Excellences,
Mesdames,
Messieurs,
Je remercie tout dabord Monsieur Abdelmadjid cherbal, directeur général du quotidien El-Moudjahid, davoir eu lamabilité de minviter une nouvelle fois à cette conférence-débat.
Je suis dautant plus heureux de me retrouver aujourdhui parmi vous, Monsieur le Directeur Général, que le Centre de presse dEl-Moudjahid est devenu, en peu de temps, grâce à lorganisation de ces forums une référence sur les questions liées aux problèmes politiques, économiques, sociaux, et culturels de notre pays. Je voudrais à cet égard adresser mes félicitations à léquipe dEl-Moudjahid, le doyen de la presse algérienne.
Mesdames, Messieurs,
Il ma été demandé de vous parler de lévolution et des perspectives du Secteur de lÉnergie et des Mines. Lorganisation de cette conférence-débat qui coïncide avec le quatrième anniversaire de linvestiture du Président de la République moffre lopportunité de dresser un rapide bilan des activités engagées par ce secteur.
Mais je me limiterai ici à quelques considérations dordre général afin de laisser toute sa place au débat qui va suivre. Un document détaillé vous sera distribué ou vous pourrez trouver les informations complémentaires à mon intervention.
Vous saurez ainsi que le secteur de lÉnergie et des Mines, est un secteur en plein essor. Il a enregistré ces dernières années une croissance continue et multiforme dans ses divers segments : mines, électricité, et hydrocarbures.
Ces progrès sont perceptibles aussi bien dans le domaine de la création de richesses que dans celui du renforcement des instruments législatifs et des moyens financiers de lÉtat. Ces progrès, on peut également les déceler dans la prise en compte de plus en plus exigeante des besoins en énergie et des aspirations de nos concitoyens et de notre société.
A la source de ces réelles avancées, lon trouve, naturellement, la détermination et lesprit de suite qui ont prévalu dans la mise en uvre des réformes inscrites dans les programmes successifs du Gouvernement. Et ces programmes eux-mêmes ont traduit en objectifs sectoriels, le programme sur lequel a été élu le Président de la République, Monsieur Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Dans cette logique deux nouvelles lois ont été comme vous le savez, promulguées : celle de lélectricité et celle des mines. Elles sappliquent déjà sur le terrain avec des résultats concrets et très probants, tant financiers, économiques, que sociaux. Elles ont eu aussi des impacts positifs insoupçonnés, notamment sur lemploi et la qualité des services proposés.
Vous savez la place quoccupe le domaine des hydrocarbures dans léconomie nationale. Ils y contribuent pour 41% au produit intérieur brut, pour 97% aux recettes extérieures du pays, et pour 77 % aux recettes budgétaires de lÉtat.
Ces trois dernières années, notre secteur a connu une très nette amélioration de son efficience et il sadapte progressivement au nouveau paysage énergétique mondial.
Il convient de rappeler que, pour longtemps encore, le secteur de lÉnergie et des Mines demeurera un facteur vital de sécurisation des revenus de lÉtat et donc des citoyens et il continuera dêtre sollicité pour accroître la richesse nationale. Cest dire donc, la pertinence des nouvelles orientations qui lui ont été imprimées.
Un aspect, sans doute le plus marquant de cette nouvelle politique énergétique et minière, nécessite d être relevé : il réside dans la place quy occupent désormais le partenariat et la coopération internationale.
Cet élément novateur sintègre dans cette politique sous un double rapport : celui des réformes économiques engagées par notre pays, à la mise en uvre desquelles sattelle le Gouvernement, et celui de linsertion avantageuse de lAlgérie dans les nouvelles réalités économiques mondiales.
Cest dire que cette nouvelle politique concilie les préoccupations de souveraineté nationale sur le domaine minier avec lamélioration continue de ses performances, et le bien être du citoyen.
Lobjectif primordial est daccroître de manière continue et de rendre moins aléatoires les revenus de lÉtat grâce, tout à la fois, aux investissements nouveaux, au développement et à la diversification des activités et des exportations.
Dans cet ordre didées, Sonatrach prévoit à elle seule et pour les cinq prochaines années, un volume dinvestissements de 23 Milliards de Dollars US. Mais elle le fera sans puiser dans les réserves du Trésor Public et sans demander la garantie de lÉtat. Lentreprise ira rechercher elle-même ses financements grâce aux moyens qui sont les siens.
