Intervention de Monsieur
Chakib KHELIL
Ministre de lEnergie et des Mines
A loccasion de la bipartite Gouvernement UGTA
Alger 4 et 5 Septembre 2003
Monsieur le Chef du Gouvernement,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire Général de lUGTA,
Messieurs les Secrétaires Nationaux des Fédérations,
Mesdames, Messieurs,
Le Secteur de lEnergie et des Mines est en plein essor. Il a enregistré ces dernières années une croissance continue et multiforme dans les activités minières, celles de l'électricité et du gaz, et dans celles des hydrocarbures.
Ces progrès sont perceptibles aussi bien dans le domaine de la création de richesses, que dans celui du renforcement des moyens législatifs et financiers de lEtat que dans la prise en compte des besoins en énergie et des exigences nouvelles de nos concitoyens et de notre société.
Ils résultent fondamentalement de la détermination et de l'esprit de suite qui ont prévalu dans la mise en uvre des réformes inscrites dans les Programmes successifs du Gouvernement qui ont traduit en objectifs sectoriels le Programme sur lequel a été élu le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika.
Lorganisation de cette bipartite moffre lopportunité de dresser un rapide bilan de la stratégie poursuivie dans le secteur de lénergie et des mines.
A la lumière de ce qui va suivre on comprendra aisément pourquoi ce bilan est encourageant. Ces résultats nont été rendus possibles que grâce à la détermination, au dévouement et à la compétence des femmes et des hommes du secteur, auxquels je tiens à rendre hommage.
Deux nouvelles lois ont été promulguées dans ce cadre, celle de l'électricité et celle des mines qui s'appliquent déjà sur le terrain avec des résultats financiers, économiques et sociaux très concrets et des impacts positifs parfois insoupçonnés.
Le domaine des hydrocarbures qui a connu ces trois dernières années une très nette amélioration de son efficience et qui sadapte progressivement au nouveau paysage énergétique mondial contribue en moyenne pour 41% au produit intérieur brut du pays, pour 97% à ses recettes extérieures et pour 77% aux recettes budgétaires de LEtat.
Les nouvelles orientations impulsées au secteur apparaissent dautant plus pertinentes que, pour longtemps encore, le secteur de lénergie et des mines demeurera un facteur vital de sécurisation des revenus de lEtat et donc des citoyens, et continuera dêtre sollicité pour accroître la richesse nationale.
Laspect le plus marquant de la nouvelle stratégie énergétique et minière réside dans la place quy occupent le partenariat et la coopération internationale quelle intègre dans la double perspective des réformes économiques engagées par notre pays, à la mise en uvre desquelles sattelle le Gouvernement, et de linsertion avantageuse de lAlgérie dans les nouvelles réalités économiques mondiales. Il va sans dire que cette nouvelle politique concilie les préoccupations de souveraineté nationale sur le domaine minier avec lobjectif de développer les moyens nécessaires à sa mise en valeur et daméliorer les performance de ces moyens.
Il est impératif de restituer à lEtat ce qui lui revient mais aussi de renforcer le rôle qui est le sien. LEtat est responsable de la politique économique du pays et garant du respect des lois et règlements. LEtat est propriétaire du domaine minier, il est le facilitateur des investissements et le protecteur de lintérêt public. Mais cest aux entreprises quincombe le rôle daccroître la richesse nationale dans le cadre des lois et règlements en vigueur.
Lobjectif est daccroître et de rendre moins aléatoires les revenus de lEtat grâce à lefficience du secteur, lapport dinvestissements nouveaux, au développement et à la diversification des activités industrielles et des exportations. Ainsi, pour les cinq prochaines années, le volume dinvestissements du secteur sera de lordre de 30 milliards de dollars dont 23 Milliards pour la Sonatrach. Ce niveau dinvestissement navait jamais était égalé dans notre pays. Ces investissements se feront sans puiser dans les réserves du Trésor public, et sans demander la garantie de lEtat.
En ce qui concerne les revenus rapportés par le secteur, ils ont été de 11 milliards de $US par an en moyenne, entre 1997 et 1999, et de 19 milliards $US en moyenne par an entre 2000 et 2002, soulignant ainsi la croissance soutenue et multiforme du secteur.
Pour le 1er semestre 2003, les recettes ont été de 12 milliards de $US, ce qui laisse augurer, avec les prix du pétrole actuel sur le marché international, un niveau qui pourrait atteindre 24 milliards de $US pour lannée 2003.
Pour ce qui concerne lemploi au sein du secteur de lEnergie et des Mines celui-ci na pas cessé dévoluer vers la hausse au cours de ces trois dernières années en enregistrant une croissance moyenne annuelle de 3% passant de 182993 emplois directs en 2000 à 192400 en 2002. Au cours de la même période la masse salariale est passée de 74.3 milliards de DA en 2000 à 91.2 milliards de DA en 2002, soit une croissance de 12%. Cette augmentation est à relier à laugmentation des salaires de base, des indemnités et des primes.
La nouvelle dynamique de lamont pétrolier
Lexploration et le développement de nos réserves occupent une position clé dans la nouvelle stratégie énergétique et minière.
En dépit de ses potentialités très prometteuses notre territoire reste encore sous exploré avec 8 puits/10.000 Km2, alors que la moyenne mondiale est de 100 puits/10.000 Km2, et de 500 puits/10.000 Km2 au TEXAS. Même sil a remarquablement progressé au cours de ces deux dernières années le nombre d'opérateurs reste encore limité à une trentaine de compagnies dans notre pays alors que ce nombre est, à titre d'exemple, de 80 en Colombie dont les potentialités géologiques sont pourtant moindres que les nôtres.
Dun autre côté nos réserves gazières développées ont pratiquement toutes fait l'objet de contrats d'exportation jusqu'aux horizons 2015/2020. Il savère donc nécessaire de développer les réserves existantes et d'en découvrir de nouvelles pour tirer profit, à temps, des nouvelles opportunités offertes en particulier par le marché européen qui s'ouvre et se libéralise et par le marché américain qui procure des prix attractifs, tout en garantissant la couverture des besoins du marché national.
Mais les travaux d'exploration et de mise en valeur des gisements exigent la mobilisation de moyens financiers et techniques importants dans un contexte mondial très concurrentiel où, encore une fois, les investisseurs, objets de sollicitations innombrables, n'ont que l'embarras du choix.
