Allocution de S.E. Monsieur Chakib Khelil

Ministre de l’énergie et des mines

devant le US – Algeria Business Council

Washington, 23 juin 2003

 

 

Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord de remercier les auteurs de cette réunion, et plus particulièrement Messieurs Albert C. Zapanta et Richard P. Holmes, respectivement président et directeur exécutif du US-Algeria Business Council (US-ABC) qui ont eu, encore une fois, l’amabilité de m’inviter à vous rencontrer.

J’ai répondu avec plaisir à votre invitation pour vous donner, comme vous me l’avez demandé, un aperçu sur l’état des relations économiques algéro-américaines et leurs perspectives de développement à partir des larges opportunités qu’offre l’économie algérienne. Je me félicite de cette initiative dont le but est de contribuer au renforcement de la coopération entre nos deux pays, et à l’élargissement de nos centres d’intérêts mutuels.

 

Mesdames, Messieurs,

Je tiens à souligner d’emblée l’excellente qualité qui caractérise les relations politiques et économiques entre les États-Unis et l’Algérie. Je n’ai qu’à me féliciter aussi de l’état de nos relations commerciales avec les compagnies américaines dans le domaine des hydrocarbures notamment.

Les États-Unis sont depuis longtemps un grand partenaire commercial de l'Algérie. Nos échanges commerciaux (importations et exportations) se situaient, en moyenne autour de 3,5 milliards de $ au cours de ces quatre dernières années. L’Algérie demeure le premier partenaire commercial des États-Unis au Maghreb. Au niveau international les États-Unis sont notre 3ème client et notre 2ème fournisseur.

Nos exportations sont constituées essentiellement (à 98%) d'hydrocarbures liquides. Les hydrocarbures gazeux avec un montant de 120 millions de dollars ne représentent que 5% des exportations totales algériennes de GNL et 22% dans les importations totales de GNL aux USA.

Nos importations en provenance des Etats-Unis, d’un montant de 1,8 milliard de $US en 2002, comprennent principalement des produits industriels dont des équipements mécaniques et électriques et des intrants pour la sidérurgie et le secteur pétrolier (52% du total), et des biens agro-alimentaires. (28% des importations)

En ce qui concerne nos relations dans le secteur des hydrocarbures je ne pourrais citer toutes les compagnies américaines qui contribuent à la progression de ces relations d’échanges avec l’Algérie et qui travaillent chez nous dans le domaine de la prospection, de la production et des services : elles sont aussi nombreuses que prestigieuses. Qu’il me soit permis d’évoquer seulement quelques-unes d’entre elles, telles que : BP-AMOCO-ARCO, EXXON, AMERADA HESS, SCHLUMBERGER, HALLIBURTON, ANADARKO, BURLINGTON, Air Products and Chemicals, BECHTEL, etc, qui œuvrent en Algérie, ou en partenariat avec nous à l’étranger telle que la compagnie HUNT OIL, par exemple, au Pérou.

De manière plus générale les relations industrielles algéro-américaines s’étendent aussi à d’autres domaines tels que les produits pharmaceutiques (PFIZER), les produits alimentaires et le transport aéronautique notamment.

La nette prééminence des produits énergétiques bruts dans nos exportations est une donnée structurelle que nous nous efforçons de corriger. Notre politique d’ouverture et de modernisation pour nous adapter à la nouvelle économie mondialisée est l’un des leviers qui nous permet de promouvoir la valorisation de nos hydrocarbures sur tous les maillons de la chaîne des valeurs et de promouvoir en même temps nos exportations hors hydrocarbures grâce au développement des autres secteurs économiques.

Il s’agit d’une option réaliste et irréversible pour laquelle nous avons préparé le terrain par une série d’aménagements juridiques et institutionnels allant dans le sens de la transparence et de la libéralisation pour nous assurer une croissance forte et durable. Ce sont autant d’opportunités ouvertes à l’investissement direct et à des opérations de partenariat sous différentes formes. Mais il reste que nos opérateurs économiques doivent apprendre à mieux se connaître et à mieux s’informer sur les potentialités de nos pays respectifs. Je suis persuadé que les membres de l’US-ABC ne ménageront pas leurs efforts pour nous accompagner dans cette direction.