Une telle démarche vise a restituer à lÉtat ce qui lui revient. Elle vise aussi à renforcer le rôle qui est le sien.
LÉtat est responsable de la politique économique du pays. Il est le garant du respect des Lois et des Règlements.
LÉtat est propriétaire du domaine minier. Il est aussi le facilitateur des investissements et le protecteur de lintérêt public.
Mais cest, naturellement, aux Entreprises quincombe le rôle daccroître la richesse nationale dans le cadre des lois et règlements en vigueur.
Mesdames, Messieurs,
Dans lAmont, lexploration et le développement de nos réserves, occupent une position clé.
En dépit de ses potentialités, dores et déjà identifiées et qui sont prometteuses, le territoire Algérien reste sous exploré avec 8 puits /10.000-Km2 alors que la moyenne mondiale est de 100 puits /10.000-Km2. (500 puits /10.000 Km2 au Texas).
Même sil a remarquablement progressé au cours des deux dernières années, le nombre des opérateurs dans lexploration, le développement et lexploitation, reste limité à une trentaine de compagnies. Elles sont au nombre de 80 dans un pays tel que la Colombie dont les potentialités géologiques sont bien moins importantes que les nôtres.
Il convient de savoir aussi que nos réserves gazières développées ont pratiquement toutes fait lobjet de contrats dexploitation jusquaux horizons 20152020.
Vous mesurez, létendue du chantier qui demande à être fertilisé : il nous faut donc développer les réserves existantes, et en découvrir de nouvelles.
Il importe de tirer profit, de beaucoup des opportunités nouvelles qui soffrent à notre pays, en particulier sur le marché européen lequel souvre et se libéralise, mais aussi sur le marché américain qui procure des prix attractifs. Tout cela en garantissant, à long terme, la couverture des besoins du marché national.
Mais, les travaux dexploration et de mise en valeur des gisements, exigent la mobilisation de moyens financiers et techniques considérables dans un contexte mondial très concurrentiel, où encore une fois, les investisseurs, cibles de sollicitations innombrables, nont que lembarras du choix.
Vous comprendrez aisément que, dans ce contexte incontournable qui simpose à tous, il savère indispensable et urgent pour nous, dadapter nos instruments et nos méthodes afin dattirer des capitaux frais et des technologies nouvelles, avec en vue, une préoccupation essentielle : la recherche dune croissance économique forte, durable, et porteuse demplois nouveaux.
LÉtat est en recherche de ressources supplémentaires destinées à répondre aux légitimes besoins des citoyens et à se desendetter.
Sonatrach de son côté a un besoin vital daméliorer ses performances en se libérant de nombreuses contraintes dordre opérationnel financier et institutionnel qui continuent de peser sur elle, et il lui faut adapter son fonctionnement afin de jouer pleinement son rôle de créatrice de richesses.
Dores et déjà, le système mis en place de la procédure de lappel à concurrence en deux phases, en écartant la procédure du gré à gré, a permis de réaliser des gains considérables, de coûts et de délais, daméliorer les recettes de lÉtat et de diversifier nos partenaires.
Hormis les grandes compagnies internationales, nous comptons aujourdhui parmi nos partenaires des sociétés russes, chinoises, vietnamiennes et tunisiennes notamment.
Ces performances nous ont conduit à lancer un nouvel appel doffres pour lattribution de 12 nouveaux blocs dont 2 en off shore pour la première fois dans lhistoire pétrolière de notre pays.
Et cest pour la première fois aussi quest engagé un projet de gaz naturel intégré sur le gisement de Gassi Touil. Ce projet inclue lamont, le transport et la liquéfaction.
Au vu de ces résultats exceptionnels, cette méthode dadjudication a été étendue aux autres branches dactivités du secteur ainsi quaux contrats de fournitures, déquipements et de prestations de services.
En ce qui concerne plus particulièrement le développement et lexploitation, le regain dintérêt porté à notre pays par les sociétés étrangères ces dernières années se confirme.
Des compagnies internationales sont associées à Sonatrach sur 17 gisements pétroliers ou gazeux.
Mais il serait pour le moins hasardeux de penser que la partie est définitivement gagnée. Il importe encore de fidéliser les investisseurs déjà présents chez nous et den attirer de nouveaux, dans un contexte de forte compétition entre pays producteurs.
