République Algérienne
démocratique et populaire
Forum
International sur la formation et la recherche dans le secteur
de l’énergie
et des mines
Allocution d'ouverture de Ministre de l' Energie et des Mines
Alger, du 12 au 14 décembre 2004
Messieurs
les Ministres,
Excellences,
Monsieur
le PDG et messieurs les vice-présidents de la Sonatrach,
Messieurs
les PDG des filiales de la Sonatrach,
Messieurs
les PDG de la Sonelgaz et des filiales de la Sonelgaz,
Monsieur
le Secrétaire Général du syndicat national de la Sonatrach,
Monsieur le Secrétaire Général de la Fédération des travailleurs
de la Sonelgaz,
Mesdames et Messieurs,
Retenu par d’autres activités, le Docteur Chakib Khelil, Ministre de l’énergie et des mines, qui regrette ne pas être parmi nous aujourd’hui, m’a demandé de vous présenter, en son nom, la communication suivante.
Mesdames et Messieurs,
Je tiens à vous réaffirmer tout d’abord que la question de la valorisation des ressources humaines et le développement de la recherche scientifique et technique nous tiennent particulièrement à cœur en raison, notamment, des grandes mutations qui caractérisent l’économie mondiale et particulièrement le secteur énergétique.
Je tiens à féliciter l’IAP-Corporate University et le Comité d’organisation d’avoir choisi le thème de la Formation dans la conduite du changement, pour l’ouverture de ce premier colloque international sur la formation et la recherche dans le secteur de l’énergie et des mines dans notre pays.
Je voudrais remercier aussi les nombreux participants étrangers qui ont répondu à notre invitation à ce colloque et leur souhaiter la bienvenue en Algérie. Leur présence parmi nous, nous permettra, j’espère, de recueillir, entre autres, des exemples de benchmarking pour mieux évaluer nos résultats et identifier les meilleures méthodes à suivre pour la valorisation de nos ressources humaines.
Nous comptons beaucoup sur la confrontation des idées et les échanges d’expériences dans la mise en œuvre du processus de modernisation que le secteur de l’énergie et des mines poursuit depuis plus de quatre années. Nous accordons une priorité essentielle à la formation de nos ressources humaines et à la recherche, qui font partie des grands chantiers lancés par le secteur et que nous considérons comme la clé du développement durable.
Dans notre volonté de consolider nos avantages comparatifs pétroliers et miniers en modernisant notre secteur, nous prenons chaque jour conscience de la mesure des défis que nous devons relever dans le domaine de la formation et de la recherche pour que nos entreprises soient compétitives dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel.
Conscients de ces enjeux nous avons inscrit la formation des femmes et des hommes qui travaillent dans notre secteur comme un axe prioritaire de notre stratégie énergétique et minière pour accroître nos richesses et améliorer la performance de nos entreprises.
Dans l'industrie des hydrocarbures, de l'électricité, des énergies renouvelables et des mines, où la science et la technique sont devenues quasiment des facteurs directs de production, les technologies et les modes de mise en valeur se développent à une allure insoupçonné auparavant. Ce constat témoigne, à lui seul, de l’importance du rôle que joue la qualification des ressources humaines dans le développement de notre secteur.
Mesdames, Messieurs,
Le savoir-faire de nos jours est une source directe de création de richesses et il est considéré en tant que tel comme la première richesse des nations les plus avancées du monde.
C’est de ce savoir accumulé, de sa qualité et de son amplitude que dépendent désormais la force d'une économie, l’efficience de ses acquisitions technologiques, la crédibilité de sa puissance et jusqu'à son rayonnement moral et culturel. Pour me résumer, je dirai que c’est de ce savoir constamment amplifié et conforté par des réalisations pratiques, que dépend le rang que les pays émergeants, à l’instar de l’Algérie, entendent conquérir dans le concert des nations modernes.
Sur le plan opérationnel l’économie mondiale se caractérise par la prééminence des services d’appui, notamment, la recherche–développement, l’ingénierie technique et financière et, le savoir-faire sous toutes ses formes. Cela veut dire qu’on assiste à la primauté de la matière grise et de « économie de la connaissance » sur le hardware.
Au niveau industriel c’est le règne de la flexibilité et de la réactivité par rapport aux forces du marché de plus en plus concurrentielles, qui incite les entreprises à adopter les processus technologiques les plus performants, capables de réagir en temps opportun et dans des conditions de rentabilité assurée.
La question fondamentale qui se pose est de savoir, par conséquent, comment nous préparer à la rapidité des changements qui s’opèrent dans tous les domaines et dans un contexte de complexité de plus en plus grande.
L’adaptabilité, la créativité, la capacité d’innovation, et partant la motivation de la Ressource Humaine, constituent les facteurs clés de promotion et les atouts stratégiques pour assurer le développement durable de notre Société.
Envisagée sous cet angle, la formation et la recherche scientifique et technique, qui est la fondatrice de l’intelligence opérationnelle, devient l’élément moteur et constitue le levier principal pour garantir à nos entreprises des avantages concurrentiels décisifs et durables.
La stratégie de formation sectorielle que nous avons adoptée vise à favoriser la communication et à instaurer des synergies intersectorielles, en établissant des relations avec l’ensemble des partenaires et institutions qui ont pour mission de développer et de former les Ressources Humaines, qu’il s’agisse des secteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, de la Formation et des Enseignements Professionnels, des opérateurs publics et privés de formation, des associations professionnelles, et évidemment des partenaires sociaux.
Parmi les axes de forces définis dans notre stratégie de formation la préparation aux changements induits par les nouveaux enjeux de l’économie énergétique mondiale figure parmi nos plus grandes sources de préoccupation.
