Conférence-débat devant le Forum d’El-Moudjahid

Allocution introductive par Monsieur Chakib Khelil

Ministre de l’Énergie et des Mines

Alger, le 19 Avril 2003

 

 

Excellences,
Mesdames,
Messieurs,

Je remercie tout d’abord Monsieur Abdelmadjid cherbal, directeur général du quotidien El-Moudjahid, d’avoir eu l’amabilité de m’inviter une nouvelle fois à cette conférence-débat.

Je suis d’autant plus heureux de me retrouver aujourd’hui parmi vous, Monsieur le Directeur Général, que le Centre de presse d’El-Moudjahid est devenu, en peu de temps, grâce à l’organisation de ces forums une référence sur les questions liées aux problèmes politiques, économiques, sociaux, et culturels de notre pays. Je voudrais à cet égard adresser mes félicitations à l’équipe d’El-Moudjahid, le doyen de la presse algérienne.

 

Mesdames, Messieurs,

Il m’a été demandé de vous parler de l’évolution et des perspectives du Secteur de l’Énergie et des Mines. L’organisation de cette conférence-débat qui coïncide avec le quatrième anniversaire de l’investiture du Président de la République m’offre l’opportunité de dresser un rapide bilan des activités engagées par ce secteur.

Mais je me limiterai ici à quelques considérations d’ordre général afin de laisser toute sa place au débat qui va suivre. Un document détaillé vous sera distribué ou vous pourrez trouver les informations complémentaires à mon intervention.

Vous saurez ainsi que le secteur de l’Énergie et des Mines, est un secteur en plein essor. Il a enregistré ces dernières années une croissance continue et multiforme dans ses divers segments : mines, électricité, et hydrocarbures.

Ces progrès sont perceptibles aussi bien dans le domaine de la création de richesses que dans celui du renforcement des instruments législatifs et des moyens financiers de l’État. Ces progrès, on peut également les déceler dans la prise en compte de plus en plus exigeante des besoins en énergie et des aspirations de nos concitoyens et de notre société.

A la source de ces réelles avancées, l’on trouve, naturellement, la détermination et l’esprit de suite qui ont prévalu dans la mise en œuvre des réformes inscrites dans les programmes successifs du Gouvernement. Et ces programmes eux-mêmes ont traduit en objectifs sectoriels, le programme sur lequel a été élu le Président de la République, Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA.

Dans cette logique deux nouvelles lois ont été comme vous le savez, promulguées : celle de l’électricité et celle des mines. Elles s’appliquent déjà sur le terrain avec des résultats concrets et très probants, tant financiers, économiques, que sociaux. Elles ont eu aussi des impacts positifs insoupçonnés, notamment sur l’emploi et la qualité des services proposés.

Vous savez la place qu’occupe le domaine des hydrocarbures dans l’économie nationale. Ils y contribuent pour 41% au produit intérieur brut, pour 97% aux recettes extérieures du pays, et pour 77 % aux recettes budgétaires de l’État.

Ces trois dernières années, notre secteur a connu une très nette amélioration de son efficience et il s’adapte progressivement au nouveau paysage énergétique mondial.

Il convient de rappeler que, pour longtemps encore, le secteur de l’Énergie et des Mines demeurera un facteur vital de sécurisation des revenus de l’État et donc des citoyens et il continuera d’être sollicité pour accroître la richesse nationale. C’est dire donc, la pertinence des nouvelles orientations qui lui ont été imprimées.

Un aspect, sans doute le plus marquant de cette nouvelle politique énergétique et minière, nécessite d ’être relevé : il réside dans la place qu’y occupent désormais le partenariat et la coopération internationale.

Cet élément novateur s’intègre dans cette politique sous un double rapport : celui des réformes économiques engagées par notre pays, à la mise en œuvre desquelles s’attelle le Gouvernement, et celui de l’insertion avantageuse de l’Algérie dans les nouvelles réalités économiques mondiales.

C’est dire que cette nouvelle politique concilie les préoccupations de souveraineté nationale sur le domaine minier avec l’amélioration continue de ses performances, et le bien être du citoyen.

L’objectif primordial est d’accroître de manière continue et de rendre moins aléatoires les revenus de l’État grâce, tout à la fois, aux investissements nouveaux, au développement et à la diversification des activités et des exportations.