Dans lAval, nous nous attachons à diversifier la production nationale et les exportations. Plusieurs actions et projets denvergure témoignent de la cohérence et du dynamisme qui caractérisent les programmes engagés ces trois dernières années. A titre dillustration, lon peut citer, le projet dusine dhélium de Skikda, la construction dune mini-raffinerie à Adrar, le projet de raffinerie de condensât de Skikda sans compter les projets pétrochimiques denvergure actuellement en discussion concernant notamment les oléfines et les aromatiques qui seront localisés à Skikda.
Le secteur sest également impliqué fortement dans le dessalement deau de mer afin de desserrer les contraintes posées par la pénurie deau particulièrement dans la région oranaise qui verra la réalisation de la première usine de dessalement dans notre pays.
Cette unité qui sera adossée à une centrale électrique dune capacité de 300 MW produira 90.000 m3/jour.
Mais son originalité réside dans le fait quelle sera réalisée sans la garantie financière ni de Sonatrach ni de lÉtat. Elle sera réalisée et exploitée sous lentière responsabilité du partenaire étranger.
Dautres usines de dessalement sont prévues par ailleurs à Alger et Skikda. Ces projets sont menés par lAlgerian Energy Company (AEC) une filiale partenaire Sonatrach-Sonelgaz créée à la faveur des changements institutionnels qua connus le secteur de lélectricité.
Dimportant projets de génération électrique ont ainsi été initiés comprenant des centrales électriques de grande capacité comme celle dAlger, de Skikda ou encore dArzew, toutes couplées à des projets de dessalement deau de mer.
Ces projets qui seront tous réalisés en partenariat sintègrent dans une perspective qui laisse une large part à lexportation délectricité comme lillustre le projet de 2000 MW.
Le secteur appréhende par ailleurs la question des énergies nouvelles renouvelables et non polluantes, dans toutes ses dimensions depuis la promulgation en février 2002 de la loi relative à lélectricité et à la distribution du gaz.
Lintroduction de ces sources dénergie dans le bilan énergétiques national vise des objectifs de cohésion socio-économique ainsi que des objectifs liés au développement durable.
Des dizaines de villages ont été électrifiés par système solaire. Un nouveau programme délectrification par système solaire concernant une vingtaine de villages sera lancé dans les semaines qui viennent, ceci indépendamment des multiples applications ponctuelles de lénergie solaire telles le pompage de leau, les balises de signalisation, les applications industrielles...
La loi relative à lélectricité a donné une impulsion considérable au développement des énergies alternatives qui permettra une exploitation massive des énergies renouvelables, lénergie solaire principalement mais aussi éolienne et géothermique. Aux côtés des opérateurs déjà présents dans ces filières, une nouvelle société la New Energy Algeria (NEAL) a été créée en février 2002 en partenariat entre Sonatrach, Sonelgaz et une société Algérienne privée. Son capital est ouvert aux sociétés nationales ou étrangères.
Dans le domaine de la distribution et du stockage des produits pétroliers, le nouveau cadre réglementaire institué en 1997 suscite un engouement marqué des investisseurs privés ; plus de 600 autorisations ont été délivrées et le montant des investissements pour la création notamment des centres enfûteurs et dinstallations de stockage et de distribution dépasse dores et déjà 10 Milliards de DA et ces investissements généreront 3000 emplois directs. La compétition ainsi ouverte entre opérateurs privés a eu des répercussions positives sur la prise en charge des besoins des citoyens et la qualité du service proposé.
En matière délectrification rurale leffort consenti par lÉtat ces trois dernières années a permis la mise en exploitation de 10 .000 Km de lignes électriques et le raccordement de 2600 villages et de 11 000 foyers.
Dans ce domaine, le taux délectrification atteint 95% et il est prévu de raccorder 11 000 nouveaux foyers en 2004 sur un programme entièrement financé par lÉtat.
Pour les Wilayates du Sud, lÉtat consent depuis deux années, une réduction de facturation de lélectricité et ces mesures touchent aussi bien les ménages que les activités économiques. Il convient dajouter que laide accordée aux agriculteurs est passée de 2500 DA à 3500 DA par hectare lan.