Dans ce contexte incontournable qui s'impose à tous il est urgent et indispensable pour nous dadapter nos moyens et nos méthodes de travail pour attirer des capitaux frais et des technologies nouvelles indispensables tout à la fois à :
C'est parce qu'il joue un rôle central dans notre vie économique et sociale que le secteur des hydrocarbures doit être renforcé afin daccroître encore ses performances à tous les niveaux, d'amont en aval, dans le but d'augmenter nos réserves exploitables, donc nos ressources financières, tout en préparant les conditions de la valorisation de nos produits bruts sur place.
Le secteur pétrolier compte aujourdhui dans le domaine de lexploration une trentaine dopérateurs étrangers. Sur ces 30 compagnies plus de la moitié (17) ont été retenues sur appel à la concurrence au cours de la période 2001-2002. En écartant le gré à gré, ce score a été réalisé grâce à la mise en uvre dune nouvelle procédure dappel doffres en séance publique qui se déroule en deux phases : sélection technique des offres dabord, selon des critères communs, et attribution ensuite du marché, séance tenante, à la proposition économique la plus favorable.
Ce système prémunit contre tout abus et tout passe droit et il démontre chaque jour ses avantages en matière de transparence, déquité et de célérité des transactions. En outre, il stimule lactivité du secteur qui gagne en crédibilité.
Cette nouvelle procédure, qui sapplique maintenant à toutes les branches du secteur de lénergie et des mines, a permis en ce qui concerne lexploration :
Au vu de ces résultats cette méthode dadjudication a été étendue aux autres branches dactivité du secteur (Mines et Electricité) et aux contrats de fournitures déquipements et de prestations de services.
Ces performances exceptionnelles nous ont conduit à lancer un nouvel appel doffres, le 4ème, comprenant 12 blocs dont 2 en offshore (37 compagnies pétrolières ont exprimé un intérêt pour cet appel doffre qui prendra fin en octobre prochain avec la signature des contrats dassociation).
Un autre appel doffre est en cours portant sur le projet intégré gaz de Gassi Touil qui comprend un volet amont et un volet aval avec la construction dune unité GNL : 12 compagnies pétrolières de grande envergure sont en lice dans cette compétition.
Je mentionnerais enfin, le projet de récupération assistée sur le gisement Zarzaïtine dont le contrat à été remporté, suite à lappel doffre, par la société chinoise SINOPEC, dont les investissements sont de 525 millions de $US plus un droit dentrée de 14 millions de $US.
En matière de développement de gisement, dimportants projets ont été finalisés en 2001, 2002 et 2003, tels que HBNS, Ourhoud, HBNET, MLN, alors que dautres sont en cours et aboutiront dans les toutes prochaines années.
La capacité de production dhuile, qui est actuellement de près de 1,3 millions de barils jour, atteindra à lhorizon 2005 1,5 millions barils/jour, ce qui permettra à l'Algérie daugmenter sa production en conséquence.
En ce qui concerne le développement gazier et laugmentation de nos capacités dexportation de gaz, je citerais les projets In-Saleh, In-Amenas et Ohnat, avec un volume annuel de 25 milliards de m3/an, qui nous permettra datteindre notre capacité dexportation de gaz à 85 milliards de m3/an.
Ces résultats sont certes très encourageants mais nous devons veiller à la fois à fidéliser les investisseurs qui travaillent déjà chez nous et à en attirer de nouveaux, dans un climat de forte compétition avec les autres pays producteurs.
Valorisation en aval pour diversifier la production nationale et les exportations
Plusieurs actions et projets denvergure témoignent des perspectives assignées à cette stratégie dans les autres activités principales du Secteur que ce soit dans la sphère des hydrocarbures ou dans celles qui sont stimulées par la convergence gaz électricité. Quelques projets pris parmi tant dautres, et donnés à titre illustration, témoignent de la cohérence et de la rapidité des réalisations du programme engagé au cours de ces trois dernières années.
Le projet dusine dhélium
de Skikda sinscrit dans les perspectives de développement des activités de
laval, perspectives focalisées certes sur lindustrie pétrochimique
particulièrement prometteuse en termes de croissance économique et demplois, mais
aussi sur la valorisation des autres maillons des filières gazières et pétrolières. .
Cette unité sera réalisée avec la société allemande LINDE partenaire actionnaire
majoritaire (51%). Pour la première fois la SONATRACH va commercialiser conjointement,
dans le cadre dune joint-venture, lhélium avec son partenaire étranger.
Produit sensible lhélium est un gaz industriel dont la vente est soumise aux
conditions dun marché très particulier. (industries spatiales, fibres optiques,
etc) Cette réalisation permettra ainsi à la SONATRACH, grâce à cette formule de
partenariat, de sinitier aux arcanes de ce marché tout en récoltant les
plus-values financières qui lui avaient échappées dans le projet Hélios en
exploitation à Arzew. Une autre usine dHélium sera construite à Arzew.
Le contrat de réalisation et dexploitation de la mini-raffinerie dAdrar, attribué par appel doffres à la société chinoise CNODC, fait partie dun projet intégré selon une formule contractuelle novatrice permettant la valorisation de petits gisements de pétrole, qui seraient restés inexploités sans ce projet, et la réalisation dun réseau de distribution de produits pétroliers pour répondre aux besoins du Sud et contribuer au développement régional. Cette réalisation permettra en outre de réduire les coûts de transport des produits pétroliers, livrés au Sud à partir du Nord du pays, supportés actuellement par NAFTAL.
Une raffinerie de condensat, dune capacité de 5 millions de tonnes/an, dont lappel doffres a été lancé en juin dernier, sera implantée à Skikda. Cette unité permettra une plus grande flexibilité à nos produits pétroliers et lamélioration de la qualité de nos distillats (gasoil, kérosène, etc) pour les mettre en conformité avec les normes du marché de lUnion Européenne notamment dont notre pays est lié, je le rappelle, par un Accord dassociation en vue de linstauration dune zone de libre échange.
Des discussions sont engagées parallèlement avec des partenaires de renommée mondiale pour la réalisation dimportants projets pétrochimiques concernant notamment les oléfines et les aromatiques, et qui seront localisés à Skikda. Dans la même foulée il est prévu le lancement avant la fin de cette année dun appel doffres pour la réhabilitation de toutes nos raffineries pour les mettre au niveau des spécificités et standards internationaux requis. Linvestissement nécessaire est estimé à 400 millions de $US.
En ce qui concerne la raffinerie de In-Amenas, à l'arrêt pour des problèmes dinstabilité de sous-sol depuis 1986, il est prévu de relancer un nouvel appel doffres pour sa réhabilitation.
