Discours de Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République
10e Conférence de la CNUCED sur le négoce et le financement des hydrocarbures en Afrique
Alger, 2 - 5 Avril 2006
Monsieur le
président de la conférence,
Monsieur le président de la Commission de l’Union africaine,
Monsieur le secrétaire général de la CNUCED,
Messieurs les ministres,
Monsieur le secrétaire général de la Commission africaine de l’énergie,
Messieurs les représentants des institutions régionales et internationales,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Je suis particulièrement heureux de présider l’ouverture solennelle de
cette conférence qui a été précédée, ici même, par la tenue d’une réunion du
Conseil des ministres de la Commission africaine de l’énergie (AFREC).
L’Algérie est honorée d’accueillir, à cette occasion, les principaux
responsables africains de l’énergie, les dirigeants des compagnies pétrolières
et du monde des affaires, ainsi que les personnalités qui contribuent, d’une
manière générale, à la promotion du développement durable en Afrique.
Je voudrais également rendre hommage au secrétariat général de la CNUCED pour
les efforts qu’il déploie, depuis une dizaine d’années, dans l’étude des
nouveaux modes de commercialisation et de financement des hydrocarbures, en
faveur du développement des pays africains.
Nous apprécions cette contribution de la CNUCED en faveur des pays africains,
car elle doit leur permettre de mieux tirer profit de leurs ressources
pétrolières et gazières et rendre leur dépendance à l’égard des importations
d’énergie moins coûteuse et plus facile à gérer.
C’est en privilégiant, de manière pertinente et avec réalisme, les questions
liées aux réformes économiques engagées par nos pays, ainsi qu’à celles qui sont
liées à l’intégration régionale, au financement des projets énergétiques, à la
formation appropriée des ressources humaines et à l’accessibilité aux formes
d’énergie modernes des populations africaines, que ces conférences contribueront
utilement à la réalisation des objectifs du développement durable de l’Afrique,
tels que tracés par le NEPAD.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Reconnaissons d’abord que nos mesures de coopération mutuelle restent
en deçà de nos souhaits et de nos complémentarités, que ce soit dans les
échanges intra-africains ou dans la coopération Sud-Sud.
Il est vrai que nos difficultés à promouvoir ce cadre de coopération proviennent
de la modicité de nos moyens et surtout des conséquences des règles du commerce
mondial que nous souhaiterions plus justes et plus équitables.
Malgré notre volonté de nous adapter au mouvement de mondialisation, par des
mesures d’ouverture, de transparence et de bonne gouvernance, et malgré nos
grandes potentialités en ressources naturelles et en énergie, les
investissements directs et d’aide au développement émanant de nos partenaires
étrangers, qu’ils soient publics ou privés, n’ont pas encore atteint le niveau
souhaitable.
Nous devons, par conséquent, agir sur plusieurs fronts complémentaires tant sur
le plan intra-africains, que sur le plan régional et intercontinental.
C’est pour répondre à cet état de fait et pour renforcer l’intégration
économique et l’unité de l’Afrique que nos pays ont pris l’initiative de lancer
le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).
L’un des objectifs majeurs du NEPAD est de permettre à notre continent de mieux
se préparer pour entrer, de manière organisée, efficiente et solidaire, dans la
dynamique impulsée par la globalisation des échanges. Les hydrocarbures ont
assurément un grand rôle à jouer dans ce processus. C’est pour ces raisons que
l’énergie figure parmi les principales priorités du NEPAD.
L’énergie est un secteur important en soi parce qu’elle se situe au cœur même de
tout processus de développement. Ce secteur est important aussi par ses
capacités d’intégration, comme l’histoire économique des pays développés le
prouve, car il est potentiellement fédérateur et porteur de relations
économiques denses et permanentes entre nos pays.
Si notre continent connaît aujourd’hui la plus forte croissance de la production
pétrolière de son histoire, avec l’apparition de nouveaux pays producteurs
africains, il enregistre, en même temps, l’un des taux de consommation d’énergie
commerciale par tête d’habitant les plus faibles au monde.
C’est pour sortir de ce paradoxe et pour promouvoir le développement intégré du
secteur de l’énergie en Afrique que le 37e Sommet de l’OUA a créé la Commission
africaine de l’énergie (AFREC) pour faire du développement énergétique un
vecteur puissant de développement et d’intégration sur notre continent.