Pour ce qui est de la distribution publique du gaz, le programme triennal 2002-2004 engagé par le Gouvernement prévoit la réalisation de 8000 Km de réseaux pour le raccordement de 188 nouvelles localités et lalimentation de 360 000 foyers.
Le nouveau mode de financement de ces programmes de distribution de gaz naturel dispense les collectivités locales de tout engagement financier et limite la contribution du citoyen à 10 000 DA par foyer. Pour la seule année 2002, il a été procédé au raccordement de 24 localités et au branchement de 97 627 foyers.
Mesdames, Messieurs,
Sur le plan international, il sagit de se redeployer pour survivre car il ne suffit pas de produire.
Il importe de vendre en sintégrant harmonieusement au processus de globalisation.
Deux contrats ont été signés pour lachat en partenariat de deux nouveaux méthaniers. Des travaux nécessaires dadaptation des ports pétroliers sont engagés pour supporter laugmentation attendue des flux. Ainsi et pour la première fois en Algérie, seront réalisés des postes de chargement dhydrocarbures liquides en haute mer.
Il est cependant urgent dentreprendre des travaux de réhabilitation des infrastructures portuaires afin de résoudre lensemble des contraintes et goulots détranglement, y compris en matière dorganisation, qui entravent le développement des capacités dexportation.
SONATRACH sest engagée dun autre côté dans de grands projets structurants, reconnus " dintérêt régional prioritaire " par lUnion Européenne, et elle sattache à diversifier son portefeuille afin de consolider son cash-flow et de minimiser les risques liés à ses activités. Aux deux gazoducs reliant lAlgérie à lEspagne via le Maroc, et lAlgérie à lItalie via la Tunisie et dont la capacité sera renforcée, vont sajouter deux autres ouvrages reliant directement notre pays à ces deux partenaires européens.
Ainsi des accords conclus avec lEspagne et lItalie envisagent la réalisation en partenariat avec différents opérateurs européens de deux gazoducs sous-marins (MEDGAZ et GALSI) et de deux câbles électriques reliant lAlgérie à chacun de ces deux pays. La mise ne place de ces câbles électriques ainsi que les liaisons en fibre optique qui vont les compléter bénéficieront de la pose de ces deux gazoducs, ce qui favorisera léconomie globale de ces projets.
Le gazoduc MEDGAZ dont les études de faisabilité sont achevées reliera directement lAlgérie à lEspagne et sera dune capacité initiale de 10 milliards de m3. Sa construction sera engagée prochainement.
Le projet de gazoduc GALSI, dune capacité similaire à celle de MEDGAZ, reliera lItalie via la Sardaigne pour desservir le marché italien et européen.
Le câble électrique devant interconnecter les réseaux algérien et européen via le réseau espagnol est dune capacité de 2000 MW. Celui qui doit alimenter lItalie via la Sardaigne est dune capacité de 1000 MW.
Ces projets de transport sinscrivent à la fois dans la perspective du partenariat euro-méditerranéen telle quelle découle du Sommet de Barcelone et dans la vision stratégique de minimisation des risques propres à Sonatrach. Celle-ci, dans le cadre de son redéploiement international, et notamment en Europe, se fixe comme objectif datteindre le client final en simpliquant dans tous les segments de lindustrie des hydrocarbures des pays partenaires.
Le projet de gazoduc, entre le Nigeria et la cote méditerranéenne, (NIGAL) sinscrit dans lesprit de la nouvelle initiative pour le développement durable en Afrique (NEPAD). Ce projet, interconnecté au réseau algérien, contribuera de manière appréciable à lapprovisionnement gazier de lEurope et induira des effets socio-économiques importants dans les pays de transit tout en contribuant à la protection de lenvironnement grâce à lélimination des gaz torchés.
Dautres actions sont menées par Sonatrach à linternational, tels que la réalisation de lunité de production de propylène de Tarrgone (Barcelone), le terminal de regazéification en Galice en Espagne ou encore le projet de cogénération électrique en partenariat avec une société espagnole dans ce même pays.
Mesdames, Messieurs,
Notre pays recèle des ressources minières importantes. Mais en dépit de ces potentialités le secteur minier contribue faiblement à léconomie nationale. La nouvelle loi minière promulguée en juillet 2002 a pour objectif de promouvoir les investissements dans ce secteur afin den tirer les meilleurs gains possibles.