 

Mesdames, Messieurs,

Les investissements américains en Algérie sont de l’ordre de 4 milliards de dollars concentrés essentiellement dans l’amont des hydrocarbures et sur une faible partie de nos bassins sédimentaires. Selon le Département américain du Commerce, le doublement des investissements américains en Algérie dans les trois prochaines années relève d’une possibilité réaliste. Il nous appartient, de part et d’autre, de ne pas faire démentir cette prévision.

Nos échanges commerciaux sont appelés, de leur côté, à augmenter dans les prochaines années à la suite du déplafonnement des crédits de l’Eximbank, de la renonciation à la garantie de l’État algérien pour les secteurs hors hydrocarbures, et de la disponibilité de l’Eximbank à couvrir pour la première fois (à partir d’octobre 2002) les risques non commerciaux pour les prêts contractés par les PME/PMI algériennes auprès des banques commerciales américaines pour l’acquisition de biens et services américains.

Même si notre proposition de conclure un accord de libre échange avec les États-Unis a été différée au motif que notre pays n’est pas encore membre de l’OMC une " étape provisoire " a été décidée pour faire bénéficier l’Algérie des avantages qu’offre le Système Généralisé de Préférences (SGP) dans ses relations commerciales avec les États-Unis.

Nous avons pris bonne note aussi de la récente déclaration de rappelé M. Grossman, Sous-secrétaire d’État aux affaires politiques, qui invitait nos entreprises à profiter des opportunités qu’offre l’Accord-cadre bilatéral sur le développement des relations commerciales et des investissements (TIFA), qui permet en outre de diversifier nos capacités d’échanges.

En matière de relations financières les choses se sont nettement améliorées en ce qui concerne la question de la garantie d’État des crédits d’exportation. Nous avons apprécié à sa juste valeur l'évolution de la position américaine, et la confiance des États-Unis dans les potentialités de l'Algérie qui s'est concrétisée en septembre 1999 avec l'octroi par l'EXIMBANK d'une ligne de crédit de 300 millions de dollars et la disponibilité de l’OPIC (Overseas Private Investment Corporation) à garantir des investissements américains dans notre pays à concurrence d'un milliard de dollars.

Cette ouverture en direction de l'Algérie a été confortée durant les années 2000 par la décision de l'EXIMBANK de garantir des crédits à long terme et sans plafond, à la suite de la visite à Alger, en décembre 1999, du président de cette institution. Et depuis janvier 2000, l'EXIMBANK a élargi son champ d'intervention en Algérie en dehors des domaines du pétrole et du gaz.

Suite au passage de l'Algérie de la catégorie 5 à la catégorie 4 en matière de risque-pays, la prime d'assurance fixée par l'Eximbank a sensiblement diminué. Une nouvelles dynamique a été alors enregistrée dans les relations entre l’Algérie et l'Eximbank.

Si l’Eximbank a montré surtout sa disponibilité à soutenir les financements de SONATRACH avec une préférence pour les financements qui pourraient disposer d'une sûreté à partir de la formule du " Project Financing " elle reste cependant ouverte pour les crédits à l'exportation.

C’est ainsi qu’en février 2003, l'Eximbank a donné son accord pour un engagement préliminaire de 1 milliard $US valable pour deux années. Cet engagement préliminaire constitue pour SONATRACH un plafond appréciable qui lui permet de respecter ses procédures relatives aux appels d'offre et mettre en concurrence les banques commerciales pour chaque transaction avec des fournisseurs américains.

