REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Cérémonie officielle d'inauguration de la 2ème Semaine de l'Energie en Algérie

Allocution du Docteur Chakib KHELIL Ministre de l'Energie et des Mines

Alger, 20 - 24 juin 2004.

 

Messieurs les Ministres,
Excellences,

Mesdames, et Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que je participe avec vous, aujourd’hui, à l’inauguration de cette « Deuxième édition de la Semaine de l’Energie en Algérie » qui coïncide, cette année, avec le quarantième anniversaire de la Sonatrach.

Je voudrais tout d’abord souhaiter la bienvenue et un agréable séjour en Algérie aux nombreux délégués étrangers qui participent à cette rencontre.

La notoriété de cette manifestation est maintenant bien établie. Celà nous donne l’opportunité de rassembler en un même lieu et au même moment, trois évènements interdépendants : les Sixièmes journées scientifiques et techniques de la Sonatrach, la Deuxième exposition internationale sur le pétrole et le gaz en Algérie, et la Quatrième conférence internationale sur les opportunités d’investissement dans le secteur de l’énergie et des mines en Algérie.

Je tiens également à féliciter les organisateurs d’avoir mis en avant, cette année, le thème du développement durable qui est le pivot du programme d’action du Gouvernement. Occupant une place névralgique dans la vie de notre pays, le secteur de l’énergie et des mines se devait d’accorder à travers ce thème l’importance qu’elles méritent et le même traitement aux trois composantes essentielles de notre politique de développement : le domaine économique, le domaine social, et la préservation de l’environnement.

Je me réjouis aussi de voir que ces journées scientifiques et techniques attirent de plus en plus de participants éminents, pour échanger leurs expériences et valoriser leurs travaux scientifiques et leur expertise, contribuant ainsi à l’amélioration des performances et à l’essor du secteur de l’énergie et des mines.

Cet intérêt croissant se confirme aussi par le nombre et l’envergure des compagnies qui sont représentées à l’exposition des équipements concernant le secteur de l’énergie et des mines.

A titre d’exemple, l’exposition de cette année sur le pétrole et le gaz (ALOGE2) qui rassemble 198 participants originaires de 26 pays, est en nette progression par rapport à la manifestation de l’année 2002 qui a vu la participation de 140 exposants venant de 21 pays. Parmi ces entreprises figurent de nombreux leaders mondiaux qui vont exposer leurs produits et leurs dernières  nouveautés technologiques concernant notamment les hydrocarbures, l’énergie électrique, et les mines. La participation des entreprises algériennes, publiques et privées, a connu une forte croissance au cours de ces quatre dernières années. Elle représente cette année 67 entreprises exposantes, soit le tiers du total des exposants.

Ce niveau élevé de participation et l’intérêt grandissant accordé à notre pays constituent des indices révélateurs de l’attractivité et des potentialités du marché algérien grâce aux nouvelles perspectives d’affaires et de partenariat ouvertes par l’économie algérienne, et par le secteur de l’énergie et des mines en particulier.

Mesdames et Messieurs,

L’intérêt de plus en plus grand porté à notre pays nous conforte dans  notre détermination à accélérer et intensifier les efforts d’amélioration de la croissance pour aboutir à une économie plus diversifiée et plus compétitive.

Mais ces efforts ne peuvent porter des fruits que par une conduite rationnelle et persévérante du processus de réformes engagé au cours de ces dernières années, et qui reste à poursuivre et à parachever. L’Etat qui est nanti du triple rôle de propriétaire du domaine minier, de promoteur des investissements et de protecteur de l’intérêt public, assumera pleinement, dans ce cadre, ses prérogatives de contrôle et de régulation.

Le Gouvernement veillera aussi à associer ses partenaires sociaux à la mise en œuvre du nouveau programme de développement qui vient d’être adopté par le Parlement, dans le cadre du dialogue tripartite, pour renforcer le consensus social. Les réformes engagées seront accompagnées, en tout état de cause, par des mesures de soutien appropriées aux catégories sociales les plus vulnérables.

C’est vous dire l’importance que nous accordons à la création d’un environnement économique et social adéquat alliant la transparence, l’ouverture, la compétitivité, et favorisant l’investissement aussi bien public que privé, national ou étranger.

La globalisation des marchés, qui s’avère incontournable, nous contraint à doter notre économie, à commencer par le secteur de l’énergie et des mines, des moyens nécessaires pour lui permettre de parer aux effets pervers de la mondialisation tout en tirant profit des opportunités qu’elle offre aux pays qui ont su s’adapter à temps.

Même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir notre pays a accompli de grands progrès au cours de ces dernières années dans ses relations économiques et commerciales internationales. Ces résultats nous encouragent à poursuivre nos efforts pour la consolidation de la place et la protection de nos intérêts économiques dans le monde.