Disposant davantages comparatifs incontestables en la matière lAlgérie ne pouvait que favoriser limplantation de ces filières sur son territoire mais en agissant selon des formules de partenariat nouvelles qui préservent à la fois le Budget de lEtat et instaurent un partage équitable des risques et des bénéfices entre partenaires.
Dans son action en direction de laval le secteur de lénergie sest fortement impliqué aussi dans le dessalement deau de mer afin de desserrer les contraintes pesées par la pénurie deau, particulièrement sur la région oranaise qui verra la réalisation de la première usine de dessalement, dans notre pays, dune capacité de 90.000 m3/jour. Cette unité sera adossée à une centrale électrique dune capacité de 300MW en cours de réalisation à Arzew, sans aucune garantie financière ni de lEtat ni de la SONATRACH.
Cette usine sera réalisée et exploitée sous lentière responsabilité du fournisseur étranger selon une nouvelle formule, avec la société Black and Veach qui participe à 80% du capital.
Dautres usines sont prévues dautre part, lune à Alger dune capacité de 200.000 m3/jour couplée avec la centrale du Hamma déjà mise en appel doffres, et une autre à Skikda dune capacité 100.000 m3/jour et 800 MW, dont le contrat de réalisation a été attribué à SNC Lavalin, qui participe au capital à hauteur de 10% (avec possibilité de passer à 20%).
Ces projets sont menés par lAlgérian Energy Company (A.E.C.) une filiale paritaire de Sonatrach et Sonelgaz, créée en 2000 à la faveur des changements institutionnels dans le secteur de lélectricité, en vue de promouvoir et de développer les synergies liées à la convergence gaz-electricité. Dimportants projets de génération électrique ont été ainsi initiés, en partenariat, dune capacité de 1400 MW, sont en cours de construction : Arzew (330 MW), Skikda (720MW) ; une autre centrale à Fkirina (Aïn el beïda) dune capacité de 330 MW sur fonds propre de Sonelgaz. Une centrale de 1200 MW sera lancée également cette année.
Outre ces projets destinés à la consommation interne, lexportation de lélectricité vers lUnion Européenne est prévue à travers un projet de 2000 MW (dont 1200 MW destinés à lexportation) qui est conditionné par la réalisation dun câble sous-marin reliant l'Algérie à lEspagne et que lUnion Européenne considère comme projet prioritaire.
La nouvelle stratégie énergétique qui ne se limite pas aux énergies fossiles avait appréhendé dans toutes ses dimensions la question des énergies renouvelables à partir de la loi relative à l'électricité et à la distribution du gaz par canalisations promulguée en février 2002.
Le développement des énergies alternatives (de substitution) aux énergies conventionnelles classiques, reste une préoccupation majeure du secteur. L'introduction de ces sources d'énergie dans le bilan énergétiques national vise des objectifs de cohésion socio-économique et des objectifs liés au développement durable. Ces objectifs ont été pris en charge prioritairement par la mise à disposition de services énergétiques aux populations des régions isolées du grand sud algérien et des centres ruraux excentrés.
Des programmes publics ont permis déjà l'électrification par des systèmes photovoltaïques de 20 villages, soit lalimentation de 1000 foyers. Un nouveau programme d'électrification de 16 nouveaux villages du Sud (soit 800 foyers) va connaître un début de réalisation dans les semaines qui viennent. Ceci, indépendamment de multiples applications ponctuelles de l'énergie solaire (pompage de l'eau, balises de signalisation, applications industrielles etc.) qui sont appelées à se généraliser en fonction des besoins. L'énergie solaire est en effet l'énergie renouvelable par excellence dont le potentiel est le plus élevé en Algérie et qui dispose de la technologie la mieux adaptée à léparpillement des besoins des populations des centres isolés.
La conservation des hydrocarbures et les préoccupations de développement durable constituent aussi un objectif important de notre politique énergétique. Cet objectif sera atteint par l'utilisation de sources d'énergies propres et renouvelables que sont l'énergie solaire, éolienne et d'autres comme la géothermie pour la production d'énergie de puissance ou dans des process industriels.
La loi relative à l'électricité et à la distribution du gaz prévoit des mesures incitatives importantes pour la production d'électricité à partir de sources dénergies renouvelables. Il s'agit là dune nouvelle impulsion au développement d'énergies alternatives qui permettra une exploitation massive dans le sud algérien des énergies renouvelables.
à côté des opérateurs déjà présents dans ces filières, une nouvelle société, la société NEAL (New Energie Algeria) a été créée en février 2002. Cette société a pour raison sociale précisément le développement des énergies propres et renouvelables dans toutes leurs applications. Son capital détenu par Sonatrach, Sonelgaz et SIM (société algérienne privée) est ouvert aux sociétés nationales ou étrangères.
Dans la mesure où les opérateurs (publics et privés) dans les filières d'énergies renouvelables manifestent un intérêt et une efficacité économique à la hauteur des ambitions de notre politique énergétique, la contribution des énergies renouvelables dans le bilan énergétique national pourrait être importante à terme.
Le restant du programme de cette nouvelle filiale consiste à promouvoir le BUPRO qui servira aussi bien, sous forme dîlots propanés, à alimenter les régions non accessibles au gaz naturel ou sous forme de nouvelles bouteilles en complément du butane, et bien sûr en tant que carburant (SIRGHAZ) pour les véhicules. Ce programme permettra également de couvrir les besoins dautres régions du pays, particulièrement certaines zones montagneuses et des Haut-Plateaux, et de contribuer par la même à combattre la déforestation.
Parallèlement à celà nous avons retenu pour ces régions un programme d'électrification rurale et de pompage d'eau avec l'énergie solaire photovoltaïque. En plus de la contribution de lEtat pour doter 500 foyers du Sud, nous élargissons ce programme par d'autres ressources en exploitant la flexibilité introduite par la loi sur l'électricité aux nouvelles concessions en faveur des villages qui seront dotés en équipement photovoltaïque. Un projet hybride éolien-photovoltaïque est prévu par ailleurs dans le sud-ouest du pays compte tenu du potentiel éolien existant dans cette région.
Les actions résumées ci-dessus, allant du raffinage au dessalement deau de mer en passant par la pétrochimie et lélectricité, constituent en fait lamorce dun plan de développement, de la valorisation de laval en général et de la pétrochimie en particulier, mieux adapté aux conditions du nouvel environnement national et international. Ce processus, aux résultats éloquents, a atteint maintenant son point de non-retour grâce à la dynamique qui lui a été impulsée au cours de ces trois dernières années.