La globalisation de l’économie et sa libéralisation nous contraint en effet à nous adapter au nouveau contexte de compétitivité internationale où la réactivité ainsi que le niveau des prix et la qualité des produits et des services constituent des critères de performance et de compétitivité essentiels. Le gage du succès repose une fois de plus sur la préparation continue de nos ressources humaines pour relever ces défis.
Mesdames, Messieurs,
Ce Forum est d’abord l’occasion de dresser un bilan des efforts de formation consentis par nos entreprises en direction de leurs ressources humaines.
Vos travaux seront également un cadre d’échange d’expériences en vue d’implanter des projets de formation et de recherche orientés vers le changement à la mesure des transformations de l’économie nationale et ce qui se passe dans le monde. C’est le cas des formations dans les domaines des finances, du marketing et de tous les corps spécialisés du secteur énergétique et minier nécessaires au bon fonctionnement d’une économie ouverte, transparente et performante.
La présence enfin parmi nous des responsables des ministères de l’enseignement et de la formation professionnels, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique témoigne de notre souci commun d’améliorer l’efficience interne de nos systèmes de formation respectifs, de forger les passerelles inter-sectorielles et de créer les synergies nécessaires entre nos moyens. Je les remercie pour leur collaboration et les assure de notre entière disponibilité à contribuer à la rénovation de nos systèmes d’enseignement, et de formation pour les rendre plus performants.
Au cours de ces trois journées, les responsables de formation pourront faire part de leur perception, de leurs contraintes mais également des ambitions qu’ils nourrissent pour développer le rôle de la formation dans les spécialités requises par notre secteur.
Le fait d’associer des gestionnaires à vos travaux souligne la conviction que la formation n’est pas l’affaire des seuls professionnels de l’enseignement. Les postes hiérarchiques sont les premiers concernés par le développement des ressources humaines chargées de la préparation des moyens pour faire face au changement.
Nous avons invité aussi à cette conférence des organismes et sociétés privées susceptibles de nous apporter leur expérience et leur aide dans l’accompagnement des changements. Nous escomptons de cette façon les intéresser à nos projets et créer avec eux des opportunités de partenariat.
Enfin, la présence à ce forum d’experts de renom international n’est pas fortuite. Leurs éclairages nous permettront d’apprécier la qualité des dispositifs mis en œuvre pour couvrir nos besoins de formation et de vérifier la validité des options de développement de notre système de formation.
Mesdames, Messieurs,
La stratégie énergétique adoptée par l’Algérie s’inscrit dans une perspective plus large d’une insertion, mûrement réfléchie et progressive, de notre pays dans la globalisation.
L’accélération des mutations économiques mondiales n’épargne en effet aucun pays ni secteur. Elle nous astreint à des efforts d’adaptation permanents pour maîtriser ces changements en perpétuelle évolution. Dans ce processus la résignation ou le repli sur soi ne laissent aucune chance aux pays qui ne s’adaptent pas à temps. D’où la nécessité d’accompagner ces évolutions majeurs.
La mondialisation des biens se superpose à la mondialisation des compétences. Il n’y a plus de rente de situation ou de chasses gardées. Dans ce contexte la compétence des ressources humaines se construit et se défend chaque jour pour les adapter au changement. Leur qualification qui s’impose partout est plus que jamais nécessaire.
Ces évolutions se concrétisent en termes de performance, de compétitivité et de création de richesses.
Nous devons garder à l’esprit que la formation et la recherche ont un coût et un rendement qu’il faut suivre et ne pas négliger.
C’est la performance de notre système d’éducation, de formation et de recherche qui va déterminer par conséquent notre compétitivité et notre aspiration à une intégration réussie à la nouvelle économie mondiale.
Au-delà de nos avantages comparatifs traditionnels les nouveaux facteurs de compétitivités auxquels nous sommes confrontés se fondent sur l’innovation et la créativité, en un mot sur l’économie de la connaissance, qui est source de progrès technique. Il est démontré que le progrès technique est le seul facteur de croissance qui peut indéfiniment augmenter le PIB.
L’enjeu est de savoir tirer profit des gains de productivité de ces innovations. La capacité opérationnelle de nos ressources humaines compte autant sinon plus que l’acquisition de nos moyens matériels, largement importés pour le moment, pour éviter les risques d’inadaptation aux évolutions technologiques mondiales.
L’impact positif des nouvelles technologies et des nouveaux modes opératoires dans le management sur la croissance est donc dépendant, encore une fois, de la qualité de la formation des ressources humaines pour en tirer le meilleur parti.
Dans notre programme d’action l’efficacité économique va de pair avec la justice sociale grâce à l’instauration d’un dialogue responsable et permanent avec les partenaires sociaux. Au même titre la protection de nos effectifs est assurée par une politique de santé, de sécurité et de protection de l’environnement (HSE) dont les retombées positives sont maintenant bien établies.
L’amélioration continue de nos ressources humaines se fonde aussi sur la gestion prévisionnelle des effectifs pour préparer la relève par les jeunes générations tout en nous réservant la possibilité d’utiliser les compétences des seniors accédant à la retraite pour des missions ponctuelles en faveur du secteur.
Mesdames, Messieurs,
Ce ne sont là que quelques repères pour vous exprimer l’intérêt que nous portons à la formation et à la recherche et vous dire nos attentes quant aux résultats des travaux de ce Forum.
Il appartient aux différents responsables, aux professionnels et experts que vous êtes de nous suggérer la voie des meilleures pratiques à adopter et de nous aider à identifier les options porteuses de réussite.
Je vous remercie pour votre attention et souhaite un plein succès à vos travaux.