Dans le cadre des accords multilatéraux l’Algérie, comme vous savez, a signé en avril 2002 un Accord d’association avec l’Union Européenne qui porte sur la création progressive d’une zone de libre-échange entre l’Algérie et l’U.E. Cela va induire des marché plus importants, mais aussi plus concurrentiels et nécessitant plus d’efforts d’adaptation et de réactivité pour en saisir les opportunités. Nous veillerons par ailleurs à ce que l’application de cet accord préserve l’équilibre des intérêts, au bénéfice de toutes les parties.

Les négociations relatives à l’accession de Algérie à l’Organisation Mondiale du Commerce  sont, quant à elles, à un  stade très avancé et devraient connaître leur aboutissement très prochainement. L’adhésion à l’OMC nous permettra d’ouvrir des perspectives nouvelles en matière d’organisation de notre coopération économique et commerciale internationale. Mais pour parvenir à cette fin nous devons, une fois de plus, adapter nos procédures de gestion et notre système productif pour améliorer nos performances.

La poursuite des mesures engagées pour la modernisation et la crédibilité de notre législation qui connaît déjà de grandes avancées, la célérité dans le traitement des dossiers, et la pratique de la transparence dans le choix de nos partenaires, figurent parmi les objectifs auxquels nous accordons une importance particulière pour promouvoir l’investissement direct et le partenariat afin d’entretenir la dynamique économique de notre pays.

Le but de notre démarche est clair. Nous tenons à instaurer un climat de confiance permanent auprès de tous les investisseurs et de nos partenaires étrangers pour les encourager à contribuer davantage au développement de l’économie nationale grâce à des formules de coopération attractives et mutuellement avantageuses.

Mesdames et Messieurs,

La vague de mesures engagées ces dernières années pour la relance du secteur de l’énergie et des mines donne déjà des résultats très appréciables et unanimement reconnus. Ces résultats nous les devons d’abord à l’abnégation et à la compétence des hommes et des femmes qui oeuvrent à l’intérieur de ce secteur.

Mais nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin. En effet, la bonne prospectivité de notre sous-sol et le niveau d’exploration relativement faible qui le caractérise encore, le potentiel de mise en valeur de l’aval qui reste à exploiter, et l’exigence d’une productivité de plus en plus poussée pour affronter la concurrence internationale nous incite à redoubler d’efforts.

Nous avons tous pris conscience de l’ampleur de ces nouveaux défis pour poursuivre et accélérer le rythme des mesures de rationalisation économique déjà engagées par le secteur de l’énergie et des mines pour mieux nous adapter aux mutations énergétiques mondiales. La qualification des hommes et le savoir-faire figurent aux premières lignes de cette bataille.

Le Programme du Gouvernement, adopté le mois dernier par le Parlement, préconise de manière générale, un certain nombre d’objectifs qui vont dans cette direction. Ce programme préconise, en effet :

§         Le parachèvement des dispositifs législatifs, réglementaires et institutionnels destinés à attirer l’investissement privé national et à développer davantage les investissements étrangers directs ou en partenariat, dans les secteurs des hydrocarbures, de l’énergie électrique (énergies renouvelables y compris) et des mines.

§         La promulgation de mesures appropriées, conçues dans le cadre d’un dialogue transparent, pour augmenter la rentabilité de l’exploitation pétrolière et développer l’exploration énergétique dans les zones encore vierges de notre espace territorial.

§         L’adaptation et la modernisation des infrastructures portuaires destinées aux exportations des hydrocarbures pour accompagner le développement de la production.

§         La poursuite du programme de raccordement des populations rurales aux réseaux de distribution de gaz et d’électricité.

§         L’adaptation de la tarification de l’électricité et du gaz qui tiendra mieux compte de la condition des zones et des citoyens défavorisés. Cette nouvelle tarification prendra également en considération les besoins de la croissance économique et des investissements qui génèrent une valeur ajoutée durable, dans les secteurs de l’industrie et de la PME, de la pétrochimie, des produits pétroliers dérivant du gaz naturel, de l’agriculture, du tourisme et de l’exportation d’électricité.

§         La mise en place graduelle d’une politique de marge sur les produits pétroliers, pour promouvoir l’investissement national et étranger direct ou en partenariat dans les activités de distribution, et pour favoriser une utilisation plus importante du GPL carburant et de l’essence sans plomb. En accompagnement de l’ouverture de la distribution, le Gouvernement mettra en place les institutions appropriées de régulation économique et de contrôle (préservation de la santé et de la sécurité industrielle, et protection de l’environnement).

§         La poursuite, enfin, des efforts de protection et d’entretien des infrastructures de l’industrie des hydrocarbures pour garantir la sécurité des travailleurs et celle de leur environnement.

