de l’utilisation du gaz naturel comme carburant, fut inscrite depuis fort longtemps dans la politique du secteur, comme une des alternatives de diversification de la consommation d’énergie dans le secteur des transports.

Cependant, pour des raisons essentiellement en dehors des compétences du ministère de l’énergie, et aussi, au vu de l’histoire économique récente du pays, il n’a pas été possible de concrétiser ce potentiel d’utilisation.

Par contraste, les conditions d’aujourd’hui nous imposent une obligation de résultats et ce, à court et moyen termes.

En effet, ces conditions sont reflétées dans la situation macro économique du pays, une pression plus forte au vu de la contrainte sur le raffinage et même une plus grande prise de conscience du consommateur des effets sur l’environnement et la santé.

A cela, s’ajoute  l’évolution du contexte international illustré par les accords relatifs aux changements climatiques et qui offrent des opportunités de promouvoir l’utilisation du gaz.

Aussi, je reste optimiste quant aux conclusions de vos travaux et déclare ouvert ce brainstorming.

Merci pour votre attention.

Le Ministre de l’Energie et des Mines

Dr CHAKIB KHELIL