Dans le domaine de la distribution et du stockage des produits pétroliers, le nouveau cadre réglementaire institué en 1997 suscite un engouement marqué des investisseurs privés ; plus de 700 autorisations ont été délivrées et le montant des investissements pour la création de centres enfûteurs et dinstallations de stockage et de distribution des carburants notamment dépasse dores et déjà 12 Milliards de DA environ. Ces investissements doivent générer plus de 3500 emplois directs. La compétition ainsi ouverte entre opérateurs privés a eu, comme on le voit, des répercussions positives sur la prise en charge des besoins des citoyens et la qualité du service proposé.
En matière délectrification rurale, leffort consenti par lEtat ces trois dernières années a permis la mise en exploitation de plus de 10.000 km de lignes électriques, la desserte de 2600 localités et le raccordement de 117.000 foyers. Dans ce domaine, le taux délectrification nationale atteint 95% et pour lannée 2004, il est prévu de raccorder encore 11.000 nouveaux foyers sur un programme entièrement financé par lEtat. Pour les localités du Sud, le Gouvernement consent depuis deux années, une réduction de facturation de lélectricité. Treize wilayate sont concernées et ces mesures touchent aussi bien les ménages que les activités économiques. Il convient dajouter que laide accordée aux agriculteurs est passée de 2500 DA à 3500 DA par hectare /an. Ces investissements ont permis la création de 3200 emplois indirects (sous-traitance).
En ce qui concerne la distribution publique du gaz, le Programme triennal 2002-2004 engagé par le Gouvernement, prévoit la réalisation de 8000 Km de réseaux pour le raccordement de 188 nouvelles localités et lalimentation de 360.000 foyers. Le nouveau mode de financement de ces programmes de distribution du gaz naturel dispense les collectivités locales de tout engagement financier et limite la contribution du citoyen à 10.000 DA par foyer. Grâce à ce dispositif, une nouvelle dynamique a été insufflée à ces réalisations, en faveur de nos concitoyens. Ces investissements ont permis la création de 2700 emplois indirects (sous-traitance).
Au cours de lannée 2002, il a été procédé à : La mise en service de réseaux gaziers dans 24 localités; la pose de 2293 km de réseaux de distribution; la pose de 318 km de réseaux de transport; et le branchement de 97.627 foyers.
On notera les remarquables performances dans la réalisation du programme 2002 jamais atteintes auparavant. Lobjectif de réaliser 1200 km de réseau de distribution a été presque doublé (191%). Cette tendance va en se renforçant. Il est attendu la desserte de 100 localités dici la fin de lannée 2003. Le programme triennal 2002-2004 sera ainsi achevé avant léchéance fixée.
A la fin du 1er semestre 2003, 45 localités ont été desservies, 2030 km de réseau de distribution ont été posés (taux de réalisation de 83% par rapport à lobjectif annuel), 225 km de réseau de transport de gaz ont été réalisés ; et 84 foyers ont été raccordés. Ces résultats, comparés à ceux enregistrés dans la mise en uvre du programme 1995-1999, sont remarquables. En effet, sur 134 localités représentant 238.000 raccordements, seules 58 localités représentant 82.000 foyers ont été mises en service à fin 2000.
Ainsi la contribution du secteur privé dans la distribution des carburants et dans la réalisation des infrastructures électriques et gazières a été remarquable dans la création demplois, avec plus de 10.000 emplois pour les trois dernières années.
Production, commercialisation et redéploiement international.
Il faut produire certes mais il faut vendre en sintégrant harmonieusement au processus de globalisation en préservant au mieux nos intérêts. Sagissant de lénergie les capacités dévacuation et les réseaux de transport y jouent un rôle essentiel tant pour les hydrocarbures que pour lélectricité.
Le transport des hydrocarbures et de lélectricité ainsi que les installations annexes dévacuation constituent lun des segments privilégiés de cette coopération internationale ou régionale recherchée par lAlgérie avec des partenaires du Nord comme du Sud afin de minimiser les risques financiers et dalléger les dépenses de lEtat.
Deux contrats ont été signés pour lachat en partenariat de deux méthaniers pour le transport du GNL, l'un avec deux sociétés japonaises Itochi/Mitsui, le second en partenariat avec l'armateur norvégien Bergesen pour un montant global de 380 millions de dollars. La réception des deux méthaniers est prévue en 2004.
Des travaux nécessaires d'adaptation des ports pétroliers sont entrepris pour supporter l'augmentation attendue des flux. A ce titre, un contrat d'un montant global de 239 millions de dollars a été attribué à la compagnie américaine (FMCOFEC) pour la réalisation de postes de chargement dhydrocarbures liquides en haute mer, de type SPM. Il faut rappeler par ailleurs que des travaux de réhabilitation des infrastructures (hors de la compétence administrative du Ministère de lEnergie et des Mines) sont indispensables pour résoudre l'ensemble des contraintes et goulots détranglement, y compris en matière d'organisation, afin de porter les capacités d'exportation vers les niveaux requis par la demande qui connaîtra une augmentation de plus de 500.000 b/j en 2005.
La réalisation de ces projets portera la capacité actuelle dévacuation du brut qui est de 900.000 barils/jour à 1,5 millions de barils/jour et augmentera de 25 milliards de m3 les capacités d'évacuation de gaz naturel à travers de nouveaux projets de gazoducs vers lEspagne et lItalie.
Sur le plan international, la Sonatrach a initié en effet dans de grands projets structurants, reconnus dintérêt régional prioritaire par lUnion Européenne, et elle sattache à diversifier son portefeuille afin de consolider son cash-flow et minimiser les risques liés à ses activités. Aux deux gazoducs reliant respectivement lAlgérie à lEspagne via le Maroc et lItalie via la Tunisie, et dont la capacité sera renforcée, vont sajouter deux autres ouvrages sous-marins reliant directement notre pays à ces deux partenaires européens.
Ainsi des accords conclus avec lEspagne et lItalie envisagent la réalisation en partenariat avec différents opérateurs européens de deux gazoducs sous-marins (MEDGAZ et GALSI) et de deux câbles électriques reliant lAlgérie à chacun de ces deux pays. La mise en place de ces câbles électriques ainsi que les liaisons en fibre optique qui vont les compléter bénéficieront de la pose de ces deux gazoducs, ce qui favorisera léconomie globale de ces projets.