Dans cet ordre d’idées, Sonatrach prévoit à elle seule et pour les cinq prochaines années, un volume d’investissements de 23 Milliards de Dollars US. Mais elle le fera sans puiser dans les réserves du Trésor Public et sans demander la garantie de l’État. L’entreprise ira rechercher elle-même ses financements grâce aux moyens qui sont les siens.

Une telle démarche vise a restituer à l’État ce qui lui revient. Elle vise aussi à renforcer le rôle qui est le sien.

L’État est responsable de la politique économique du pays. Il est le garant du respect des Lois et des Règlements.

L’État est propriétaire du domaine minier. Il est aussi le facilitateur des investissements et le protecteur de l’intérêt public.

Mais c’est, naturellement, aux Entreprises qu’incombe le rôle d’accroître la richesse nationale dans le cadre des lois et règlements en vigueur.

 

Mesdames, Messieurs,

Dans l’Amont, l’exploration et le développement de nos réserves, occupent une position clé.

En dépit de ses potentialités, d’ores et déjà identifiées et qui sont prometteuses, le territoire Algérien reste sous exploré avec 8 puits /10.000-Km2 alors que la moyenne mondiale est de 100 puits /10.000-Km2. (500 puits /10.000 Km2 au Texas).

Même s’il a remarquablement progressé au cours des deux dernières années, le nombre des opérateurs dans l’exploration, le développement et l’exploitation, reste limité à une trentaine de compagnies. Elles sont au nombre de 80 dans un pays tel que la Colombie dont les potentialités géologiques sont bien moins importantes que les nôtres.

Il convient de savoir aussi que nos réserves gazières développées ont pratiquement toutes fait l’objet de contrats d’exploitation jusqu’aux horizons 2015–2020.

Vous mesurez, l’étendue du chantier qui demande à être fertilisé : il nous faut donc développer les réserves existantes, et en découvrir de nouvelles.

Il importe de tirer profit, de beaucoup des opportunités nouvelles qui s’offrent à notre pays, en particulier sur le marché européen lequel s’ouvre et se libéralise, mais aussi sur le marché américain qui procure des prix attractifs. Tout cela en garantissant, à long terme, la couverture des besoins du marché national.

Mais, les travaux d’exploration et de mise en valeur des gisements, exigent la mobilisation de moyens financiers et techniques considérables dans un contexte mondial très concurrentiel, où encore une fois, les investisseurs, cibles de sollicitations innombrables, n’ont que l’embarras du choix.

Vous comprendrez aisément que, dans ce contexte incontournable qui s’impose à tous, il s’avère indispensable et urgent pour nous, d’adapter nos instruments et nos méthodes afin d’attirer des capitaux frais et des technologies nouvelles, avec en vue, une préoccupation essentielle : la recherche d’une croissance économique forte, durable, et porteuse d’emplois nouveaux.

L’État est en recherche de ressources supplémentaires destinées à répondre aux légitimes besoins des citoyens et à se desendetter.

Sonatrach de son côté a un besoin vital d’améliorer ses performances en se libérant de nombreuses contraintes d’ordre opérationnel financier et institutionnel qui continuent de peser sur elle, et il lui faut adapter son fonctionnement afin de jouer pleinement son rôle de créatrice de richesses.

D’ores et déjà, le système mis en place de la procédure de l’appel à concurrence en deux phases, en écartant la procédure du gré à gré, a permis de réaliser des gains considérables, de coûts et de délais, d’améliorer les recettes de l’État et de diversifier nos partenaires.

Hormis les grandes compagnies internationales, nous comptons aujourd’hui parmi nos partenaires des sociétés russes, chinoises, vietnamiennes et tunisiennes notamment.

Ces performances nous ont conduit à lancer un nouvel appel d’offres pour l’attribution de 12 nouveaux blocs dont 2 en off shore pour la première fois dans l’histoire pétrolière de notre pays.

Et c’est pour la première fois aussi qu’est engagé un projet de gaz naturel intégré sur le gisement de Gassi Touil. Ce projet inclue l’amont, le transport et la liquéfaction.

Au vu de ces résultats exceptionnels, cette méthode d’adjudication a été étendue aux autres branches d’activités du secteur ainsi qu’aux contrats de fournitures, d’équipements et de prestations de services.

En ce qui concerne plus particulièrement le développement et l’exploitation, le regain d’intérêt porté à notre pays par les sociétés étrangères ces dernières années se confirme.

Des compagnies internationales sont associées à Sonatrach sur 17 gisements pétroliers ou gazeux.