Je rappelais il y a quelques jours encore, lors dune visite de travail à Mostaganem, que louverture de lexploitation des carrières aux investisseurs privés a permis de créer au cours de ces trois dernières années au niveau national, autant demplois dans le secteur privé que ceux qui existent dans le secteur public. Déjà porteuse de fruits, cette ouverture va se poursuivre car ce secteur offre de nombreuses opportunités dinvestissement dans les gisements et carrières de sable, de pierres de décoration, de bentonite, de marbre, etc.
En vérité nous sommes en train de sortir le secteur des mines dune situation de léthargie insoupçonnée et quil était difficile de continuer à accepter au regard du potentiel quil recèle. A titre dexemple, chaque carrière peut générer en moyenne 20 emplois, à un moment ou les agrégats et autres matériaux de construction font défaut sur le marché.
Il importe de savoir que nous ne fermons plus de mines alors que prés de vingt mines ont été fermées ces vingt dernières années. Aujourdhui nous en ouvrons de nouvelles.
Lattractivité du domaine minier engagée à la faveur de la nouvelle loi sur les mines nous a en effet permis dattribuer 220 titres miniers en 2001 et 2002 qui ont généré plus de 2000 emplois. Les opérations menés dan ce cadre ont permis de rapporter au Trésor Public la somme de 350 millions de Dinars.
La branche " mines et carrières " a enregistré au cours de lannée 2002 une croissance moyenne de près de 13%. Certaines matières ont connu une progression spectaculaire. Ainsi en est-il de la production dagrégats qui a progressé de plus de 29% par rapport à lannée précédente.
Cette ouverture commence également à attirer les investisseurs étrangers dont certains se sont déjà directement engagés dans lexploration de gisements aurifères à Tririne-Hanane (Sud-Est). Dautres se sont associés à des entreprises nationales, leur apportant des capitaux et les technologies qui leur faisaient défaut pour maintenir et développer leurs activités, créer de nouvelles richesses pour lÉtat et de nouveaux emplois.
Cest le cas de lEntreprise Nationale dExploitation des Mines dor (ENOR) qui en ouvrant son capital à la participation majoritaire dun grand groupe minier australien, sengage résolument dans le développement des mines dor de Tirek et de Amesmassa (Sud-Ouest). Lemploi actuel va être consolidé et 300 nouveaux postes de travail seront créées.
Lexemple de lentreprise nationale FERPHOS est encore plus significatif du potentiel de croissance et de dynamisme que peuvent générer les réformes en cours dans léconomie nationale grâce à leurs effets induits.
En ouvrant son capital à une Compagnie indienne, Ferphos la associée à lexploitation des mines de fer de lOuenza et Boukhadra grâce à la nouvelle Loi minière, et lui a garanti lapprovisionnement du complexe sidérurgique dEl Hadjar quelle a pu exploiter, comme on le sait, avec des résultats satisfaisants : doublement de la production dacier, modernisation de loutil de production et du management, préservation de lemploi, tout en améliorant lefficience économique du complexe.
Je voudrais ajouter un autre exemple pour illustrer la cohérence densemble des réformes que nous menons et montrer les effets structurants dune Loi réputée sectorielle comme celle des mines en loccurrence.
Cest le projet dune nouvelle cimenterie quun investisseur étranger va réaliser à Msila et qui na pu voir le jour quen raison de la garantie quil a eue dexplorer et dexploiter les gisements de calcaire, dargiles et de gypse, substances minérales nécessaires à la fabrication du ciment. Cest une fois de plus la nouvelle législation algérienne des mines qui a permis dencourager un investisseur étranger à investir dans une activité industrielle aussi indispensable que celle des matériaux de construction.
Ainsi, nos mines de fer ont retrouvé des niveaux dactivité et nos deux cités minières des niveaux demplois et danimation économique quelles avaient perdus depuis longtemps.
Ce nouveau départ de lindustrie minière dans note pays pose par ailleurs la question cruciale de la disponibilité des ressources humaines qualifiées dans les métiers de la mine et pour lesquelles il nexiste pas de centres de formation spécifiques.
Aussi, le secteur de lÉnergie et des Mines a pris linitiative de lancer le projet de création dune École des mines à El Abed en utilisant les infrastructures de la fameuse mine dEl Abed qui était en cours de fermeture. Cet établissement contribuera à répondre à des besoins nationaux pressants en matière de formation minière et participera à lanimation de lactivité économique et culturelle de la région.