En plus de cet engagement, l'Eximbank a donné son accord pour garantir le financement (85%) de la part américaine (120 millions $ US) du projet " Chargement en haute mer " (SPM) dont le contrat commercial a été conclu avec la société américaine FMC. C'est BNP Paribas New York qui a obtenu le mandat de SONATRACH de monter ce financement suite à sa sélection lors d'une ouverture publique des offres de financement. Le projet de centrale électrique de Skikda (800 MW) qui a été attribué à la société SNC LAVALIN le 7 juin 2003 à bénéficié également d’une garantie de 350 millions de $US destinés au financement des turbines qui seront fournies par General Electric.

Mais les résultats tardent encore à produire leurs effets dans l’Aval pétrolier contrairement à l’Amont. Or, l’économie algérienne offre d’autres opportunités exceptionnelles tant en Aval qu’en dehors du secteur des hydrocarbures.

Il est à noter également l'intérêt porté au secteur des mines et de l'électricité par l'Agence Américaine T.D.A (Trade Development Agency) à travers les soutiens accordés au secteur minier (ENOR) et au secteur de l'électricité (COMELEC).

Cependant, les relations économiques algéro-américaines ne sont pas encore, tant s’en faut, au niveau de nos possibilités et de nos complémentarités mutuelles. Si les États-Unis continuent de privilégier les investissements dans le secteur des hydrocarbures c’est en direction de l’exploration-production et dans des zones à potentiel d’hydrocarbures déjà affirmé. Certes les entreprises américaines ont commencé à manifester leur intérêt pour les autres secteurs de l'économie algérienne, mais cette tendance reste encore à encourager : de nombreuses possibilités d’affaires sont encore en friche.

Les perspectives de développement des relations algéro-américaines, outre le gaz naturel et la recherche pétrolière s'appuient également sur le partenariat industriel à travers des actions déjà engagées (rénovation unités GNL, développement des champs gaziers (GPL), les projets pétrochimiques, la maintenance et la réparation des turbines à gaz…etc).

 

Mesdames, Messieurs,

Disposant de ressources en hydrocarbures non négligeables et reconnues comme un grand pays pétrolier et gazier l'Algérie a,dans les faits, nettement augmenté ses capacités de production de pétrole brut depuis les années 1990 et a doublé ses exportations de gaz. Ainsi, le volume global de production de pétrole brut passera de 0,9 million de bl/j à 1,5 million bl/j à l’horizon 2005. Le volume global de nos exportations de gaz naturel passera de 60 Milliards m3/an à 85 milliards m3/an à l’horizon 2010.

L’objectif primordial de notre politique économique est d’accroître de manière continue et de rendre moins aléatoires les revenus de l’État grâce à la multiplication d’investissements nouveaux, au développement et à la diversification des activités industrielles et des exportations.

Dans cet ordre d’idées, SONATRACH prévoit à elle seule et pour les cinq prochaines années, un volume d’investissements de 23 Milliards de Dollars US qui va renforcer nos capacités d’exportation d’hydrocarbures et favoriser le développement des activités Aval (pétrochimie notamment) en privilégiant les formules de partenariat et la création de joint-ventures avec des firmes spécialisées qui ont manifesté fortement leur intérêt pour ce programme.

Ce programme de développement s’inscrit dans un double objectif : le premier s’inspire d’une vision très large de minimisation des risques liés à la volatilité du prix du pétrole, privilégiant ainsi les formules de partenariat et la création de joint-ventures avec des firmes spécialisées pour mener ces projets. Le deuxième but de la SONATRACH vise à atteindre le client final en s’impliquant dans tous les segments de l’industrie des hydrocarbures notamment en Europe.

Dans l’Amont, l’exploration et le développement de nos réserves ont connu un grand essor au cours de ces 4 dernières années. Une vingtaine de contrats de recherche ont été signés en 2001 et 2002 avec des compagnies étrangères qui vont intensifier et renforcer l’effort d’exploration. Plus d’une dizaine de compagnies étrangères opèrent actuellement dans l’activité d’exploration. Dans ce domaine nos relations avec les compagnies américaines ont atteint un niveau appréciable et qui ne demande qu’à progresser.

