Allocution
du Docteur Chakib Khelil
à
l’occasion
de l’inauguration de l’usine de propylène de Tarragone.
Nous
sommes très honorés de participer à cette cérémonie en présence de sa
Majesté Juan Carlos 1er , Roi d’Espagne.
Avant
toute chose je voudrais exprimer notre solidarité et notre sympathie au peuple
espagnol après les tragiques attentats qui ont endeuillé l’Espagne. Nous
partageons la douleur des familles des victimes, et nous leur adressons nos sincères
condoléances. (Minute de silence ?…)
*
* *
Il
m’est particulièrement agréable de procéder, aux cotés de mes distingués
homologues espagnols et allemands, et des représentants de la société BASF et
de la Sonatrach, à
l’inauguration de cette usine de propylène.
Cette
importante réalisation est le fruit d’une coopération triangulaire,
mutuellement bénéfique, entre l’Algérie, l’Espagne et l’Allemagne. Elle
illustre bien la volonté politique de nos pays respectifs d’instaurer autour
du bassin méditerranéen une zone de prospérité partagée. Notre présence
ici témoigne aussi de la détermination commune de nos États et de
l’engagement partagé de nos entreprises, publiques et privées, de contribuer
concrètement au partenariat euro- méditerranéen inscrit dans le processus de
Barcelone.
Cette
opération qui figure parmi les rares exemples de partenariat industriel entre
trois pays, du Sud et du Nord de la Méditerranée, a dû franchir un certain
nombre d’obstacles.
Mais
ces difficultés ont été surmontées grâce aux louables efforts des différents
opérateurs chargés de sa réalisation. Je tiens à féliciter chaleureusement
toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette édification.
Mesdames,
Messieurs,
Cette
usine ne constitue pour nous que l’un des premiers jalons de partenariat que
l’Algérie entend poursuivre de manière concrète et multiforme dans sa coopération
avec les pays de l’Union Européenne, en particulier. Elle symbolise à nos
yeux une étape pour aller vers une interdépendance de plus en plus équilibrée
entre nos pays en nous permettant de tirer un profit plus équitable de nos
complémentarités.
Cette
installation présente des intérêts croisés favorables à tous les
partenaires. Partie prenante à la société mixte avec 49% des parts aux cotés
de BASF qui détient 51%, la compagnie nationale Sonatrach
y trouve un débouché de 220.000T/an à son propane qui sert de gaz de charge
à l’usine. La Sonatrach bénéficie
également de l’expérience de BASF et du savoir -faire technologique de son
partenaire européen pour s’introduire dans le marché mondial du propylène
produit par cette usine.
Cette association permet aux différents partenaires, en jouant sur leurs complémentarités, de disposer d’une taille de production avantageuse et de disposer d’un garantie d’approvisionnement d’un gaz de charge compétitif produit à Béthioua, à proximité de Tarragone. La zone industrielle de Tarragone offre de son côté des structures d’accueil idéales pour la rentabilité de cette entreprise. Ce qui permet à l’économie espagnole de bénéficier d’une partie de la valeur ajoutée de l’usine.
L’Algérie
n’entend pas se limiter à un statut de simple exportateur de matières
brutes. La compagnie nationale Sonatrach
est décidée à s’insérer sur l’ensemble de la chaîne de valeur des
hydrocarbures.
L’Europe
a besoin d’un approvisionnement fiable en énergie que favorisent la proximité
et les avantages comparatifs de l’Algérie. Mon pays, quant à lui, est décidé
à préserver le rôle qui lui revient dans l’approvisionnement énergétique
de l’Europe. Mais il entend, en même temps, élargir et consolider ses moyens
de développement internes tout en diversifiant ses exportations et en se redéployant
sur le plan international par le biais de ses ressources énergétiques.
Nous devons relever en commun ce défi du codéveloppement. C’est dans cet esprit que l’Accord d’association avec l’Union Européenne a été signé à Valence, en avril 2002, par Monsieur le Président Abdelaziz Bouteflika, alors que l’Espagne assurait la présidence de l’Union Européenne.
C’est
avec un esprit constructif que l’Algérie s’attelle à son intégration dans
le processus de Barcelone où elle à pris déjà une certaine longueur
d’avance par rapport à ses partenaires du Nord de la Méditerranée. En témoignent,
notamment , ses réalisations et ses projets énergétiques (gaz et électricité)
destinés à l’approvisionnement des pays de l’Union Européenne et le
nombre d’accords passés avec ses partenaires européens, avec l’Espagne
notamment.
Notre
pays attend, en retour, plus d’investissements directs (capitaux, technologie
et savoir - faire) de la part des entreprises européennes, et une ouverture
plus franche du marché européen à nos produits énergétiques. Nous somme déjà
présents et très compétitifs sur le marché énergétique européen. Mais
nous souhaitons nous diversifier. C’est pour cette raison que nous attendons
avec intérêt l’ouverture de l’aval des hydrocarbures en Europe.
Il
convient de saluer les efforts exemplaires de l’Espagne dans cette entreprise
à l’égard de l’Algérie. Nous sommes persuadés que les autres pays européens
seront de plus en plus nombreux à s’engager dans cette voie déjà empruntée
par d’autres pays de la région.
Cette
forme de partenariat ouvre des perspectives prometteuses pour l’avenir. Il en
est ainsi du projet MEDGAZ qui a reçu l’aval des autorités espagnoles. Ce
projet nourrit l’ambition de se prolonger à travers l’Espagne vers
d’autres pays européens en partenariat avec des sociétés espagnoles, françaises
et américaines.
Je
voudrais saluer aussi la coopération bilatérale avec l’Allemagne qui se
renforce depuis quelques années avec le secteur de l’énergie. Des sociétés
telles que Wintershall présente (avec 15% du capital) dans la société d’études
du projet de gazoduc Algérie-Italie via la Sardaigne, ou de la société Linde
qui réalise à Skikda une usine de production d’hélium et d’azote.
Au delà de la réalisation de l’usine de Tarragone, à qui je souhaite longue vie et beaucoup de profits, je rappelle que nous restons ouverts à toute formule de coopération pour élargir et consolider le partenariat euro-algérien en tenant compte de l’expérience de ces dernières années.
Majesté,
Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre attention.