Le gazoduc MEDGAZ dont les études de faisabilité sont achevées reliera directement lAlgérie à lEspagne et sera dune capacité initiale de 10 milliards de m3. Sa construction sera engagée prochainement. Le projet de gazoduc GALSI, dune capacité similaire à celle de MEDGAZ, reliera lItalie via la Sardaigne pour desservir le marché italien et européen en gaz naturel.
Le câble électrique devant interconnecter les réseaux algérien et européen via le réseau espagnol est dune capacité de 2000 MW. Celui qui doit alimenter lItalie via la Sardaigne est dune capacité de 1000 MW.
Ces projets de transport gazier sinscrivent à la fois dans la perspective du partenariat euro-méditerranéen telle quelle découle du Sommet de Barcelone et dans la vision stratégique de minimisation des risques propre à Sonatrach. Celle-ci, dans le cadre de son redéploiement international, et notamment en Europe, se fixe comme objectif datteindre le client final en simpliquant dans tous les segments de lindustrie des hydrocarbures des pays partenaires.
Le projet de gazoduc (NIGAL), entre le Nigeria et la côte méditerranéenne, sinscrit dans lesprit de la Nouvelle Initiative pour le Développement Durable en Afrique (NEPAD). Ce projet qui offre un appréciable débouché au gaz nigérian actuellement brûlé en torchères, sera interconnecté au réseau algérien, contribuera à lapprovisionnement gazier de lEurope et induira des effets socio-économiques importants dans les pays de transit tout en contribuant à la protection de lenvironnement.
Dautres actions sont menées par Sonatrach à linternational, tels que la réalisation de lunité de production de propylène de Tarragone (Barcelone) avec la société allemande BASF, le terminal de regazéification en Galice en Espagne ou encore le projet de cogénération électrique en partenariat avec la société espagnole CEPSA dans ce même pays.
Des compagnies pétrolières européennes ont parfaitement saisi limportance des enjeux en présence et la pertinence de notre stratégie qui consiste à allier notre recherche de nouveaux modes de partenariat à notre souci daffirmer notre présence, à chaque fois quil y va de nos intérêts, sur lensemble des maillons des filières énergétiques damont en aval. On retrouve ainsi à nos cotés des sociétés telle que la firme allemande BASF qui investit dans laval (usine de propylène citée ci-dessus) tout en sintéressant à lamont et au transport du gaz par lintermédiaire de sa filiale WINTERSHAL qui a une prise de participation dans le financement des études de faisabilité du gazoduc Algérie-Italie via la Sardaigne. On retrouve le même intérêt du côté des sociétés françaises avec Gaz de France et E.D.F; lune est déjà présente dans lamont et lautre est intéressée par le transport dénergie vers l'Europe et la production délectricité. Dans le même ordre didées on notera encore la participation de firmes françaises à côté de sociétés Espagnoles et Italiennes dans le financement des études de faisabilité du gazoduc reliant directement notre pays à lEspagne.
La Sonatrach sefforce détendre la coopération internationale à des projets de partenariat sur dautres continents. Cest ainsi quelle assure déjà une présence au Pérou dans un projet de transport dhydrocarbures gazeux quelle renforcera bientôt par son élargissement à lamont et à la liquéfaction du gaz.
Le continent africain occupe évidemment toute notre attention. Cet intérêt se mesure à la hauteur du nombre daccords bilatéraux de coopération énergétique que nous avons passés au cours de ces trois derrières années avec, entre autres, la Tunisie, le Niger, le Mali, lAfrique du Sud etc.
Si nous avons opté pour ce redéploiement international cest en partie pour acquérir des réserves d'huile et de gaz en dehors de l'Algérie, qui nous permettront de renforcer la coopération Sud-Sud tout en établissant des relations de partenariat mutuellement profitables avec les compagnies pétrolières internationales.
Notre stratégie pour développer lactivité en amont dans l'international se résume comme suit:
La SONATRACH a déjà évalué plusieurs régions en Afrique, dans le domaine de la recherche et de lexploration. Cest ainsi quune riche banque de données relative au potentiel pétrolier en Afrique a été acquise.
Deux compagnies conjointes ont été crées : lALEPCO entre la NOC (Libye) et la SONATRACH, qui explore en Algérie et en Libye depuis une quinzaine d'années ; NUMHYD, entre Etap (Tunisie) et Sonatrach qui entamera son activité d'exploration au courant du deuxième semestre 2003 avec deux permis de prospection, en Algérie (bassin d'Illizi) et dans loff shore tunisien.
Des discussions sont en cours avec EGPC (Egypte), pour la création d'une joint-venture destinée à l'activité amont dans les deux pays et dans les pays tiers.
SONATRACH est en négociation par ailleurs avec plusieurs compagnies pour investir ensemble en Afrique. Un budget de 100 millions de dollars US sera alloué annuellement par Sonatrach, durant les cinq prochaines années, pour développer l'activité exploration et production en Afrique.
Sur le plan multilatéral nous poursuivons nos efforts pour agir de façon concertée avec les pays africains producteurs de pétrole à la concrétisation des programmes politique, économique et énergétique du NEPAD et de la Commission africaine de lénergie (AFREC). Pour rendre pleinement profitables ces efforts de concertation nous nous efforçons de les élargir à des organisations telles que lOPEP, et lOPAEP ou au Forum des pays exportateurs de gaz en tant que de besoin.
Le NEPAD qui inclut ce type de préoccupation soulève, à juste titre, le problème du financement des investissements nécessaires au développement économique et à la préservation de l'écosystème dans son ensemble. Les capitaux requis nécessaires aux grands travaux dinfrastructures énergétiques qui dépassent par leur ampleur les possibilités de nos pays, doivent susciter ladhésion de la communauté internationale dans le cadre de programmes de financement à long terme à des conditions mutuellement bénéfiques. A cette fin nous travaillons de concert avec nos partenaires africains pour la promotion dune démarche de coopération réunissant des acteurs publics ou privés, africains ou extérieurs à lAfrique.
Il est heureux de constater que les objectifs et les lignes de force développées ci-dessus ont donné naissance dans le cadre de la coopération Sud-Sud à des organisations régionales ou continentales dans le domaine de l'énergie qui suivent des voies convergentes. C'est le cas de la Commission Africaine de lEnergie (AFREC), et l'Organisation Latino-américaine de lEnergie (OLADE). Ces deux organisations peuvent fournir des opportunités de coopération Sud-Sud très fécondes.