Au cours de ces deux dernières années, le partenariat s'est enrichi et diversifié notablement, grâce au recours à l’appel d’offres en deux phases (offre technique et offre commerciale) assurant ainsi l’équité et la célérité des transactions. Ces mesures sont inscrites désormais dans les nouvelles Lois respectives sur les Mines et sur l’Électricité.

Mais dans un souci d’efficacité et de transparence le recours à l’appel d’offres est d’ores et déjà systématisé au sein de l’ensemble du Secteur de l’Énergie et des Mines. Ainsi, prés d'une vingtaine de contrats d'association dans l'exploration, le développement et la production d’hydrocarbures ont été signés avec des partenaires retenus à l’issue de la procédure d’appel d’offres au cours des années 2001 et 2002.

Au vu de ces résultats exceptionnels, cette méthode d’adjudication a été étendue aux autres branches d’activités du secteur ainsi qu’aux contrats de fournitures, d’équipements et de prestations de services.

Le partenariat avec les sociétés internationales a été un levier décisif dans ce formidable développement, en effet, prés de 50 % de notre production de pétrole brut sera réalisée vers 2005 en partenariat.

A l’heure actuelle 17 gisements sont opérés dans le cadre des accords d’associations avec des compagnies étrangères.

Un grand nombre de compagnies américaines telles que ANADARKO, LLE, BURLINGTON, AMERADA HESS, GULF KEYSTONE, participent à notre programme d’exploration et de développement, et à l’exploitation de gisements importants. Je voudrais vous rappeler à cette occasion que les réserves récupérables, sur les gisements exploités avec les sociétés américaines, s'élèvent à 543 millions de m3 pour le pétrole brut, à 46 milliards de m3 pour le gaz, et à 25 millions de tonnes pour le condensat.

Le renforcement des activités en association sera poursuivi en 2003, notamment par :

 

En plus des réserves déjà découvertes, l'Algérie jouit aussi d'un important potentiel en hydrocarbures et ses vastes bassins sédimentaires restent sous-exploités, avec une densité de moins de 8 puits par 10.000 km2 alors qu'à l'échelle mondiale la densité moyenne dépasse la centaine de puits, et aux USA elle atteint plus de 500 puits par 10.000 km2.

Vous mesurez ainsi l’étendue des opportunités induites par les nouveaux projets d’exploration et de mise en valeur des gisements qui laissent entrevoir des retombées économiques et des bénéfices très prometteurs pour les partenaires qui voudraient nous accompagner dans la réalisation de ces projets.

Concernant l’aval, la stratégie de la SONATRACH pour la valorisation des hydrocarbures s’inscrit dans la diversification de la production nationale et des produits pétroliers exportés.

Plusieurs actions et projets d’envergure témoignent de notre volonté et des perspectives découlant de cette stratégie dans les autres activités principales du secteur que ce soit dans la sphère des hydrocarbures ou dans les activités qui sont stimulées par la convergence gaz – électricité. (nouvelles centrales électriques couplées à des stations de dessalement d’eau de mer ; usines d’hélium ; raffinerie de condensat ; projets pétrochimiques ; nouveaux moyens de production et de transport du GNL ; etc).

Des discussions sont engagées dans ce cadre avec des partenaires de renommée mondiale pour la réalisation d’importants projets pétrochimiques concernant notamment les oléfines et les aromatiques, et qui seront localisés à Skikda. Dans la même foulée nous allons réhabiliter toutes nos raffineries pour les mettre au niveau des spécificités et standards internationaux requis.

Disposant d’avantages comparatifs incontestables en la matière l’Algérie ne pouvait que favoriser l’implantation de ces filières sur son territoire mais en agissant selon des formules de partenariat nouvelles qui préservent à la fois le Budget de l’État et instaurent un partage des risques et des profits équitable entre partenaires.