Mais il serait pour le moins hasardeux de penser que la partie est définitivement gagnée. Il importe encore de fidéliser les investisseurs déjà présents chez nous et d’en attirer de nouveaux, dans un contexte de forte compétition entre pays producteurs.

Dans l’Aval, nous nous attachons à diversifier la production nationale et les exportations. Plusieurs actions et projets d’envergure témoignent de la cohérence et du dynamisme qui caractérisent les programmes engagés ces trois dernières années. A titre d’illustration, l’on peut citer, le projet d’usine d’hélium de Skikda, la construction d’une mini-raffinerie à Adrar, le projet de raffinerie de condensât de Skikda sans compter les projets pétrochimiques d’envergure actuellement en discussion concernant notamment les oléfines et les aromatiques qui seront localisés à Skikda.

Le secteur s’est également impliqué fortement dans le dessalement d’eau de mer afin de desserrer les contraintes posées par la pénurie d’eau particulièrement dans la région oranaise qui verra la réalisation de la première usine de dessalement dans notre pays.

Cette unité qui sera adossée à une centrale électrique d’une capacité de 300 MW produira 90.000 m3/jour.

Mais son originalité réside dans le fait qu’elle sera réalisée sans la garantie financière ni de Sonatrach ni de l’État. Elle sera réalisée et exploitée sous l’entière responsabilité du partenaire étranger.

D’autres usines de dessalement sont prévues par ailleurs à Alger et Skikda. Ces projets sont menés par l’Algerian Energy Company (AEC) une filiale partenaire Sonatrach-Sonelgaz créée à la faveur des changements institutionnels qu’a connus le secteur de l’électricité.

D’important projets de génération électrique ont ainsi été initiés comprenant des centrales électriques de grande capacité comme celle d’Alger, de Skikda ou encore d’Arzew, toutes couplées à des projets de dessalement d’eau de mer.

Ces projets qui seront tous réalisés en partenariat s’intègrent dans une perspective qui laisse une large part à l’exportation d’électricité comme l’illustre le projet de 2000 MW.

Le secteur appréhende par ailleurs la question des énergies nouvelles renouvelables et non polluantes, dans toutes ses dimensions depuis la promulgation en février 2002 de la loi relative à l’électricité et à la distribution du gaz.

L’introduction de ces sources d’énergie dans le bilan énergétiques national vise des objectifs de cohésion socio-économique ainsi que des objectifs liés au développement durable.

Des dizaines de villages ont été électrifiés par système solaire. Un nouveau programme d’électrification par système solaire concernant une vingtaine de villages sera lancé dans les semaines qui viennent, ceci indépendamment des multiples applications ponctuelles de l’énergie solaire telles le pompage de l’eau, les balises de signalisation, les applications industrielles...

La loi relative à l’électricité a donné une impulsion considérable au développement des énergies alternatives qui permettra une exploitation massive des énergies renouvelables, l’énergie solaire principalement mais aussi éolienne et géothermique. Aux côtés des opérateurs déjà présents dans ces filières, une nouvelle société la New Energy Algeria (NEAL) a été créée en février 2002 en partenariat entre Sonatrach, Sonelgaz et une société Algérienne privée. Son capital est ouvert aux sociétés nationales ou étrangères.

Dans le domaine de la distribution et du stockage des produits pétroliers, le nouveau cadre réglementaire institué en 1997 suscite un engouement marqué des investisseurs privés ; plus de 600 autorisations ont été délivrées et le montant des investissements pour la création notamment des centres enfûteurs et d’installations de stockage et de distribution dépasse d’ores et déjà 10 Milliards de DA et ces investissements généreront 3000 emplois directs. La compétition ainsi ouverte entre opérateurs privés a eu des répercussions positives sur la prise en charge des besoins des citoyens et la qualité du service proposé.

En matière d’électrification rurale l’effort consenti par l’État ces trois dernières années a permis la mise en exploitation de 10 .000 Km de lignes électriques et le raccordement de 2600 villages et de 11 000 foyers.

Dans ce domaine, le taux d’électrification atteint 95% et il est prévu de raccorder 11 000 nouveaux foyers en 2004 sur un programme entièrement financé par l’État.

Pour les Wilayates du Sud, l’État consent depuis deux années, une réduction de facturation de l’électricité et ces mesures touchent aussi bien les ménages que les activités économiques. Il convient d’ajouter que l’aide accordée aux agriculteurs est passée de 2500 DA à 3500 DA par hectare l’an.