Avec la mise en place de l’AFREC, dont le siège est à Alger, l’Afrique s’est
dotée d’un cadre institutionnel approprié capable de promouvoir la coopération
énergétique à l’échelle du continent et d’intégrer nos complémentarités
respectives.
Devenue membre de l’Organisation des pays latino-américains de l’énergie (OLADE),
avec laquelle elle développe une coopération énergétique soutenue tant au plan
bilatéral qu’au niveau régional, l’Algérie s’honore d’être à l’initiative de la
création de l’AFROLAC qui regroupe les pays africains et latino-américains
producteurs d’hydrocarbures et dont la réunion constitutive s’est tenue à Alger
en février 2004.
Ces organisations régionales constituent un atout majeur dans notre objectif
d’élargissement et de renforcement de la coopération dans le domaine de
l’énergie sur le plan des relations Sud-Sud.
Il nous faut veiller à renforcer ces institutions et les encourager à développer
les voies et les moyens nécessaires de la coopération pétrolière entre l’Afrique
et l’Amérique latine en s’appuyant sur les complémentarités et les expériences
respectives de nos deux régions.
Qu’il me soit permis de lancer à cette fin un appel à tous les pays qui ont déjà
ratifié les documents constitutifs de l’AFREC pour qu’ils déposent les originaux
de leurs instruments de ratification auprès de l’Union africaine afin que la
Commission africaine de l’énergie dispose rapidement de tous les moyens légaux
nécessaires à son fonctionnement.
Mesdames,
Messieurs,
Pour l’Algérie, la coopération pétrolière est une réalité tangible qui
se renforce de manière constante aussi bien au niveau bilatéral avec différents
pays africains qu’au niveau régional et intercontinental, tant dans la
fourniture des produits pétroliers et gaziers que dans les autres domaines de
l’industrie des hydrocarbures.
En matière d’investissement, la compagnie nationale Sonatrach consacre une part
relativement importante de son programme de développement à l’exploration et à
la production pétrolière dans plusieurs pays africains, et hors de notre
continent, soit en partenariat, soit en investissements directs par ses propres
moyens.
Nous nous attachons à ce que ces relations bilatérales qui se consolident
d’année en année puissent déboucher sur une perspective d’intégration régionale
et d’une coopération économique plus vaste à l’échelle continentale.
Nous ne ménagerons, en effet, aucun effort en vue de l’accélération du processus
d’intégration énergétique régionale. Nous disposons aujourd’hui d’une grande
expérience dans la promotion des projets énergétiques à l’étranger, que ce soit
dans les pays émergents, particulièrement en Afrique et en Amérique latine, ou
dans les pays industrialisés.
La prise de participation de Sonatrach dans le développement d’un gisement
pétrolier et gazier au Pérou témoigne de notre volonté de promouvoir la
coopération Sud-Sud et confirme les aptitudes de notre compagnie pétrolière à
s’associer avec d’autres opérateurs dans des régions éloignées, en prenant les
risques calculés nécessaires et être ainsi présente auprès de nos partenaires du
Sud, tout en renforçant sa position dans le monde.
Par ces relations prometteuses et mutuellement bénéfiques, nous contribuons en
même temps à alimenter le marché pétrolier mondial secoué périodiquement par la
hantise du manque d’approvisionnement.
La part de nos exportations en hydrocarbures vers les pays émergents s’est
développée de manière appréciable au cours de ces cinq dernières années,
particulièrement sur le continent africain.
Avec un volume de près de 15 millions de tonnes-équivalent-pétrole (TEP), nos
exportations qui se développent, d’année en année, vers les pays en voie de
développement, ont représenté en 2004 plus de 14% de nos ventes cumulées à
destination de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique latine. Cette proportion
est appelée encore à croître grâce aux efforts que nous déployons en faveur de
la coopération Sud-Sud et du redéploiement international de la Sonatrach.