La promulgation de la nouvelle loi sur l’Électricité et la distribution publique du gaz a été un véritable tremplin dans la diversification et le développement en aval de nos ressources gazières. A titre de rappel, les deux objectifs essentiels de cette loi portent sur :

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi des études ont été engagées avec l’assistance technique de la Banque Mondiale pour la réorganisation de la Sonelgaz d’une part, et mise en place, d’autre part, d’une Commission de Régulation de l’Électricité et du Gaz (CREG).

Les missions, le fonctionnement et le système d’information de la CREG sont déjà définis, et ses membres ont été désignés. Cette commission de régulation sera opérationnelle incessamment.

En ce qui concerne la réorganisation de la Sonelgaz cette entreprise a été déjà transformée en société par actions (SPA) et fonctionne maintenant avec un Conseil d’administration et une Assemblée générale d’actionnaires.

La filialisation des activités de la Sonelgaz est en cours. Il est prévu de créer dans ce cadre : 2 sociétés de production d’électricité ; 3 sociétés de distributions d’électricité et de gaz ; d’une société de transport d’électricité, et d’une société de transport de gaz pour le marché intérieur.

La nouvelle loi sur l’électricité a permis aussi de lancer d’autres projets de centrales électriques toutes intégrées à des unités de dessalement d’eau de mer (Arzew, Alger, Skikda, etc) et à réaliser selon des formules de partenariat nouvelles.

Dans son action en direction vers l’aval le Secteur de l’Énergie s’est fortement impliqué aussi dans le dessalement d’eau de mer afin de desserrer les contraintes pesées par la pénurie d’eau, particulièrement sur la région Oranaise qui verra la réalisation de la première usine de dessalement, en Algérie, d’une capacité de 90.000 m3/jour. Cette unité sera adossée à une centrale électrique d’une capacité de 300MW en cours de réalisation à Arzew, sans aucune garantie financière ni de l’État ni de SONATRACH. Cette usine sera réalisée et exploitée sous l’entière responsabilité du fournisseur étranger selon une nouvelle formule, avec la société Black and Veach qui participe à 80% du capital.

D’autres usines sont prévues d’autre part, l’une à Alger d’une capacité de 200.000 m3/jour couplée avec la centrale du Hamma est déjà mise en appel d’offres, et l’autre à Skikda dans le sillage de la nouvelle centrale de 800 MW dont le contrat a été attribué suite à un appel d’offre au début de ce mois. Ces projets sont menés par une filiale mixte de SONATRACH et Sonelgaz, l’Algerian Energy Company.

En matière d’infrastructures portuaires les travaux d'adaptation de nos ports pétroliers sont entrepris pour améliorer leurs capacités d’évacuation. A ce titre, un contrat a été attribué à la compagnie américaine (FMC OFEC) pour la réalisation de postes de chargement d’hydrocarbures liquides en haute mer, de type SPM. La restauration des infrastructures portuaires existantes est programmée par ailleurs. Ces grands travaux de réaménagement et de modernisation seront engagés par la SONATRACH en association avec l’entreprise nationale chargée des infrastructures portuaires et une société étrangère spécialisée dans la gestion et l’exploitation des ports pétroliers.

Le transport maritime des hydrocarbures ainsi que les installations annexes d’évacuation constituent l’un des segments privilégiés de la coopération internationale ou régionale recherchée par l’Algérie avec des partenaires étrangers.

Deux contrats ont été signés pour l’achat en partenariat de deux méthaniers pour le transport du GNL, l'un avec deux sociétés japonaises Itochi/Mitsui, le second en partenariat avec l'armateur norvégien Bergesen pour un montant global de 380 millions de $. La réception des deux méthaniers est prévue en 2004.

A l’instar du secteur de l’électricité le secteur des mines a bénéficié aussi d’une remarquable dynamique impulsée par la loi sur les mines promulguée en juillet 2002.

L’attractivité du domaine minier engagée à la faveur de cette nouvelle loi sur les mines nous a en effet permis d’attribuer 220 titres miniers en 2001 et 2002 qui ont généré plus de 2000 emplois.