Mesdames et Messieurs,

Dans ce programme d’action les ressources humaines tiennent une place centrale. Cette ressource stratégique est un précieux gisement auquel nous attachons la plus grande attention, pour son épanouissement et le développement de ses capacités professionnelles. Les mesures législatives et réglementaires prises au cours de ces dernières années ont abouti déjà à un essor sensible de la recherche scientifique et technique qui continuera de bénéficier des soutiens nécessaires. Le Gouvernement est décidé à consolider les acquis que cette recherche a déjà engrangés, à travers:

§         son décloisonnement qui permettra : l’utilisation commune des équipements et techniques lourds ; une meilleure circulation de l’information scientifique et technique pour l’accumulation des connaissances ; une prise en charge efficace des besoins du développement du pays ; une meilleure contribution à la formation d’encadrement de haut niveau ; et une meilleure exploitation des opportunités de coopération internationale ;

§         la mise à niveau des structures d’exécution des activités de recherche scientifique, dans un cadre intersectoriel et en faisant appel à l’évaluation par l’expertise internationale ;

§         l’appui à la recherche fondamentale et à la recherche-formation.

Le financement de la recherche appliquée et de la recherche-développement sera, quant à lui, effectué sur la base d’objectifs prioritaires préalablement identifiés ainsi que de l’évaluation. Les efforts engagés pour la mobilisation des compétences scientifiques en améliorant leurs conditions, et pour l’amélioration de l’environnement de la recherche seront poursuivis.

Mesdames et Messieurs,

Des sociétés tels que le Groupe Sonatrach et la Sonelgaz, en particulier, consacrent déjà de louables efforts à la formation et au recyclage de leur ressources humaines pour les ériger en levier de performance.

Des mesures importantes de restructuration et de rationalisation des capacités internes de formation, ont été initiées par le Ministère de l'Energie et des Mines, pour créer les conditions nécessaires à l’accroissement de la productivité des opérateurs du secteur.

C'est ainsi qu’ à été décidée la transformation de l’Institut Algérien du Pétrole en « Groupement IAP » en ouvrant son capital aux entreprises du Groupe Sonatrach et aux autres entreprises de I'Energie et des Mines. D'autres opérateurs de l'industrie algérienne en rapport avec l’énergie et les mines et qui le souhaiteraient peuvent également y accéder.

Le Groupement IAP est désormais chargé de dispenser, par voie de concours, aux meilleurs diplômés des universités et grandes écoles nationales, les spécialisations nécessaires à l'exercice des différents métiers spécifiques à l’énergie et aux mines et d’assurer la formation continue de plusieurs catégories socio-professionnelles tout en fournissant des prestations d'expertise et de recherche-appliquée pour contribuer à la solution de problèmes concrets du Secteur.

La création du Groupement IAP constitue la première étape vers une intégration complète de toutes les structures de formation du secteur dans un même giron, pour optimiser et développer les moyens et les ressources nécessaires aux besoins en formation très importants au niveau de toutes les activités du secteur : électricité, transport et distribution par canalisation du gaz, hydrocarbures et mines.

Il est, en effet indispensable de former et de recycler les travailleurs de façon continue, dans tous les domaines d’activités du secteur quels que soient les emplois qu’ils occupent et leurs niveaux de qualification.

En termes d’effectifs, celà équivaut à environ 160.000 travailleurs répartis en : 120.000 travailleurs pour le Groupe SONATRACH ; 20.000 travailleurs pour le Groupe SONELGAZ ; 20.000 travailleurs pour le secteur des mines auquel la future École des mines d’El Abed sera consacrée pour assurer la formation et le perfectionnement des travailleurs dans les métiers des mines et carrières.

Les objectifs recherchés à travers le Groupement IAP, sont essentiellement : le partage d’expériences entre les partenaires ; le développement de synergies ; et l’optimisation de moyens de formation qui existent au niveau du secteur.

Ce Groupement sera un pôle de réflexion, de pilotage, et d’anticipation en termes de stratégie de formation découlant des objectifs de développement de chaque  entreprise.

Le nouveau statut et les nouvelles missions données à l'IAP lui ont permis de développer de nouveaux partenariats et d’élargir ses programmes par de nouvelles spécialités. Les moyens du Centre Perfectionnement de l'Entreprise (CPE) et de Naftogaz qui complètent ceux de l’IAP ont été aussi renforcés pour mieux faire face aux besoins du secteur.

De nouveaux objectifs ont été en outre fixés à l’IAP pour participer à l'avènement d'une Corporate University, la première du genre dans notre pays, et de relever le défi d'occuper le centre de ce réseau du savoir.