L'Amérique Latine et l'Afrique détiennent des ressources en énergie considérables et variées. Elles aspirent à leur mobilisation optimale pour la réalisation de projets énergétiques multiples et de différentes dimensions, indispensables au soutien du développement économique à différentes échelles, nationale, régionale ou continentale.
L'AFREC dont le siège est à Alger commence à faire ses premiers pas. Elle peut profiter de l'expérience de lOLADE qui la précédée et dont les objectifs et les ambitions énergétiques rejoignent les siens.
LAlgérie qui est adhérente aux deux organisations va accueillir une première rencontre entre les Ministres de l'énergie d'Afrique et d'Amérique latine, co-parrainée par lOLADE et l'AFREC.
Cest dans ce cadre que sera organisée à Alger les 2 et 3 février 2004 la rencontre des Ministres de l?nergie africains et latino-américains. La présence dans la capitale algérienne des Ministres de lEnergie membres de l'AFREC et de lOLADE sera alors mise à profit pour organiser un débat autour du thème des "Expériences latino-américaines et africaines en matière d'énergie et de développement".
Cette rencontre, première du genre, permettra de présenter l'expérience de lOLADE et les objectifs de l'AFREC. Sur cette base, les participants s'efforceront d'identifier des axes de coopération et de partenariat entre les deux régions et dégageront ainsi des perspectives de collaboration entre l'OLADE et l'AFREC.
La coopération entre les deux organisations régionales peut contribuer à l'identification des projets énergétiques opportuns et viables économiquement. Elle peut favoriser les flux de capitaux, de technologies, de connaissances et d'informations nécessaires au succès des projets énergétiques.
Un séminaire sur le système d'information énergétique a été organisé à Alger les 23 et 24 avril 2003 par l'AFREC en étroite collaboration avec l'Algérie, en tant que pays hôte. Ce séminaire qui constitue une première opération de l'AFREC a regroupé les pays membres et les organisations énergétiques régionales et internationales.
On voit à travers ces quelques exemples que la SONATRACH, pour mieux sinsérer dans la nouvelle scène énergétique mondiale, a déjà entrepris dans les faits son redéploiement international. Ces exemples quil ne faut pas confondre avec des opérations isolées, indépendantes les unes des autres, ou menées au coup par coup, sinscrivent dans une stratégie cohérente qui se met en place graduellement.
Retombées de la nouvelle loi minière
Notre pays recèle des ressources minières importantes. Mais en dépit de ses potentialités le secteur minier contribue faiblement à la croissance de léconomie nationale. La nouvelle loi minière promulguée en juillet 2001 a pour objectif de promouvoir les investissements dans ce secteur afin den tirer les meilleurs gains possibles
La dynamique attendue de la nouvelle loi
minière est déjà à luvre.
LEtat retrouve ainsi la plénitude de ses prérogatives en direction de la relance
économique : il fait la promotion du domaine minier et met en valeur un Service
Géologique National, veille à la préservation de lintérêt général, attribue
les titres miniers dans la transparence et léquité, donne un accès égal à tous
les opérateurs aux données géologiques et minières. La loi la doté pour cela de
deux agences autonomes : lAgence du Patrimoine et lAgence de la Géologie et
du Contrôle Minier.
En vérité nous sommes en train de sortir le secteur des mines dune situation de léthargie insoupçonnée et quil était difficile de continuer à accepter au regard du potentiel de travail et de richesse quil recèle. A titre dexemple, chaque carrière peut générer en moyenne 20 emplois, à un moment où les agrégats et autres matériaux de construction font défaut sur le marché.
Cest ainsi que nous avons procédé à lassainissement du secteur, au recensement du patrimoine et à lorganisation de lactivité sur des bases légales et transparentes.
Plus de 1300 exploitations ont pu être ainsi identifiées, dont 963 ont été regularisées et assimilées. [LEtat sassure ainsi de nouvelles sources de revenus et les employés ont maintenant un cadre de travail stabilisé.]
Il importe de savoir que nous nous efforçons de ne plus fermer de mines alors que prés de vingt mines ont été fermées ces vingt dernières années. Aujourdhui nous en ouvrons de nouvelles exploitations minières.
Lattractivité du domaine minier engagée à la faveur de la nouvelle loi sur les mines nous a en effet permis dattribuer :
Il faut noter que plus de 90% des investissements que je viens de mentionner sont supportés par le secteur privé et pour la première fois dans la recherche minière.
La branche mines et carrières a enregistré au cours de lannée 2002 une croissance moyenne de prés de13%. Certaines matières ont connu une progression spectaculaire. Ainsi en est-il de la production dagrégats qui a progressé de plus de 29% par rapport à lannée précédente et de lévolution de la production de sel qui a connu une augmentation de prés de 20%. La part du secteur privé représentait 45% de la production dagrégats tandis que lévolution de la production de sel est due essentiellement à la production du secteur privé.
Plus de 500 de nos concitoyens ont pu ainsi investir et créer des postes de travail à travers tout le territoire national, dans des zones reculées et généralement démunies. Ils auront ainsi grâce à la nouvelle loi, contribué à lamorce du développement local et régional que nous sommes en train dimpulser et dencourager.
Le secteur minier (opérateur public et privé confondu) compte actuellement plus de 1.300 exploitation dans le domaine dextraction du marbre, du sel et des agrégats et autres substances. Lensemble de ces entreprises emploie près de 25.000 agents et a réalisé un chiffre daffaires de prés de 15 milliards DA au titre de lexercice 2002.
Il est à noter que le chiffre daffaire réalisé au cours du 1er semestre 2003 sélève à plus de 9 milliards DA soit une croissance de 11% par rapport à la même période de lexercice précédent.
Cette ouverture commence également à attirer les investisseurs étrangers. Certains investisseurs en association avec lORGM se sont associés à des entreprises nationales, leur apportant les capitaux et les technologies qui leur faisaient défaut pour maintenir et développer leurs activités, créer de nouvelles richesses pour lEtat et de nouveaux emplois pour nos techniciens et cadres.
Les nouvelles dispositions de la loi minière nous ont permis de lancer un appel d'offres sur le gisement d'or de Tiririne-Hanane qui a abouti à la signature d'un contrat avec la société ZAKHEM pour la finalisation des études de faisabilité et la mise en exploitation des gisements en association avec lORGM.