Le secteur privé activant dans la branche " Mines et carrières " compte 720 entreprises dans le domaine d’extraction de marbre, de sel et des agrégats et autres substances. L’ensemble de ces entreprises privées emploie 12700 agents et a réalisé un chiffre d’affaires de prés de 10 milliards DA soit 42% du chiffre d’affaires total de cette branche.

Cette ouverture commence également à attirer les investisseurs étrangers dont certains se sont déjà directement engagés dans l’exploration de gisements aurifères à Tririne-Hanane (Sud-Est), comme la société ZAKHEM (Liban). D’autres se sont associés à des entreprises nationales, leur apportant les capitaux et les technologies qui leur faisaient défaut pour maintenir et développer leurs activités, créer de nouvelles richesses pour l’État et de nouveaux emplois pour nos techniciens et cadres.

Les nouvelles dispositions de la loi minière nous ont permis de lancer un appel d'offres sur le gisement d'or de Tiririne-Hanane qui a abouti à la signature d'un contrat avec la société ZAKHEM pour la finalisation des études de faisabilité et la mise en exploitation des gisements.

C’est le cas aussi avec l’Entreprise Nationale d’Exploitation des Mines d’or (ENOR) qui en ouvrant son capital à la participation majoritaire d’un grand groupe minier australien (GOLD MINES), s’engage résolument dans le développement des mines d’or de Tirek et de Amesmassa (Sud-Ouest). L’emploi actuel va être consolidé et 300 nouveaux emplois seront crées.

L’exemple de l’entreprise nationale FERPHOS est encore plus significatif du potentiel de croissance et de dynamisme que peuvent générer les réformes en cours dans l’économie nationale grâce à leurs effets induits.

En ouvrant son capital à la compagnie ISPAT (Inde), FERPHOS l’a associé à l’exploitation des mines de fer de l’Ouenza et de Boukhadra grâce à la nouvelle loi minière, et lui a garanti l’approvisionnement du Complexe sidérurgique d’El Hadjar qu’elle a pu exploiter, comme on le sait, avec des résultats satisfaisants : doublement de la production d’acier, modernisation de l’outil de production et du management, préservation de l’emploi, tout en améliorant l’efficience économique du complexe.

 

Mesdames, Messieurs,

La SONATRACH s’est engagée dans de grands projets structurants, reconnus " d’intérêt régional prioritaire " par l’Union Européenne. Aux deux gazoducs existants reliant l’Algérie à l’Espagne via le Maroc, et l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, dont la capacité sera renforcée, viennent s’ajouter deux autres ouvrages reliant directement notre pays à ces deux partenaires européens.

Des accords conclus avec l’Espagne et l’Italie envisagent la réalisation en partenariat avec différents opérateurs européens de deux gazoducs sous-marins (MEDGAZ et GALSI) et de deux câbles électriques reliant l’Algérie à chacun de ces deux pays. La mise en place de ces câbles électriques ainsi que les liaisons en fibre optique qui vont les compléter bénéficieront de la pose de ces deux gazoducs, ce qui favorisera l’économie globale de ces projets.

Le gazoduc MEDGAZ dont les études de faisabilité sont achevées reliera directement l’Algérie à l’Espagne et sera d’une capacité initiale de 10 milliards de m3. Sa construction sera engagée prochainement.

Le projet de gazoduc GALSI, d’une capacité similaire à celle de MEDGAZ, reliera l’Algérie à la Sardaigne pour ensuite desservir le marché du Nord de l’Italie.

Le câble électrique devant interconnecter les réseaux algérien et européen via le réseau espagnol est d’une capacité de 2000 MW. Celui qui doit alimenter l’Italie via la Sardaigne est d’une capacité de 1000 MW.

Ces projets de transport s’inscrivent à la fois dans la perspective du partenariat euro-méditerranéen telle qu’elle découle du Sommet de Barcelone et dans la vision stratégique de minimisation des risques propre à la SONATRACH. Celle-ci, dans le cadre de son redéploiement international, et notamment en Europe, se fixe comme objectif d’atteindre le client final en s’impliquant dans tous les segments de l’industrie des hydrocarbures des pays partenaires.