Pour ce qui est de la distribution publique du gaz, le programme triennal 2002-2004 engagé par le Gouvernement prévoit la réalisation de 8000 Km de réseaux pour le raccordement de 188 nouvelles localités et l’alimentation de 360 000 foyers.

Le nouveau mode de financement de ces programmes de distribution de gaz naturel dispense les collectivités locales de tout engagement financier et limite la contribution du citoyen à 10 000 DA par foyer. Pour la seule année 2002, il a été procédé au raccordement de 24 localités et au branchement de 97 627 foyers.

 

Mesdames, Messieurs,

Sur le plan international, il s’agit de se redeployer pour survivre car il ne suffit pas de produire.

Il importe de vendre en s’intégrant harmonieusement au processus de globalisation.

Deux contrats ont été signés pour l’achat en partenariat de deux nouveaux méthaniers. Des travaux nécessaires d’adaptation des ports pétroliers sont engagés pour supporter l’augmentation attendue des flux. Ainsi et pour la première fois en Algérie, seront réalisés des postes de chargement d’hydrocarbures liquides en haute mer.

Il est cependant urgent d’entreprendre des travaux de réhabilitation des infrastructures portuaires afin de résoudre l’ensemble des contraintes et goulots d’étranglement, y compris en matière d’organisation, qui entravent le développement des capacités d’exportation.

SONATRACH s’est engagée d’un autre côté dans de grands projets structurants, reconnus " d’intérêt régional prioritaire " par l’Union Européenne, et elle s’attache à diversifier son portefeuille afin de consolider son cash-flow et de minimiser les risques liés à ses activités. Aux deux gazoducs reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc, et l’Algérie à l’Italie via la Tunisie et dont la capacité sera renforcée, vont s’ajouter deux autres ouvrages reliant directement notre pays à ces deux partenaires européens.

Ainsi des accords conclus avec l’Espagne et l’Italie envisagent la réalisation en partenariat avec différents opérateurs européens de deux gazoducs sous-marins (MEDGAZ et GALSI) et de deux câbles électriques reliant l’Algérie à chacun de ces deux pays. La mise ne place de ces câbles électriques ainsi que les liaisons en fibre optique qui vont les compléter bénéficieront de la pose de ces deux gazoducs, ce qui favorisera l’économie globale de ces projets.

Le gazoduc MEDGAZ dont les études de faisabilité sont achevées reliera directement l’Algérie à l’Espagne et sera d’une capacité initiale de 10 milliards de m3. Sa construction sera engagée prochainement.

Le projet de gazoduc GALSI, d’une capacité similaire à celle de MEDGAZ, reliera l’Italie via la Sardaigne pour desservir le marché italien et européen.

Le câble électrique devant interconnecter les réseaux algérien et européen via le réseau espagnol est d’une capacité de 2000 MW. Celui qui doit alimenter l’Italie via la Sardaigne est d’une capacité de 1000 MW.

Ces projets de transport s’inscrivent à la fois dans la perspective du partenariat euro-méditerranéen telle qu’elle découle du Sommet de Barcelone et dans la vision stratégique de minimisation des risques propres à Sonatrach. Celle-ci, dans le cadre de son redéploiement international, et notamment en Europe, se fixe comme objectif d’atteindre le client final en s’impliquant dans tous les segments de l’industrie des hydrocarbures des pays partenaires.

Le projet de gazoduc, entre le Nigeria et la cote méditerranéenne, (NIGAL) s’inscrit dans l’esprit de la nouvelle initiative pour le développement durable en Afrique (NEPAD). Ce projet, interconnecté au réseau algérien, contribuera de manière appréciable à l’approvisionnement gazier de l’Europe et induira des effets socio-économiques importants dans les pays de transit tout en contribuant à la protection de l’environnement grâce à l’élimination des gaz torchés.

D’autres actions sont menées par Sonatrach à l’international, tels que la réalisation de l’unité de production de propylène de Tarrgone (Barcelone), le terminal de regazéification en Galice en Espagne ou encore le projet de cogénération électrique en partenariat avec une société espagnole dans ce même pays.

 

Mesdames, Messieurs,

Notre pays recèle des ressources minières importantes. Mais en dépit de ces potentialités le secteur minier contribue faiblement à l’économie nationale. La nouvelle loi minière promulguée en juillet 2002 a pour objectif de promouvoir les investissements dans ce secteur afin d’en tirer les meilleurs gains possibles.

