FORUM D'EL-MOUDJAHID

Le 11 Octobre 2003

Invité : Monsieur le Ministre de l'Energie et des Mines

Quelques éléments de réponses sur les thèmes prévus de faire l'objet de débat après la présentation de Monsieur le Ministre

 

 

I- Conférence de l'OPEP du 24 septembre

  1. La décision principale fut la réduction du plafond de production de 0,9 mb/j à 24,5 mb/j, avec pour l'Algérie une réduction de 29 kb/j à 782kb/j, qui entrera en vigueur à compter du 1er novembre.

La décision était motivée par plusieurs facteurs dont notamment, la fragilité de la croissance économique attendue pour 2004 et la perspective de remontée de la production de l'IRAQ.

Il est à noter que la bonne tenue des prix durant l'année courante résulte de l'impact de plusieurs facteurs "conjoncturels", et l'événement particulier qui ne se répéteront pas en 2004 (guerre de l'IRAQ, Grève au Venezuela et au Nigeria, Hiver rigoureux dans la majeure partie de l'Hémisphère Nord, fermeture d'une partie du parc nucléaire au japon , ...etc).

Une année "ordinaire", sur fond d'incertitude sur la croissance économique avec un retour accru du pétrole irakien, ont amené l'OPEP à "prendre les devants", pour éviter une forte baisse des prix en début de l'année prochaine.

L'impact de cette décision a été un raffermissement des prix, ce qui dénote de la crédibilité de l’OPEP à prendre les mesures qui s'imposent pour réaliser une stabilité du marché au niveau de prix arrêté par l'organisation.

Le prix du panier OPEP qui était autour de 23-24 $/baril à la veille de la Conférence, s'est raffermi progressivement pour retrouver aujourd'hui autour de 28 $/baril.

Ainsi donc, la stratégie de l'organisation face aux incertitudes du marché a été d'adopter une démarche pro-active, pour atteindre ses objectifs plutôt qu'une démarche réactive de subir les événements puis réagir par la suite.

  1. La Conférence a vu la participation de plusieurs pays exportateurs NON-OPEP, qui ont fait cas de leur volonté à contribuer à la stabilité du marché pétrolier. Les relations avec les NON-OPEP sont bonnes et les points de vue convergent quant aux bienfaits d'un marché stable dans l'intérêt de tous.
  1. La Conférence a accueilli le retour de l'Iraq au sein de l'Organisation, après une absence suite à la guerre dans ce pays. l'Iraq est un membre fondateur de l’OPEP aux énormes potentialités pétrolières et son retour ne fera que renforcer l'Organisation.

    La stratégie de l'OPEP face au retour progressif du pétrole Irakien sur le marché est de suivre attentivement ce retour et d'adapter son offre de façon à maintenir dans l'ensemble un équilibre du marché et une stabilité des prix.

  2. La position des autres pays membres face à la demande de révision à la hausse du quota de l'Algérie est une attitude de compréhension. Tous les pays membres conviennent du bien fondé de notre position à savoir l'adaptation du niveau du quota de chacun, en considération de sa capacité effective de production. (d'autres pays souhaitent comme l'Algérie, une révision de leur quota).

L'OPEP travaille actuellement à l'adaptation des fondements de la répartition des quotas. Le critère de capacité est retenu comme l'un des critères fondamentaux dans l'élaboration de cette nouvelle approche, comme défendu par l'Algérie depuis plusieurs années déjà.

Donc, nous sommes optimistes quant à l'aboutissement de notre demande de révision à la hausse du quota Algérien, qui aura lieu en temps opportun (In due Time).

 

II- 10ème Conférence méditerranéenne du gaz

  1. La 10ème conférence méditerranéenne du gaz qui s'est déroulée du 29 septembre au 1er octobre à Alger, a vu la participation d'un nombre important d'experts et décodeurs gaziers de la région et d'ailleurs.

    Ce fut l'occasion pou nous de présenter notre politique en la matière et plus précisément le rôle du gaz dans notre politique énergétique. Ce thème fut l'objet de ma présentation à l'ouverture de cette rencontre.

