Allocution d'ouverture de la rencontre Projet Mine école d'El-Abed
Monsieur le Ministre de l'énergie et des mines
Tlemcen, 12 mai 2003
Mesdames, Messieurs, Honorable assistance,
Permettez-moi de vous saluer et de vous souhaiter la bienvenue à cette rencontre relative à la future école des mines implantée sur le site de la mine d'El-Abed.
Tout en exprimant le plaisir d'être parmi vous, je voudrais tout d'abord adresser mes plus vifs remerciements à Monsieur le Wali de Tlemcen et à travers lui, tous ses collaborateurs pour les efforts déployés pour la tenue de cette journée de présentation de la future école des mines.
Mes remerciements s'adressent aux différents opérateurs et universitaires qui ont tenu, par leur présence marquer leur engagement et leur intérêt pour le développement de la formation au niveau de la mine école d'El-Abed.
Quelle est aujourd'hui la situation du secteur minier ?
Le secteur minier algérien a connu une profonde décroissance, durant les années 80 et 90, comme beaucoup de pays miniers à travers le monde en raison des changements politico-économiques qui ont généré une situation de forte concurrence dans le marché des matières premières.
Ce secteur stratégique, par excellence, de part son rôle de pourvoyeur de matières premières et de générateur de ressources financières et humaines, se devait de s'inscrire dans le cadre des réformes économiques du pays.
D'autant plus que notre pays recèle d'importantes ressources minières très diversifiées.
La première loi minière n°84-06 du 07 janvier 1984, limitait l'exercice de l'activité minière au secteur public. Les premiers amendements de cette loi, sont intervenus en 1991 par la loi n° 91-24 du 06 décembre 1991 et ont permis une participation du secteur privé national dans certaines substances minérales et du secteur privé étranger dans le cadre d'association avec les entreprises publiques au taux de 49%.
Compte tenu des résultats insuffisants, des modifications profondes s'imposaient pour permettre à ce secteur de jouer pleinement sa mission de rôle moteur dans le développement du secteur et de réunir toutes les conditions nécessaires à sa relance.
Ces modifications ont pour objectifs de développer le secteur minier par:
- Une refonte du cadre législatif et réglementaire avec une redistribution des rôles de celui de l'État régulateur et celui de l'opérateur.
- La mise en place d'une organisation adaptée et des outils de gestion modernes, autonomes et transparents.
- La création des conditions favorables et incitatives pour encourager l'investissement privé aussi bien national qu'international.
- L'ouverture de l'investissement dans le secteur minier algérien à tout investissement quelle que soit sa nationalité.
- L'encouragement et le soutien à la petite et moyenne exploitation minière et artisanale.
- La mise en place d'un système transparent d'octroi des autorisations d'exploitation par adjudication pour augmenter la participation du secteur privé national.
Dés le début de l'année 2000, les travaux ont été engagés pour préparer un projet de loi minière visant à promouvoir et à favoriser le développement du secteur des mines.
La nouvelle loi minière a ainsi été promulguée le 03 juillet 2001.
Cette nouvelle loi consacre :
- La séparation de la propriété du sol et du sous-sol.
- L'accessibilité à tout opérateur.
- La limitation du rôle de l'État à celui de régulateur.
- Le traitement égal de tous les opérateurs économiques.
- La non-différenciation des substances minérales.
- La cessibilité et la transférabilité des titres qui ont une valeur juridique.
- Le droit de l'inventeur pour le titulaire de titre minier d'exploration.
- L'attribution par adjudication de titre minier pour les gisements mis en évidence sur fonds publics.
- Une fiscalité spécifique minière, stabilisée par une convention pour les concessions minières.
- La garantie de transfert des capitaux investis et des revenus.
- L'octroi de plusieurs avantages fiscaux et mesures incitatives aux investisseurs.
Pour mettre en application cette reforme, il est prévu la mise en place d'une organisation adaptée en l'occurrence une administration centrale chargée de la politique minière et de l'élaboration des textes réglementaires, une agence nationale du patrimoine minier qui gère le cadastre minier et délivre les titres miniers et une agence nationale de la géologie et du contrôle minier qui gère le service géologique et contrôle les activités minières et la protection de l'environnement.