Nos exportations vers les pays africains, quoique d’un niveau encore
relativement modeste, sont cependant en nette progression depuis l’an 2000 avec
une évolution de cette part qui est passée de 1% du total de nos ventes à 2,5 %
en 2004. Un mouvement plus encourageant concerne nos ventes de gaz de pétrole
liquéfié (GPL), qui sont passées de 8% en 2000 pour atteindre 21% de nos
exportations en 2004. Pour le prix compétitif, la disponibilité et la souplesse
d’utilisation de cette énergie auprès des foyers africains qui n’accèdent pas
encore à l’énergie commerciale, nos exportations en GPL sont appelées à se
développer plus largement en Afrique.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Grâce à nos disponibilités en gaz naturel et à la convergence
gaz-électricité qui élargit le marché gazier, nous avons engagé des projets de
grande envergure qui vont favoriser non seulement l’intégration énergétique des
pays africains, mais raccorder aussi par des liaisons fixes notre continent au
continent européen. Cela se concrétisera par un réseau de gazoducs partant du
territoire algérien vers l’Europe et faisant office, en quelque sorte, de «ponts
énergétiques». Ces réseaux gaziers renforceront le codéveloppement dans
l’intérêt bien compris de nos pays respectifs.
Le premier projet concerne le gazoduc transsaharien (TSGP) qui va du Nigeria à
la côte algérienne. En accord avec le Président Olusegun Obasanjo de la
République fédérale du Nigeria, nous avons pris cette initiative qui fera date
en Afrique et qui va permettre de relier les champs gaziers du Nigeria au réseau
gazier algérien en vue de l’exportation vers l’Europe de grandes quantités de
gaz nigérian jusqu’ici torchées à la tête des puits.
Ce gazoduc d’une capacité de 18 à 25 milliards de m3 contribuera, de manière
appréciable, à l’approvisionnement gazier de l’Europe et permettra d’alimenter
sur son passage les populations du nord-est et du centre du Nigeria et d’autres
pays du Sahel comme le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Sa réalisation
entraînera des effets socio-économiques importants dans les pays de transit.
Par ses effets induits, ce projet va contribuer aussi à la protection de
l’environnement par l’élimination des gaz torchés qui polluent l’atmosphère et
en réduisant l’utilisation du bois de chauffage, source de déforestation, grâce
à l’alimentation en gaz des populations concernées.
Cet ouvrage s’inscrit enfin dans un contexte de développement régional intégré
plus vaste puisqu’il accompagne la réalisation d’un axe routier Alger-Lagos et
sera complété par une liaison de télécommunications par fibre optique. Il
s’inscrit, comme on le voit, dans une politique d’intégration économique et de
désenclavement au bénéfice des populations de toute la région et des partenaires
intéressés par l’énergie et les voies de communication avec l’Afrique.
Les conclusions de l’étude de faisabilité finale de ce projet seront disponibles
avant la fin du mois de juin 2006 et serviront de base à la programmation des
travaux et aux montages financiers nécessaires à la réalisation de ce gazoduc.
L’Algérie occupe déjà une place relativement importante sur le marché gazier
euro-méditerranéen où elle couvre près du quart des besoins en gaz de l’Europe.
Cette part est appelée à se renforcer grâce aux propriétés du gaz naturel,
qualifié d’énergie propre, et de plus en plus recherché dans la production
d’électricité.
Nous entendons saisir ainsi les opportunités liées à la fois aux changements
institutionnels du marché énergétique européen et aux forts besoins en
électricité de ce marché pour diversifier nos exportations en énergie et de
jouer pleinement le rôle qui nous revient dans le cadre de la boucle électrique
qui se met en place autour de la Méditerranée.
C’est dans cet esprit que l’Algérie s’est engagée par l’intermédiaire de ses
compagnies nationales Sonatrach et Sonelgaz dans la réalisation de deux nouveaux
projets structurants, reconnus «d’intérêt régional prioritaire» par l’Union
européenne.
Aux deux gazoducs existants reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc, et
l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, vont s’ajouter deux autres ouvrages reliant
directement notre pays à ces deux partenaires européens.
Des accords conclus avec l’Espagne et l’Italie prévoient la réalisation en
partenariat avec différents opérateurs européens de deux gazoducs sous-marins et
de deux raccordements électriques reliant l’Algérie à chacun de ces deux pays.
Notre pays valorisera par ce biais une partie de son gaz naturel pour produire
de l’électricité qui sera exportée vers l’Europe.