Ces projet énergétiques sont inscrits dans la Déclaration finale de la Réunion euro-méditerranéenne des ministres de l’énergie tenue à Athènes le 21 mai 2003. Un protocole d’accord (M.O.U) pur la création d’un marché maghrébin de l’électricité, ouvert, transparent et concurrentiel a été annexé à ce protocole. Le M.O.U a été signé entre les trois ministres maghrébins de l’énergie (Maroc, Algérie et Tunisie) et les représentants de l’Union Européenne.

Un autre projet de gazoduc, entre le Nigeria et la côte méditerranéenne, (NIGAL) s’inscrit quant à lui dans l’esprit de la Nouvelle Initiative pour le Développement Durable en Afrique (NEPAD). Ce projet, interconnecté au réseau algérien, contribuera de manière appréciable à l’approvisionnement gazier de l’Europe et induira des effets socio-économiques importants dans les pays de transit tout en contribuant à la protection de l’environnement grâce à l’élimination des gaz torchés.

La réalisation de ces projets offrira là aussi un vaste champ d’opportunités à la coopération internationale par l’appel à des moyens de financement, à la fourniture d’équipements et de services, où les compagnies américaines seront présentes je l’espère.

 

Mesdames, Messieurs,

À l’ère de la mondialisation une compagnie de l’importance de la SONATRACH ne prouvait se replier sur elle-même. La stratégie de SONATRACH pour le redéploiement de ses activités s’attache à diversifier son portefeuille afin de minimiser les risques inhérents à ses activités.

Notre stratégie vise la recherche de nouveaux modes de partenariat et d’alliance, en répondant au souci d’affirmer notre présence sur l’ensemble des segments de la filière énergétique.

Pour mieux s’insérer dans la nouvelle scène énergétique mondiale, la SONATRACH a déjà entrepris en Europe son redéploiement international avec des projets tels que l’unité de production de propylène de Tarragone (Barcelone) avec le groupe allemand BASF, le terminal de regazéification en Galice en Espagne, ainsi que la cogénération électrique dans ce même pays avec Cepsa.

La SONATRACH ambitionne aussi d’étendre la coopération internationale à des projets de partenariat sur d’autres continents. C’est ainsi qu’elle assure déjà une présence au Pérou dans un projet de transport d’hydrocarbures gazeux qu’elle vient de renforcer par son élargissement à l’amont et à la liquéfaction du gaz.

Le continent africain occupe évidemment toute notre attention. Cet intérêt se mesure à la hauteur du nombre d’accords bilatéraux de coopération énergétique que nous avons signés au cours de ces trois derrières années avec, entre autres, la Tunisie, le Niger, le Mali, l’Afrique du Sud…etc.

Cette stratégie de redéploiement international s’appuie sur la recherche et le renforcement de relations de partenariat mutuellement profitables avec les compagnies pétrolières internationales.

La stratégie de la SONATRACH dans l’amont se traduit, notamment, par :

 

Des discussions sont en cours avec la société égyptienne EGPC, pour la création d'une joint-venture destinée à l'activité amont dans les deux pays et dans les pays tiers. SONATRACH est en négociation d’autre part avec plusieurs compagnies pour investir ensemble en Afrique.

Comme on le voit l’Algérie est en train de s’affirmer comme un " pont énergétique " entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde. Ces constats confirment l’importance du rôle que peut jouer l’Algérie dans le cadre de la " grande initiative énergétique américaine en direction de l’Afrique ". Monsieur Abraham Spencer, Secrétaire à l’Énergie, n’a pas manqué de rappeler officiellement que " l’Algérie pourrait devenir un fournisseur important d’énergie sécurisée pour les États-Unis parce que c’est un allié en qui on a toute confiance, une source importante de pétrole brut et un des producteurs les plus importants de GNL dans le monde ".