    La région se caractérise par un besoin accru d'approvisionnement extérieur dans sa partie Nord, avec des réserves importante et un besoin de revenu dans les pays du Sud. L'Algérie occupe une place de choix dans l'approvisionnement des pays Sud Européens et se rôle est appelé à s'accroître au vu des projets en phase de réalisation ou d'étude. Ainsi, en est-il du projet MEDGAZ de liaison directe avec l'Espagne, du GALSI pour fournir la Sardaigne de renforcement des capacités des gazoducs existants et de nouveaux projets de GNL, comme le projet de gaz intégré de Gassi touil.

    Nous avons également fait connaître le développement en matière de gaz naturel, au plan intérieur notamment l'expansion de l'infrastructure de transport et de distribution pour répondre aux besoins des différents marchés, industriels, commercial et résidentiel qui connaît une croissance soutenue.

    La politique algérienne en matière de gaz naturel ne se limite pas au développement de nos ressources nationales, mais implique aussi un développement à l’international, avec notamment l’Investissement pour l'exploitation du gaz dans d'autres régions où le potentiel de rentabilité est attractif à l'image du projet CAMISEA au Pérou.

  2. Les résultats de cette conférence se mesurent à l'intérêt porte par les acteurs majeurs de la scène gazière internationale à cette manifestation. Elle a permis un échange de vue toujours nécessaire avec l'ensemble des partie intéressées par le développement du gaz en Méditerranée.
  3. Pour nos relations gazières avec les pays de l'Union Européenne, le dialogue continue avec les responsables communautaires en la matière. Il y progrès. En ce qui nous concerne, nous avons toujours été pragmatiques et recherché des solutions qui répondent à l'intérêt bien compris de toutes les parties concernées avec une vision à long terme.

 

III- Sonatrach

  1. Le bilan d'activité de Sonatrach pour l'année 2002, a déjà été présenté au public. La production nationale commercialisée d'hydrocarbures a augmenté légèrement de 140 en 2001 à 145 millions de TEP l'année passée. Les exportations ont augmenté en parallèle pour passer de 118 à 121 millions de TEP en volume, mais avec un léger fléchissement en valeur comte tenu de la baisse des prix, pour atteindre 18,1 Milliards de dollars.
  2. Pour l'année en cours, les performances de la Sonatrach font ressortir une nette amélioration, comme il ressort du bilan du premier semestre. Ainsi, la production commerciale d'hydrocarbures a augmenté de 7,5% par rapport au 1er semestre 2002. Les exportations ont augmenté en conséquence. Couplé à une amélioration des prix, nos revenus d'exportations se sont nettement améliorées, avec en parallèle les recettes budgétaires au titre de la fiscalité pétrolière, qui ont connu une hausse de près de 50% par rapport à celles du 1er semestre 2002.
  3. Pour les perspectives à moyen terme, quantitativement, une augmentation soutenue est attendue pour la production nationale d'hydrocarbures avec notamment l'apport des gisements exploités en partenariat avec des compagnies étrangères. Ce partenariat est appelé à s'élargir et se consolider dans tous les segments de l'industrie, de l'amont jusqu'à la commercialisation.

Je saisis cette occasion, pour souligner le besoin pour le pays d'avoir un cadre institutionnel, juridique et fiscal toujours attractif pour l'investissement direct étranger (IDE).

 

IV- Électricité et Distribution gaz

Le secteur de l'Energie s'est fortement impliqué dans le dessalement d'eau de nier afin de contribuer à réduire la tension sur la demande de l'eau. Ainsi la réalisation, à Arzew, de la première unité de dessalement d'une capacité de 90.000 m3/j est en cours. Cette unité sera adossée à une centrale électrique de 318 MW.

Le projet est réalisé sur financement privé sans recours à la garantie de l'État. En effet, cette unité sera construite et exploitée par un fournisseur étranger, Black and Veach qui participe à hauteur de 80% dans le capital.

La réalisation d'une unité de 200.000 m3/j au Hamma (Alger) contribuera à rendre l'eau plus disponible dans la capitale. L'appel d'offres concernant cette unité est en cours, l'ouverture des plis est fixée au 18 octobre 2003.

Un autre projet de dessalement de 100.000 m3/jour sera réalisé à Skikda. Une centrale de 723 MW est cours de réalisation à Skikda par la Société canadienne SNC Lavallin qui participe à 20% dans capital de la nouvelle société Shariket Kahrabet Skikda (SKS) chargée de la gestion de la centrale.

L'Algerian Energy Compagny (AEC) filiale de Sonatrach et de Sonelgaz a été chargée de mener ces projets.