Cest le cas aussi de lEntreprise Nationale dExploitation des Mines dor (ENOR) qui en ouvrant son capital à la participation majoritaire dun grand groupe minier australien (GOLD MINES), sengage résolument dans le développement des mines dor de Tirek et de Amesmassa (Sud-Ouest). Lemploi actuel va être consolidé et 300 nouveaux emplois seront crées et linvestissement augmenté de près de 13 millions de dollars.
Lexemple de lentreprise nationale FERPHOS est encore plus significatif du potentiel de croissance et de dynamisme que peuvent générer les réformes en cours dans léconomie nationale grâce à leurs effets induits.
En ouvrant son capital à la compagnie ISPAT (Inde), FERPHOS la associé à lexploitation des mines de fer de lOuenza et de Boukhadra grâce à la nouvelle loi minière, et lui a garanti lapprovisionnement du Complexe sidérurgique dEl Hadjar quelle a pu exploiter, comme on le sait, avec des résultats satisfaisants : doublement de la production dacier, modernisation de loutil de production et du management, préservation de lemploi, tout en améliorant lefficience économique du complexe.
Je voudrais ajouter un autre exemple pour illustrer la cohérence densemble des réformes que nous menons et montrer les effets structurants dune loi réputée sectorielle comme celle des mines en loccurrence.
Cest le projet dune nouvelle cimenterie quun investisseur étranger va réaliser à Msila et qui na pu voir le jour qu'en raison de la garantie qu'il a eue dexplorer et dexploiter les gisements de calcaire, des argiles et de gypse, substances minérales nécessaires à la fabrication du ciment. Cest une fois de plus la nouvelle législation algérienne des mines qui a permis dencourager un investisseur étranger à investir dans une activité industrielle aussi indispensable que celle des matériaux de construction.
Ce nouveau départ de lindustrie minière dans notre pays pose par ailleurs la question cruciale de la disponibilité des ressources humaines qualifiées dans les métiers de la mine et pour lesquels il nexiste pas de centres de formation spécifiques.
Aussi, le Secteur de lEnergie et des Mines a pris linitiative de lancer le projet de création dune école des mines à El Abed en utilisant les infrastructures de la fameuse mine dEl Abed qui est en cours de fermeture. Cet établissement contribuera à répondre à des besoins nationaux pressants en matière de formation minière et participera à lanimation de lactivité économique et culturelle de la région.
Ladjudication, vecteur de développement du secteur minier
Soucieux de favoriser la transparence et l'équité dans l'attribution des titres miniers, principes de base de la nouvelle loi minière, le Ministère de l'Energie et des Mines a décidé, dés l'année 2000, de n'octroyer les titres miniers relatifs à des indices et/ou à des gisements préalablement reconnus sur des fonds publics, que par adjudication.
Il y a lieu de préciser que l'attribution de titres miniers par adjudication pour l'exploitation d'un gisement ne signifie nullement la vente du gisement comme daucuns l'avaient compris. Il s'agit uniquement d'octroi de droits réels pour l'exploitation du gisement pour la durée et dans les conditions du titre minier octroyé, le gisement restant évidemment propriété de la collectivité nationale telle que le stipule la Constitution.
Ainsi, une première opération fut organisée au courant du deuxième trimestre de l'année 2000. Depuis, 7 opérations d'adjudication ont été organisées et ont permis d'autoriser l'exercice de 230 nouvelles activités minières. Ces opérations ont permis de rapporter pour la 1ère fois au Trésor public la somme de 403 millions de DA.
Pour une plus grande transparence de l'attribution des titres miniers, le dépôt des soumissions et l'ouverture des plis se déroulaient dans la même journée
Pour la pérennité de cette procédure d'attribution des titres miniers par adjudication, et pour être en conformité avec la nouvelle loi minière et les textes réglementaires pris pour son application, plusieurs autres opérations ont été organisées. La dernière ouverture des plis a eu lieu le 31 Mars 2003.
Les investisseurs publics ou privés, mis en confiance par la transparence des opérations et la régularité de l'attribution des titres miniers, ont montré, au fur et à mesure du déroulement de celles-ci, leur satisfaction et leur adhésion à cette manière de procéder.
Fort de la réussite de ces opérations, il a été décidé de faire une adjudication chaque trimestre avec comme objectif de proposer à chaque adjudication un minimum de 50 sites pour l'exploitation.
De la Bourse de lemploi au Bulletin des Appels dOffres du Ministère de lEnergie et des Mines (BAOSEM)
Je ne saurais terminer ce bilan sans évoquer quelques aspects de ces grands chantiers que nous avons ouverts dans le cadre dune dynamique de concertation, de mobilisation et dimplication des ressources humaines de notre secteur.
La promotion du dialogue avec tous les personnels, avec les cadres, avec les femmes et naturellement avec le partenaire social dans toutes les entreprises et avec le Ministère, sest intensifiée.
La pratique systématisée des brainstormings au sein du Groupe SONATRACH a fourni un espace dexpression, de communication, déchange et de créativité à tous nos cadres. Ils ont été ainsi des milliers à se réunir, à débattre et décider ensemble des objectifs propres à chacune de leurs entreprises et des plans dactions à mettre en uvre pour les atteindre.
Les femmes et les hommes du Secteur de lEnergie et des Mines sont au cur de notre démarche. Nos ressources humaines sont un capital précieux; elles constituent le levier principal de ladaptation des entreprises et du Secteur à la nouvelle configuration de léconomie nationale et de lenvironnement international où les évolutions sévaluent à laune de la performance, de la compétitivité et de la création continue de richesses.
La formation a pris dans cette perspective une place majeure dans nos préoccupations. Des plans ambitieux sont élaborés donnant de plus en plus la priorité à des formations qui ne sont plus conçues sur loffre mais répondant à des besoins réels identifiés et sinscrivant dans leffort global de réalisation de nos objectifs.
La filialisation de lIAP en un groupement de formation, la promotion du Centre de Recherche de Boumerdés, la création dun Centre de Recherche-aval à Arzew et dun nouveau site de formation sur le même lieu, ainsi que la réouverture du Centre de formation dexperts comptables font partie de ce programme daction.
Nous voulons donner une impulsion décisive à la formation : à la Sonatrach par exemple, il y a aujourdhui une politique qui prévoit que chaque travailleur a droit à au moins une semaine de formation par an.
Lévolution des carrières de nos cadres sont désormais gérées par la procédure dappels à candidatures quon appelle la Bourse de lEmploi. Les cadres dirigeants de Sonatrach et des entreprises du Secteur, les Présidents Directeurs Généraux et les managers des filiales en Algérie et à létranger, ont été choisis après avoir fait acte de candidature et avoir été évalués et sélectionnés sur la base de leurs compétences en toute transparence et avec équité. La mise en place du statut des cadres dirigeants de la SONATRACH vient couronner ce programme.