Je rappelais il y a quelques jours encore, lors d’une visite de travail à Mostaganem, que l’ouverture de l’exploitation des carrières aux investisseurs privés a permis de créer au cours de ces trois dernières années au niveau national, autant d’emplois dans le secteur privé que ceux qui existent dans le secteur public. Déjà porteuse de fruits, cette ouverture va se poursuivre car ce secteur offre de nombreuses opportunités d’investissement dans les gisements et carrières de sable, de pierres de décoration, de bentonite, de marbre, etc.

En vérité nous sommes en train de sortir le secteur des mines d’une situation de léthargie insoupçonnée et qu’il était difficile de continuer à accepter au regard du potentiel qu’il recèle. A titre d’exemple, chaque carrière peut générer en moyenne 20 emplois, à un moment ou les agrégats et autres matériaux de construction font défaut sur le marché.

Il importe de savoir que nous ne fermons plus de mines alors que prés de vingt mines ont été fermées ces vingt dernières années. Aujourd’hui nous en ouvrons de nouvelles.

L’attractivité du domaine minier engagée à la faveur de la nouvelle loi sur les mines nous a en effet permis d’attribuer 220 titres miniers en 2001 et 2002 qui ont généré plus de 2000 emplois. Les opérations menés dan ce cadre ont permis de rapporter au Trésor Public la somme de 350 millions de Dinars.

La branche " mines et carrières " a enregistré au cours de l’année 2002 une croissance moyenne de près de 13%. Certaines matières ont connu une progression spectaculaire. Ainsi en est-il de la production d’agrégats qui a progressé de plus de 29% par rapport à l’année précédente.

Cette ouverture commence également à attirer les investisseurs étrangers dont certains se sont déjà directement engagés dans l’exploration de gisements aurifères à Tririne-Hanane (Sud-Est). D’autres se sont associés à des entreprises nationales, leur apportant des capitaux et les technologies qui leur faisaient défaut pour maintenir et développer leurs activités, créer de nouvelles richesses pour l’État et de nouveaux emplois.

C’est le cas de l’Entreprise Nationale d’Exploitation des Mines d’or (ENOR) qui en ouvrant son capital à la participation majoritaire d’un grand groupe minier australien, s’engage résolument dans le développement des mines d’or de Tirek et de Amesmassa (Sud-Ouest). L’emploi actuel va être consolidé et 300 nouveaux postes de travail seront créées.

L’exemple de l’entreprise nationale FERPHOS est encore plus significatif du potentiel de croissance et de dynamisme que peuvent générer les réformes en cours dans l’économie nationale grâce à leurs effets induits.

En ouvrant son capital à une Compagnie indienne, Ferphos l’a associée à l’exploitation des mines de fer de l’Ouenza et Boukhadra grâce à la nouvelle Loi minière, et lui a garanti l’approvisionnement du complexe sidérurgique d’El Hadjar qu’elle a pu exploiter, comme on le sait, avec des résultats satisfaisants : doublement de la production d’acier, modernisation de l’outil de production et du management, préservation de l’emploi, tout en améliorant l’efficience économique du complexe.

Je voudrais ajouter un autre exemple pour illustrer la cohérence d’ensemble des réformes que nous menons et montrer les effets structurants d’une Loi réputée sectorielle comme celle des mines en l’occurrence.

C’est le projet d’une nouvelle cimenterie qu’un investisseur étranger va réaliser à M’sila et qui n’a pu voir le jour qu’en raison de la garantie qu’il a eue d’explorer et d’exploiter les gisements de calcaire, d’argiles et de gypse, substances minérales nécessaires à la fabrication du ciment. C’est une fois de plus la nouvelle législation algérienne des mines qui a permis d’encourager un investisseur étranger à investir dans une activité industrielle aussi indispensable que celle des matériaux de construction.

Ainsi, nos mines de fer ont retrouvé des niveaux d’activité et nos deux cités minières des niveaux d’emplois et d’animation économique qu’elles avaient perdus depuis longtemps.

Ce nouveau départ de l’industrie minière dans note pays pose par ailleurs la question cruciale de la disponibilité des ressources humaines qualifiées dans les métiers de la mine et pour lesquelles il n’existe pas de centres de formation spécifiques.

Aussi, le secteur de l’Énergie et des Mines a pris l’initiative de lancer le projet de création d’une École des mines à El Abed en utilisant les infrastructures de la fameuse mine d’El Abed qui était en cours de fermeture. Cet établissement contribuera à répondre à des besoins nationaux pressants en matière de formation minière et participera à l’animation de l’activité économique et culturelle de la région.