D'importants projets de génération électrique sont en cours de réalisation ou en appel d'offres.

Pour les projets en cours, en plus de la centrale d'Arzew (318 MW) de Skikda (723 MW) il y a lieu de citer le projet de 300 MW de Fikirina (Ain Beida). Cette centrale sera opérationnelle à partir de novembre 2004.

Des appels d'offres seront être lancés avant la fin de l'année 2003 pour la construction d'une centrale de 300 MW à Berrouaguia et une autre plus importante de 1200 MW à Hadjetrt Ennous (Tipaza) pour la satisfaction des besoins du centre du pays.

L'appel d'offres concernant une autre centrale de 600 MW à implanter dans la région de Annaba sera lancé au début de l'année 2004.

Ces moyens de production fonctionneront au gaz naturel. En plus du renforcement du gazoduc centre existant, Sonatrach va réaliser un nouveau gazoduc partir de Hassi Rmel et qui remontera au nord du pays pour l'alimentation des centrales mais aussi pour desservir en gaz de nouvelles localités non encore raccordées au gaz.

Le développement des énergies renouvelables est aussi un axe de la politique énergétique du secteur. Plus d'un millier de foyers répartis dans vingt villages des wilayate d'Adrar, Illizi et Tamenrasset disposent de l'électricité grâce à l'énergie solaire. Un projet de 16 autres villages sera financé prochaine ment par le Fonds du Sud pour alimenter 600 autres foyers.

La nouvelle loi sur l'électricité et la distribution du gaz par canalisations prévoit des mesures incitatives importantes pour la production d'électricité à partir des sources d'énergies renouvelables.

La nouvelle société NEAL (New Energy Algéria) crée en février 2002, a pour objectif essentiel le développement et la promotion des énergies propres et renouvelables dans diverses applications. Le capital de cette nouvelle société est détenu par Sonelgaz, Sonatrach et SIM (société algérienne privée).

En ce qui concerne la distribution du gaz, le programme du gouvernement 2002-2004 en cours de réalisation prévoit la réalisation de 8.000 km de réseau pour le raccordement de 200 localités regroupant près 40.000 foyers.

Depuis de début de l'année 2002 et à Fin août 2003, il a été réalisé 5530 km. Le nombre de localité mises en gaz sur la même période a atteint 87 (24 en 2002 et 63 en 2003). Les travaux sont en cours dans 130 autres localités.

Notre objectif est rendre disponible le gaz dans les foyers dans 100 localités pour la seule année en cours.

Il y a lieu de signaler que cette performance n'a jamais été atteinte dans l'histoire de notre pays; elle traduit la volonté des pouvoirs publics à améliorer les conditions de vie de concitoyens et donner les mêmes chances de développement aux régions intérieures du pays.

Dans le domaine de l’électrification rurale, l'effort de l'Etat a été sans conteste considérable. L'objectif de l'Etat est rendre l'électricité à portée de l'ensemble des citoyens. La couverture en électricité à l'échelle nationale est de 95%.

Durant ces trois dernières années, il a été mis en exploitation plus de 10.000 km de ligues électriques pour la desserte de 2600 villages regroupant 117.000 foyers. Pour l'année 2004, la réalisation de 37.890 km de lignes électriques permettra de raccorder près de 32.000 autres foyers ruraux.

l'Etat continu, depuis 2001, son soutien en matière de facturation d'électricité, en faveur des treize wilayate du Sud. Ce soutien se chiffre à près d'un milliard de dinars par an et touche aussi bien les ménages, les activités économiques et agricoles

 

V- Mines

  1. Le secteur des mines a connu des transformations majeures de son cadre législatifs et institutionnels avec l'objectif d'une plus grande attractivité du domaine minier national. Des mesures très attractives ont été introduites concernant l'obtention des titres miniers, des garanties accordées par l'Etat pour l'investissement, ainsi que pour les réductions et exemptions fiscales.

    Des actions de médiatisations sont entreprises pour l'aire connaître, ces cadre juridiques et organisationnels.

  2. Parallèlement, un projet de banque de données est en cours de finalisation, pour regrouper toutes les informations nécessaires à l'investisseur, qui sera disponible via l'Internet.

Le potentiel minier algérien existe, mais il faut mobiliser des fonds pour le découvrir. Une fois ce potentiel bien connu, il faudra drainer les investisseurs miniers et les grandes compagnie minières pour le valoriser.