La mise en place des câbles électriques, ainsi que des liaisons de communication
en fibre optique qui vont les compléter, bénéficieront de la pose de ces deux
gazoducs, ce qui favorisera la rentabilité globale de ces projets :
Le gazoduc Medgaz, dont les travaux de réalisation commenceront prochainement
pour être achevés en 2007, reliera directement l’Algérie à l’Espagne et sera
d’une capacité de 10 milliards de m3. La partie algérienne a obtenu l’accord des
autorités espagnoles pour le prochain démarrage des travaux de ce gazoduc et de
la fourniture d’un volume de 4 milliards de m3 de gaz naturel dès l’année 2007.
Le projet de gazoduc Galsi, d’une capacité de 10 milliards de m3 également,
reliera l’Italie via la Sardaigne pour desservir le marché italien et européen.
Les études de faisabilité de ce projet sont quasiment achevées. Les intentions
d’achat du gaz acheminé par cet ouvrage atteignent déjà sa pleine capacité.
Toutes ces opérations sont animées par la logique économique du
«gagnant-gagnant» où l’on trouve l’intérêt et les risques partagés de chacun des
partenaires. Elles permettent à nos compagnies nationales de valoriser nos
ressources minérales, de diversifier leurs portefeuilles de projets et de
minimiser leurs risques financiers. Les pays acheteurs d’énergie, quant à eux,
assurent par ces projets leur sécurité énergétique à long terme et sont en même
temps nos fournisseurs en équipements, en savoir-faire et en services divers.
Notre expérience de développement démontre le rôle joué par le secteur des
hydrocarbures qui favorise le développement des grandes infrastructures de base
(eau, électricité, logements, ports, aéroports, etc.) dont la réalisation en
partenariat stimule les exportations des sociétés originaires des pays
importateurs d’hydrocarbures.
Au regard de ces données et de l’esprit du partenariat euro-méditerranéen tel
qu’il découle du Sommet de Barcelone, il n’est pas interdit de penser, pour peu
que la volonté politique de nos partenaires ne fasse pas défaut, que ces réseaux
favoriseront une intégration économique transcontinentale liant le continent
africain à l’Europe dans le cadre d’une prospérité partagée grâce à l’énergie.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
La valorisation des potentialités en énergie est aussi indispensable au
développement économique et social du continent qu’à la sécurité énergétique des
pays industrialisés et au développement de leurs exportations vers nos pays.
Je voudrais profiter de cette conférence pour faire valoir quatre propositions
allant dans le sens du codéveloppement et qui me paraissent essentielles au
regard du thème général de vos travaux :
Premièrement :
En Afrique, le taux de consommation d’énergie commerciale par tête
d’habitant est l’un des plus faibles du monde, ce qui représente un retard
énorme qu’il convient de combler.
On sait le rôle crucial joué par l’énergie, et l’électricité en particulier,
dans le développement des pays industrialisés depuis deux siècles. Il nous est
donc permis d’envisager notre développement économique grâce à l’utilisation de
notre potentiel énergétique.
Il est donc nécessaire de promouvoir la consommation de l’énergie commerciale,
sur des bases économiques saines, permettant d’assurer un marché durable, y
compris à travers le financement des grands projets structurants prévus à
l’échelle régionale.
Le développement de l’amont pétrolier ainsi que l’édification de projets
électriques et gaziers constituent des créneaux porteurs de la coopération
énergétique pour répondre en particulier aux attentes de la forte demande
domestique et à la couverture des grands besoins économiques et industriels de
notre continent. Les sources alternatives d’énergie et les questions liées à
l’efficacité énergétique et à l’économie d’énergie devraient susciter tout
l’intérêt qu’elles méritent au niveau de la recherche-développement (RD) et des
moyens de financements pour leur promotion en Afrique.
Cette catégorie des projets devra bénéficier d’appuis et d’engagements plus
soutenus des institutions multilatérales de développement vers les sources
alternatives d’énergie de petites dimensions en Afrique.
Une attention particulière devrait être portée aux questions d’intégration
énergétique et au problème crucial du financement du développement du secteur
énergétique dans toutes ses composantes en Afrique (hydrocarbures,
hydro-électricité, énergies renouvelables). Les réseaux électriques et gaziers
sont en effet les supports privilégiés de la modernisation des systèmes
énergétiques et constituent des vecteurs majeurs de l’intégration régionale.
