Allocution du Docteur Chakib Khelil

Ministre de l’Énergie et des Mines

à

l’occasion de l’inauguration de l’usine de propylène de Tarragone.

Tarragone, le 16 mars 2004

 

 

Majesté,
Monsieur le président du gouvernement de Catalogne,
Madame, et Messieurs les Ministres,
Honorables invités,
Mesdames, Messieurs,

Nous sommes très honorés de participer à cette cérémonie en présence de sa Majesté Juan Carlos 1er , Roi d’Espagne.

Avant toute chose je voudrais exprimer notre solidarité et notre sympathie au peuple espagnol après les tragiques attentats qui ont endeuillé l’Espagne. Nous partageons la douleur des familles des victimes, et nous leur adressons nos sincères condoléances. (Minute de silence ?…)

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Il m’est particulièrement agréable de procéder, aux cotés de mes distingués homologues espagnols et allemands, et des représentants de la société BASF et de la Sonatrach, à l’inauguration de cette usine de propylène.

Cette importante réalisation est le fruit d’une coopération triangulaire, mutuellement bénéfique, entre l’Algérie, l’Espagne et l’Allemagne. Elle illustre bien la volonté politique de nos pays respectifs d’instaurer autour du bassin méditerranéen une zone de prospérité partagée. Notre présence ici témoigne aussi de la détermination commune de nos États et de l’engagement partagé de nos entreprises, publiques et privées, de contribuer concrètement au partenariat euro- méditerranéen inscrit dans le processus de Barcelone.

Cette opération qui figure parmi les rares exemples de partenariat industriel entre trois pays, du Sud et du Nord de la Méditerranée, a dû franchir un certain nombre d’obstacles.

Mais ces difficultés ont été surmontées grâce aux louables efforts des différents opérateurs chargés de sa réalisation. Je tiens à féliciter chaleureusement toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette édification.

Mesdames, Messieurs,

Cette usine ne constitue pour nous que l’un des premiers jalons de partenariat que l’Algérie entend poursuivre de manière concrète et multiforme dans sa coopération avec les pays de l’Union Européenne, en particulier. Elle symbolise à nos yeux une étape pour aller vers une interdépendance de plus en plus équilibrée entre nos pays en nous permettant de tirer un profit plus équitable de nos complémentarités.

Cette installation présente des intérêts croisés favorables à tous les partenaires. Partie prenante à la société mixte avec 49% des parts aux cotés de BASF qui détient 51%, la compagnie nationale Sonatrach y trouve un débouché de 220.000T/an à son propane qui sert de gaz de charge à l’usine. La Sonatrach bénéficie également de l’expérience de BASF et du savoir -faire technologique de son partenaire européen pour s’introduire dans le marché mondial du propylène produit par cette usine.

Cette association permet aux différents partenaires, en jouant sur leurs complémentarités, de disposer d’une taille de production avantageuse et de disposer d’un garantie d’approvisionnement d’un gaz de charge compétitif produit à Béthioua, à proximité de Tarragone. La zone industrielle de Tarragone offre de son côté des structures d’accueil idéales pour la rentabilité de cette entreprise. Ce qui permet à l’économie espagnole de bénéficier d’une partie de la valeur ajoutée de l’usine.

L’Algérie n’entend pas se limiter à un statut de simple exportateur de matières brutes. La compagnie nationale Sonatrach est décidée à s’insérer sur l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures.

L’Europe a besoin d’un approvisionnement fiable en énergie que favorisent la proximité et les avantages comparatifs de l’Algérie. Mon pays, quant à lui, est décidé à préserver le rôle qui lui revient dans l’approvisionnement énergétique de l’Europe. Mais il entend, en même temps, élargir et consolider ses moyens de développement internes tout en diversifiant ses exportations et en se redéployant sur le plan international par le biais de ses ressources énergétiques.

Nous devons relever en commun ce défi du codéveloppement. C’est dans cet esprit que l’Accord d’association avec l’Union Européenne a été signé à Valence, en avril 2002, par Monsieur le Président Abdelaziz Bouteflika, alors que l’Espagne assurait la présidence de l’Union Européenne.

C’est avec un esprit constructif que l’Algérie s’attelle à son intégration dans le processus de Barcelone où elle à pris déjà une certaine longueur d’avance par rapport à ses partenaires du Nord de la Méditerranée. En témoignent, notamment , ses réalisations et ses projets énergétiques (gaz et électricité) destinés à l’approvisionnement des pays de l’Union Européenne et le nombre d’accords passés avec ses partenaires européens, avec l’Espagne notamment.

Notre pays attend, en retour, plus d’investissements directs (capitaux, technologie et savoir - faire) de la part des entreprises européennes, et une ouverture plus franche du marché européen à nos produits énergétiques. Nous somme déjà présents et très compétitifs sur le marché énergétique européen. Mais nous souhaitons nous diversifier. C’est pour cette raison que nous attendons avec intérêt l’ouverture de l’aval des hydrocarbures en Europe.

Il convient de saluer les efforts exemplaires de l’Espagne dans cette entreprise à l’égard de l’Algérie. Nous sommes persuadés que les autres pays européens seront de plus en plus nombreux à s’engager dans cette voie déjà empruntée par d’autres pays de la région.

Cette forme de partenariat ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir. Il en est ainsi du projet MEDGAZ qui a reçu l’aval des autorités espagnoles. Ce projet nourrit l’ambition de se prolonger à travers l’Espagne vers d’autres pays européens en partenariat avec des sociétés espagnoles, françaises et américaines.

Je voudrais saluer aussi la coopération bilatérale avec l’Allemagne qui se renforce depuis quelques années avec le secteur de l’énergie. Des sociétés telles que Wintershall présente (avec 15% du capital) dans la société d’études du projet de gazoduc Algérie-Italie via la Sardaigne, ou de la société Linde qui réalise à Skikda une usine de production d’hélium et d’azote.

Au delà de la réalisation de l’usine de Tarragone, à qui je souhaite longue vie et beaucoup de profits, je rappelle que nous restons ouverts à toute formule de coopération pour élargir et consolider le partenariat euro-algérien en tenant compte de l’expérience de ces dernières années.

Majesté, Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre attention.