Le Ministère de l'Énergie et des Mines a décidé, dés l'année 2000, d'octroyer les titres miniers relatifs à des gisements ou indices reconnus sur fonds publics, par adjudication.
La première promotion de la petite et moyenne mines a eu lieu au cours du second trimestre 2000, et 19 titres miniers ont été octroyés.
Cinq autres opérations d'adjudication ont été organisées et ont permis l'octroi de 213 titres miniers.
Les investisseurs publics et privés montrent donc, leur confiance vis à vis de la nouvelle procédure d'attribution des titres miniers et la transparence avec laquelle se sont déroulées les différentes opérations d'adjudication.
L'ensemble de ces opérations, ont permis de verser au trésor public la somme de 350.000.000 DA.
Pour répondre à la demande nationale en substances minérales et pour accroître et diversifier les petites et moyennes exploitations minières génératrices d'emplois, nous nous devons de poursuivre et organiser d'autres opérations de promotion de la petite et moyenne mines et se fixer comme objectif d'organiser une adjudication par trimestre avec au minimum 50 sites à proposer pour l'exploitation et pour chaque adjudication.
Les objectifs de développement, de promotion et de modernisation du secteur des activités mines ne peuvent, évidemment, se concrétiser sans un personnel compétent dans tous les domaines et au fait des évolutions techniques et technologiques.
A ce titre, la formation des travailleurs à tous les niveaux constitue un enjeu capital et un investissement créateur de richesse au niveau des entreprises des mines.
Conscients des impératifs et des défis induits par la globalisation de l'économie et sa libéralisation nous avons inscrit la formation comme axe stratégique pour nous adapter en permanence au nouveau contexte de compétitivité où les prix et la qualité des produits constituent des facteurs essentiels de performance, voire de survie des entreprises.
Le redéploiement de la mine désaffectée d'El-Abed en pôle de développement de la formation pour les activités mines et carrières vise précisément à permettre aux opérateurs mines d'assurer la formation de leur personnel pour leur faire acquérir et maîtriser les compétences nécessaires à l'exercice de leurs activités.
Il est en effet important d'exploiter les différents sites miniers et les carrières en recourant à des techniques modernes qui visent une meilleure rentabilisation des investissements consentis et une production de meilleure qualité réalisée par un personnel compétent et capable d'améliorer et de développer davantage son niveau de productivité.
Il importe de souligner que la future école des mines vise à pallier l'absence de structures de formation spécialisées pour les besoins des activités mines et carrières.
Elle permettra également de capitaliser et de diffuser l'expérience et la culture des métiers des mines acquises par le personnel de la mine d'El-Abed qui dispose en outre, d'infrastructures et d'équipements appropriés et d'un environnement constitué de sites miniers très utiles pour les besoins de la formation dans les différents types d'exploitations minières.
La future école des mines d'El-Abed sera également, un site de réalisation de stages pratiques et de travaux d'études et de recherche pour les universitaires et chercheurs
L'école des mines d'El-Abed, constituera ainsi, un cadre de rencontres, d'échanges et d'osmose entre les opérateurs des activités mines et les universitaires pour résoudre en commun des problèmes pratiques, voire même améliorer ou mettre au point des procédés de travail plus modernes et plus performants.
Enfin il faut souligner la pertinence et l'opportunité de préserver la situation socio-économique de la région, voire même, politique et sécuritaire (zone frontalière ), essentiellement conditionnée par la présence de la mine principale source d'emploi et de rayonnement socio-économique.
Je tiens ici à exprimer mes remerciements aux entreprises qui ont répondu à notre sollicitation et qui ont contribué, sous forme de sponsoring au financement des travaux de redéploiement de la mine en école de formation pour les activités mines.
Je profite, enfin de l'opportunité que nous offre cette rencontre qui nous permettra d'aboutir à des recommandations allant dans le sens d'une utilisation optimum des capacités que l'école des mines met à votre disposition et je souhaite plein succès à vos travaux.