La convergence de nos intérêts mutuels confirme de son côté cette analyse. Les besoins en gaz des États-Unis, la réactivation des unités de regazéification sur la Côte Est ainsi que la Grande Initiative énergétique américaine en direction de l’Afrique, dans laquelle l’Algérie entend jouer pleinement son rôle, offrent de larges perspectives de coopération entre nos deux pays.

En ce qui la concerne la SONATRACH a déjà engagé une démarche dynamique et confiante dans sa politique de redéploiement international dans le secteur gazier en vue de l’approvisionnement, en particulier, du marché américain. La présence de la SONATRACH s’affirme d’amont en aval à travers le gisement de gaz de CAMISEA (Pérou) où elle détient 21% du projet de gazoduc, une prise de participation de 10% dans le gisement, et des prises d’option dans l’unité de liquéfaction qui permettra d’exporter du GNL vers la Côte-Ouest des U.S.A.

Afin d’accroître ses exportations de GNL produit en Algérie la SONATRACH manifeste également son intérêt d’être présente en tant que partenaire-actionnaire dans les stations de regazéification de la Côte-Est.

Sur le plan multilatéral nous poursuivons nos efforts pour agir de façon concertée avec les pays africains producteurs de pétrole à la concrétisation des programmes politique, économique et énergétique du NEPAD et de la Commission africaine de l’énergie (AFREC). Pour rendre pleinement profitables ces efforts de concertation nous nous efforçons de les élargir à des organisations telles que l’OPEP et l’OPAEP en tant que de besoin.

Le NEPAD qui inclut ce type de préoccupation soulève, à juste titre, le problème du financement des investissements nécessaires au développement économique et à la préservation de l'écosystème dans son ensemble. Les capitaux requis nécessaires aux grands travaux d’infrastructures énergétiques qui dépassent par leur ampleur les possibilités des pays africains, doivent susciter l’adhésion de la communauté internationale dans le cadre de programmes de financement à long terme à des conditions mutuellement bénéfiques.

A cette fin nous travaillons de concert avec nos partenaires africains pour la promotion d’une démarche de coopération réunissant des acteurs publics ou privés, africains ou extérieurs à l’Afrique.

Les objectifs et les lignes de force que je viens d’exprimer ont donné naissance dans le cadre de la coopération Sud-Sud à des organisations régionales ou continentales dans le domaine de l'énergie qui suivent des voies convergentes. C'est le cas de la Commission Africaine de l’Énergie (AFREC) dont le siège est à Alger, et de l'Organisation Latino-américaine de l’Énergie (OLADE) à laquelle nous adhérons. Ces deux organisations peuvent fournir des opportunités de coopération Sud-Sud très fécondes et susciter par là même des possibilités de partenariat avec des opérateurs publics ou privés dans le sens Nord-Sud.

 

Mesdames, Messieurs,

J’espère que mon intervention vous a permis de saisir la cohérence de la démarche globale du Secteur algérien de l’Énergie et des Mines et vous avoir convaincu du champ aussi vaste que varié des possibilités d’affaires, de partenariat et d’alliance qui restent à engager. Ce sont autant d’opportunités pour les investisseurs et les compagnies américaines qui devraient tirer profit des avantages comparatifs offerts par l’Algérie.

L’élargissement et le renforcement de notre coopération bilatérale impliquent une vision novatrice afin de bénéficier du large éventail de nos complémentarités économiques. Pour peu que la volonté politique et l’imagination constructive soient mises à contribution, des synergies très prometteuses peuvent être constituées dans l’intérêt mutuel de nos deux pays.

En ce qui nous concerne nous sommes déjà prêts à aller dans cette direction. Notre souhait de parvenir le plus rapidement possible à l’établissement d’un accord de libre échange et à la conclusion d’accords sectoriels (promotion et encouragement à l’investissement ; non double imposition ; etc) en est une illustration.

Je vous remercie pour votre attention.