Soucieux de favoriser la transparence et léquité dans lattribution des titres miniers, principes de base de la nouvelle Loi minière, le Ministère de lÉnergie et des Mines a décidé, dés lannée 2000, de noctroyer les titres miniers relatifs à des indices et/ou à des gisements préalablement reconnus que par adjudication.
Il y a lieu de préciser que lattribution de titres miniers par adjudication pour lexploitation dun gisement ne signifie nullement la vente du gisement comme daucuns lavait compris. Il sagit uniquement doctroi de droits réels pour lexploitation du gisement pour la durée et dans les conditions du titre minier octroyé, le gisement restant évidemment propriété de la collectivité nationale telle que stipulé par la Constitution.
Les investisseurs publics ou privés, mis en confiance par la transparence des opérations et la régularité de lattribution des titres miniers, ont montré au fur et à mesure du déroulement de celles-ci, leur satisfaction et leur adhésion à cette manière de procéder.
Six opérations dadjudication ont donc été organisées et ont permis dautoriser, lexercice de 213 nouvelles activités minières sur 374 sites proposés. Ces opérations ont permis de rapporter au Trésor Public la somme de 350 millions de DA.
Fort de la réussite de ces opérations, il a été décidé de faire une adjudication chaque trimestre avec comme objectif de proposer à chaque adjudication un minimum de 50 sites pour lexploitation.
Mesdames, Messieurs,
Je ne saurais terminer ce bilan sans évoquer quelques aspects de ces grands chantiers que nous avons ouverts dans le cadre dune dynamique de concertation, de mobilisation et dimplication des ressources humaines de notre secteur.
La promotion du dialogue avec tous les personnels (hommes et femmes), avec les cadres, et naturellement avec le partenaire social, dans toutes les entreprises du Groupe SONATRACH, et au sein du Ministère, sest intensifiée et systématisée.
La pratique systématisée des brainstormings au sein du Groupe Sonatrach a fourni un espace dexpression, de communication, déchange et de créativité à tous nos cadres. Ils ont été ainsi des milliers à se réunir, à débattre et décider ensemble des objectifs propres à chacune de leurs entreprises et des plans dactions à mettre en uvre pour les atteindre.
Les femmes et les hommes du secteur de lÉnergie et des Mines sont au cur de notre démarche. Nos ressources humaines sont un capital précieux; elles constituent le levier principal de ladaptation des entreprises du secteur à la nouvelle configuration de léconomie nationale et de lenvironnement international où les évolutions sévaluent à laune de la performance, de la compétitivité et de la création continue de richesses.
Cest ainsi que nous concevons le développement durable non comme une approche philosophique mais comme un travail persévérant de proximité.
Dans le contexte de crise sociale qui caractérise notre pays, nous avons bien conscience de lampleur et de la diversité des problèmes sociaux à résoudre, de la nécessité de revoir les structures et les dispositifs sociaux jusquici en vigueur, dans le but dimpulser une dynamique de solidarité nationale apte à saisir des réalités sociales complexes et doptimiser leur traitement.
Nous redoublons defforts pour transcender les cloisonnements, assurer la durabilité de laction, impliquer collégialement et solidairement lensemble des acteurs publics, privés et sociaux, au moyen dactions communes, dune concertation soutenue et dun partenariat efficient.
La solidarité telle que nous la concevons vise à prémunir la société contre les excès du Marché. Nous avons conscience que les règles de la Nouvelle Économie qui se met en place doivent être strictement contrôlées et évaluées afin de sassurer que chacun a des chances égales daccès à de nouvelles opportunités. Et ne pas perdre de vue, surtout, que les ressources humaines constituent le capital le plus précieux dans toute action que nous engageons.
Mesdames, Messieurs,
Jespère avoir réussi à vous donner une idée de ce que nous avons réalisé ces trois dernières années en particulier mais surtout de vous avoir sensibilisé sur lampleur de ce qui nous reste à faire et que nous sommes déterminés à achever.
Jespère vous avoir fait partager loptimisme raisonné qui nous anime et vous avoir convaincu de la cohérence de la démarche du secteur algérien de lénergie et des mines.
Je vous remercie de votre attention et suis disposé à vous écouté et à répondre à vos questions.