En définitive, le Groupement IAP, en synergie avec les autres institutions nationales de formation supérieure et de recherche scientifique, dispose aujourd'hui de l'assise et de la flexibilité nécessaires pour élever la qualité de ses prestations au niveau des besoins précis et diversifiés des nombreux acteurs nationaux et de leurs associés et partenaires dans l'industrie et le commerce de l'énergie et des mines.

Dans ce sens, les échanges au niveau des centres de formation du secteur seront développés et intensifiés pour : coordonner les programmes de formation et les relations, notamment  avec les partenaires étrangers ; minimiser les coûts de revient de la formation ; et optimiser l’utilisation des capacités pédagogiques et d’hébergement des participants aux sessions de formation spécialisées.

La formation à l’intérieur de ces centres spécialisés doit concerner, non seulement les jeunes recrues mais également les travailleurs en poste pour les remettre à niveau et les adapter en permanence aux changements dans tous les domaines.

La recherche et la concrétisation de partenariats avec des organismes ou des institutions de formation spécialisées de renommée internationale, doit être encouragée et diversifiées, pour permettre à nos institutions de formation d’échanger continuellement les connaissances et les savoir-faire dans les différents métiers de base de notre secteur.

Mesdames et Messieurs,

Ces structures de formation spécifiques n’ont pas pour but de se substituer aux institutions de formation supérieures nationales. Elles doivent leur être complémentaires et répondre aux besoins particuliers de chaque secteur.

Le développement des relations avec les universités et les institutions de formation nationales, doit constituer un objectif essentiel à concrétiser, en particulier dans les domaines de la recherche scientifique. 

Des thèmes de recherche scientifique, en rapport avec les préoccupations et les objectifs du secteur de l’énergie et des mines doivent être identifiés et faire l’objet d’appels d’offres au niveau des universités, afin que les propositions les plus adéquates et les plus pertinentes soient sélectionnées. 

Cette relation avec les universités doit être organisée et instaurée systématiquement pour assurer un flux permanent entre ces dernières et les entreprises du secteur :

§         Pour faire acquérir d’abord aux cadres des entreprises les connaissances théoriques universelles en rapport avec les évolutions scientifiques et techniques dans les métiers de base du secteur de l’énergie et des mines, selon des modalités à définir en commun.

§         Pour contribuer ensuite à l’enseignement dispensé en apportant des connaissances pratiques et des savoirs-faire qui permettent aux étudiants, de mieux se préparer à leur insertion dans le monde industriel d’une part, et aux enseignants d’identifier des créneaux de recherche ou d’approfondissement des connaissances à développer, d’autre part.

§         Pour faciliter enfin l’organisation des stages pratiques des étudiants et l’encadrement de mémoires de fin d’études sur des sujets qui pourraient aider à résoudre des problèmes ou à mettre en place des procédés techniques ou technologiques innovants et plus performants. (Des banques de thèmes de recherche de niveau graduation devrant être mises en place à cet effet par les entreprises et proposés aux universités)

La capitalisation de la mémoire intellectuelle et sa préservation sont des préoccupations majeures, à maintes reprises évoquées qu’il faut impérativement organiser au niveau du Groupement I.A.P, pour formaliser et capitaliser l’expérience acquise au niveau des projets réalisés par le Groupe SONATRACH, par la SONELGAZ, et toutes les entreprises du secteur.

La Corporate University sera animée par les propres experts de l'entreprise et de ses partenaires vers lesquels elle dirigera un flux permanent d'informations et d'expertise.

Cette organisation se situera donc non pas à la périphérie mais bien au cœur des activités de l'entreprise quelle devra innerver. Celle-ci se chargera d'acheminer les découvertes aux marchés et les signaux du marché aux chercheurs. Il s'agira d'une fertilisation croisée car celle-ci bénéficiera à son tour de sa relation étroite avec l'activité opérationnelle.

La Corporate University est en fait une institution opérationnelle d’avant-garde, totalement différente de ce qui existe actuellement au niveau des universités et des instituts nationaux d'enseignement et formation supérieurs. Cette différence relève, non seulement au niveau des missions qui lui sont assignées mais aussi par les moyens spécifiques qui seront mis à sa disposition, ainsi que de son organisation.

Un partenariat très large existe aujourd'hui entre ces nouvelles institutions de formation et des universités de renom dans tous les domaines qui intéressent l'industrie, la technologie, le marketing, la finance et les questions juridiques.

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer je tiens à adresser mes vives félicitations à tous les exposants - étrangers et nationaux - pour leur participation active à cet événement qui constitue désormais non seulement un espace de concertation et d’échanges mais surtout une opportunité précieuse pour tisser des relations d’affaires et des liens de coopération durable et mutuellement bénéfiques.

Je souhaite un plein succès au déroulement de cette manifestation, et à vos travaux.