Deuxièmement :
La dégradation de l’environnement étant l’une des conséquences directes
de l’utilisation des hydrocarbures, nous considérons que la lutte contre ce
phénomène représente un défi collectif pour tous les opérateurs et la communauté
internationale tout entière.
La lutte contre les risques majeurs de pollution marine par les hydrocarbures
doit rester une préoccupation constante de tous les Etats et nous mobiliser en
conséquence. Les gouvernements et les compagnies pétrolières ont un grand rôle à
jouer dans ce domaine et il est de notre devoir de prendre sérieusement en
charge la gestion de ces risques dont les conséquences peuvent être désastreuses
pour l’environnement.
L’Algérie a été à l’origine de la création de la société multinationale de lutte
contre la pollution marine par les hydrocarbures et nous suivons de très près
son évolution. Nous nous réjouissons des échos très favorables qu’elle a reçus
tant en Afrique que dans le reste du monde.
La réalisation de ce projet connaît un avancement appréciable et doit mettre en
place des dispositifs institutionnels, réglementaires, juridiques et matériels
de lutte contre les déversements accidentels de pétrole sur les côtes
africaines, en particulier, et préparer les moyens d’intervention adéquats en
cas de catastrophe.
De nombreux pays et compagnies pétrolières publiques et privées ont déjà adhéré
à cette société. Les adhésions restent toujours ouvertes pour son élargissement
et son renforcement.
Troisièmement :
La problématique de la sécurité énergétique telle qu’elle est posée
dans les pays développés nous est tout à fait familière. Mais en Afrique, l’eau
et l’énergie se partagent tristement un problème commun, celui de leur
inaccessibilité pour une grande frange de nos populations, alors qu’il s’agit là
de ressources vitales.
Les ressources en eau sont en effet limitées, vulnérables et mal réparties sur
notre continent. Elles ont, par ailleurs, subi les effets négatifs de la
sécheresse, de la pollution et d’une mauvaise gestion, alors même que
l’accroissement démographique et le développement économique induisent des
besoins de plus en plus grands.
Aussi, pour beaucoup de nos pays, l’un des premiers défis à relever est celui de
la sécurité de l’eau. Or, l’énergie peut être mise au service de l’eau tant au
niveau du pompage par des énergies renouvelables, grâce à l’énergie solaire ou
éolienne par exemple, que pour le dessalement d’eau de mer dans les zones
maritimes par utilisation du gaz naturel.
Quatrièmement :
Parmi les défis prioritaires que comporte le NEPAD, celui de la
formation et de la qualification des ressources humaines se situe en amont de
tous les problèmes de développement. Cette question touche au plus haut point le
secteur des hydrocarbures en raison de la grande technicité qu’il requiert.
Malheureusement, cet aspect a été souvent sous-estimé quand il n’a pas été
laissé pour compte dans les politiques d’aide au développement.
Il est donc de la plus haute importance que cette question soit abordée de
manière réaliste et ordonnée pour que les conclusions de cette conférence
apportent une contribution utile à la maîtrise du développement des
hydrocarbures par nos propres pays grâce à la qualification de leurs ressources
humaines.
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Notre offre de partenariat dans le secteur des hydrocarbures, comme
dans d’autres domaines, se veut ouverte, globale et solidaire avec le reste du
monde. C’est parce que nous avons conscience de nos propres responsabilités, et
en comptant d’abord sur nous-mêmes, que nous faisons appel à la solidarité
internationale, gage d’un partenariat durable et mutuellement profitable.
Cette démarche, nous la menons, en ce qui concerne, dans un esprit de dialogue
et de concertation entre les partenaires concernés (gouvernements, entreprises
pétrolières publiques et privées, institutions financières, ONG, etc.) pour la
promotion d’une prospérité partagée.
La présente conférence sera, j’en suis sûr, une occasion idéale pour
sensibiliser tous les acteurs concernés et définir les bases nécessaires d’une
coopération large et efficace dans le domaine de l’énergie, à la mesure des
objectifs de la Déclaration du Millénaire et des attentes des populations
africaines.
Je vous remercie pour votre attention et souhaite un plein succès à vos travaux