Soucieux de favoriser la transparence et l’équité dans l’attribution des titres miniers, principes de base de la nouvelle Loi minière, le Ministère de l’Énergie et des Mines a décidé, dés l’année 2000, de n’octroyer les titres miniers relatifs à des indices et/ou à des gisements préalablement reconnus que par adjudication.

Il y a lieu de préciser que l’attribution de titres miniers par adjudication pour l’exploitation d’un gisement ne signifie nullement la vente du gisement comme d’aucuns l’avait compris. Il s’agit uniquement d’octroi de droits réels pour l’exploitation du gisement pour la durée et dans les conditions du titre minier octroyé, le gisement restant évidemment propriété de la collectivité nationale telle que stipulé par la Constitution.

Les investisseurs publics ou privés, mis en confiance par la transparence des opérations et la régularité de l’attribution des titres miniers, ont montré au fur et à mesure du déroulement de celles-ci, leur satisfaction et leur adhésion à cette manière de procéder.

Six opérations d’adjudication ont donc été organisées et ont permis d’autoriser, l’exercice de 213 nouvelles activités minières sur 374 sites proposés. Ces opérations ont permis de rapporter au Trésor Public la somme de 350 millions de DA.

Fort de la réussite de ces opérations, il a été décidé de faire une adjudication chaque trimestre avec comme objectif de proposer à chaque adjudication un minimum de 50 sites pour l’exploitation.

 

Mesdames, Messieurs,

Je ne saurais terminer ce bilan sans évoquer quelques aspects de ces grands chantiers que nous avons ouverts dans le cadre d’une dynamique de concertation, de mobilisation et d’implication des ressources humaines de notre secteur.

La promotion du dialogue avec tous les personnels (hommes et femmes), avec les cadres, et naturellement avec le partenaire social, dans toutes les entreprises du Groupe SONATRACH, et au sein du Ministère, s’est intensifiée et systématisée.

La pratique systématisée des brainstormings au sein du Groupe Sonatrach a fourni un espace d’expression, de communication, d’échange et de créativité à tous nos cadres. Ils ont été ainsi des milliers à se réunir, à débattre et décider ensemble des objectifs propres à chacune de leurs entreprises et des plans d’actions à mettre en œuvre pour les atteindre.

Les femmes et les hommes du secteur de l’Énergie et des Mines sont au cœur de notre démarche. Nos ressources humaines sont un capital précieux; elles constituent le levier principal de l’adaptation des entreprises du secteur à la nouvelle configuration de l’économie nationale et de l’environnement international où les évolutions s’évaluent à l’aune de la performance, de la compétitivité et de la création continue de richesses.

C’est ainsi que nous concevons le développement durable non comme une approche philosophique mais comme un travail persévérant de proximité.

Dans le contexte de crise sociale qui caractérise notre pays, nous avons bien conscience de l’ampleur et de la diversité des problèmes sociaux à résoudre, de la nécessité de revoir les structures et les dispositifs sociaux jusqu’ici en vigueur, dans le but d’impulser une dynamique de solidarité nationale apte à saisir des réalités sociales complexes et d’optimiser leur traitement.

Nous redoublons d’efforts pour transcender les cloisonnements, assurer la durabilité de l’action, impliquer collégialement et solidairement l’ensemble des acteurs publics, privés et sociaux, au moyen d’actions communes, d’une concertation soutenue et d’un partenariat efficient.

La solidarité telle que nous la concevons vise à prémunir la société contre les excès du Marché. Nous avons conscience que les règles de la Nouvelle Économie qui se met en place doivent être strictement contrôlées et évaluées afin de s’assurer que chacun a des chances égales d’accès à de nouvelles opportunités. Et ne pas perdre de vue, surtout, que les ressources humaines constituent le capital le plus précieux dans toute action que nous engageons.

 

Mesdames, Messieurs,

J’espère avoir réussi à vous donner une idée de ce que nous avons réalisé ces trois dernières années en particulier mais surtout de vous avoir sensibilisé sur l’ampleur de ce qui nous reste à faire et que nous sommes déterminés à achever.

J’espère vous avoir fait partager l’optimisme raisonné qui nous anime et vous avoir convaincu de la cohérence de la démarche du secteur algérien de l’énergie et des mines.

Je vous remercie de votre attention et suis disposé à vous écouté et à répondre à vos questions.