Nos entreprises connaissent mieux leurs potentiels et nos cadres ont ainsi la possibilité de faire leurs propres choix de carrière.
Le principe de la mobilité des cadres supérieurs est venu renforcer cette politique qui nous permet denrichir nos entreprises de lexpérience de tous, dutiliser toutes les compétences dont elles disposent et doffrir sans cesse à nos cadres des possibilités dévolution de carrières riches et diversifiées.
Une attention particulière est en outre portée à lévolution des carrières des femmes travailleuses. A Sonatrach par exemple, il a été crée lObservatoire de lEmploi Féminin.
De grands efforts sont par ailleurs développés pour rendre les méthodes de gestion plus rigoureuses, secouer la routine et le faux confort qui se sont installés ici et là ; instaurer plus de transparence, nous doter doutils éprouvés et donner à nos managers les moyens de se consacrer à la réalisation de leurs missions et à lexercice de leurs métiers, débarrassés de contraintes inutiles et à labri dinterférences diverses.
Nous avons ramené les filiales au sein du Groupe SONATRACH pour créer des synergies et leurs insuffler les même standards de conduites pour le plus grand profit de la rentabilité du groupe.
Concernant la réduction des coûts et lamélioration de lefficience de lentreprise une méthode a été instaurée faisant appel aux propositions damélioration de nos cadres et travailleurs. Cest ainsi quun prix a été décerné récemment en faveur de lun de nos ingénieurs qui sest vu remettre en plus du premier prix quil avait obtenu une prime calculée au prorata des gains que sa proposition a permis de réaliser.
Avec lappui de consultants, et dexpertises externes nationales et internationales, différents systèmes et doutils modernes daide à la décision dans tous les domaines se mettent en place.
Je citerai parmi ces nouvelles mesures le système de lappel doffres, qui a permis de réaliser des gains financiers de 45 milliards de DA depuis la mise en place. Les avantages du système concernent : L4identification précise des besoins et LA planification des achats; une meilleure connaissance des marchés; la nécessité mieux ressentie de la standardisation ; une meilleure qualité des biens et services à des coûts moindres ; la création de nos propres outils de publication comme le BAOSEM et nos Websites ; la sensibilisation et linitiation de centaines de cadres à des pratiques de gestion nouvelles, pour beaucoup dentre eux, tels que les cahiers de charges, la définition des termes de références, lévaluation des offres, louverture publique des plis, etc.
En outre, de nouvelles dispositions ont été mises en place dans le système de lappel doffres qui consacrent le principe de la préférence nationale et qui permettent aux filiales du secteur de bénéficier dune marge préférentielle pouvant aller jusquà 15%.
De linvestissement social à la responsabilité citoyenne
Le Ministère de lEnergie et des Mines à initié des actions en faveur de linvestissement social et en vue de favoriser la responsabilité sociale. Les entreprises du secteur ont dans leur ensemble engagé des programmes daction dans ce sens.
La mise en place de cette nouvelle démarche engagée par le Secteur sinscrit dans la politique nationale initiée par Monsieur le Président de la République et qui intègre le souci de la promotion sociale dans la politique de relance économique.
Il sagit de contribuer à démarginaliser les populations dans le besoin et de désenclaver les régions défavorisées afin que le développement et le progrès bénéficient à tous.
La conception que nous nous faisons de la solidarité ne doit pas être entendue comme une simple action dassistanat. Mais de faire en sorte que ces actions soient un vecteur de mobilisation des énergies sociales afin de préserver la dignité humaine et de rééquilibrer les chances de chacun conçu comme un acteur et une force productive.
Nous partons du principe que laction de solidarité est laffaire de tous, cest-à-dire, de lensemble des acteurs sociaux y compris les acteurs économiques car, il importe de restituer à la croissance économique sa dimension sociale. Notre démarche vise trois objectifs essentiels :
Cest ainsi que nous concevons le développement durable, non comme une approche philosophique mais comme un travail persévérant de proximité. Nous agissons donc :
Monsieur le Chef du Gouvernement,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire Général de lUGTA,
Messieurs les Secrétaires Nationaux des Fédérations,
Mesdames, Messieurs,
Dans le contexte de crise sociale que traverse notre pays, nous avons bien conscience de lampleur et de la diversité des problèmes sociaux à résoudre, de la nécessité de revoir les structures et les dispositifs sociaux jusquici en vigueur, dans le but dimpulser une dynamique de solidarité nationale apte à saisir des réalités sociales complexes et doptimiser leur traitement.
Il y faut un effort renouvelé afin de transcender les cloisonnements, dassurer la durabilité de laction, dimpliquer collégialement et solidairement lensemble des acteurs publics et sociaux au moyen dactions communes, dune concertation soutenue et dun partenariat efficient.
Je tiens à souligner à cet égard lesprit de dialogue et de compréhension qui a prévalu lors des discussions avec le Conseil national syndical de Sonelgaz qui a permis daboutir à un accord sur lorganisation du Holding Sonelgaz.
Par ailleurs, je saisis cette opportunité qui nous est offerte pour faire appel à lUGTA pour soutenir et faciliter la mise en uvre des décisions prises par le Conseil Interministériel relatives à la réorganisation des ports pétroliers.
Concernant lavant projet de loi sur les hydrocarbures qui est gelé, nous avons reçu par lintermédiaire de Monsieur le Chef du Gouvernement les commentaires de lUGTA. Je profite de cette occasion pour vous informer que la réponse de notre secteur a été transmise à la Monsieur le Chef du Gouvernement
Enfin je tiens à souligner le soutien précieux de Monsieur le chef du Gouvernement à qui je rends hommage dans le traitement et les prises de décision relatives notamment, à :
Monsieur le Chef du Gouvernement,
Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire Général de lUGTA,
Messieurs les Secrétaires Nationaux des Fédérations,
Mesdames, Messieurs,
La solidarité telle que nous la concevons vise à prémunir la société contre les dysfonctionnements du Marché. Les règles de la Nouvelle économie qui se met en place doivent être appuyées par le renforcement des instituions de lEtat afin de sassurer que chaque citoyen a des chances égales daccès à de nouvelles opportunités. Et ne pas perdre de vue, surtout, que les ressources humaines constituent le capital le plus précieux dans toute action que nous engageons.